It’s a book about a man doing nothing. The mirroring in the beginning and the end is interesting. The poems are often very narrative leaning about doing basic life things. Personally I tend less towards narrative poetry, but to each their own—at least it was a short read
La poésie rend-elle la vie supportable ? Chez Baril, non. Elle en souligne l'inanité, le caractère dérisoire. Les textes décrivent une succession de gestes sans embellissement, au ras des choses. On y suit un homme seul qui ne fait à peu près rien pendant une journée où il ne se passe rien. Les vers au "tu" le mettent à distance. Le poète se regarde exister. Les poèmes minimalistes sont construits autour de phrases minimales : déclaratives, sujet, verbe, parfois complément.
La proposition est étrangement radicale : après le roman sur rien, voici les poèmes sur rien. Le poète se lève, pisse, prend l'autobus, mange, retourne chez lui, se masturbe, s'endort. L'énumération, la répétition et les pléonasmes sont non seulement des figures de style qui évoquent la routine et la stérilité de cette existence, mais aussi tout un modele social qui la régimente : un monde sans intériorité, sans pensée, sans beauté, bref, privé de sens, de grandeur.
Maintenant, cette absence d'agentivité du protagoniste peut être reçue diversement selon le lecteur. L'amie qui m'a prêté le livre s'est avouée bien découragée. J'y ai vu une proposition intéressante, menée sans compromis, mais je me demande aussi comment y donner suite. La résignation est-elle ici une forme de lucidité ? Est-elle le début d'une prise de conscience, voire d'une révolte ? Ou bien est-ce un état durable dans un monde dans lequel la partie est perdue de toute façon ?
Le genre de recueil de poésie pseudo-intellectuel que t’as juste envie de dire « méchant niaisage, moi aussi je pourrais écrire ça en deux heures. » Et après tu y penses, il te reste pogné dans la gorge, ça veut pas arrêter. C’est dimanche et c’est déprimant.