Un émule d'Alice au pays des merveilles québécois qui s'y croit trop pour être efficace. Soyons clairs : l'inventivité des personnages, du vocabulaire, des paysages, est fantastique. Par contre, le traitement l'est nettement moins. Les digressions, notes de page explicatives, etc. sont de trop. Une bonne histoire de fantasy incorpore le tout, elle ne le jette pas à la figure du lecteur en encadré (ne s'improvise pas Tolkien qui veut!). Le fait de briser constamment le 4e mur avec le lecteur nuit grandement au récit. Le lecteur perd l'intérêt et la suite des événements. Le roman aurait pu être coupé de moitié ou avoir un lexique en fin de récit. Personnellement, j'ai compris que la construction du récit de cette façon pouvait être vue comme faisant passer l'intégralité de l'œuvre pour une encyclopédie du savoir raconté par le dragon. Ce n'est que mon interprétation. Je pense que le monde et les personnages sont très intéressants, mais auraient mieux été servis dans une série de romans moins denses. Le format brique n'attirera que peu de lecteurs adolescents...
Molécule et le fil des événements n'est pas de ces "page-turners" à travers lesquels on court, c'est plutôt un jardin où il fait bon flâner pour s'émerveiller des trésors débusqués à chaque détour. Plus proche du fabuleux à la Lewis Carrol que du fantastique à la Tolkiens, c'est possiblement le livre jeunesse québécois le plus grandiose qu'il m'ait été donné la chance de lire. Attentions: pour véritables amateurs de farfelus seulement, gens terre-à-terre, s'abstenir.
Un pur chef d'oeuvre. Époustouflant, décoiffant, jubilatoire, unique. Un des livres qui m'ont le plus impressionnés dans ma vie de lectrice passionnée et difficile. Un objet rare, inclassable, marquant à tout jamais. Difficile à décrire. Un trésor de bibliothèque.