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Autisme : j'accuse ! (IC.HORS COLLECT)

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Hugo Horiot est devenu, en quelques années, le porteparole de ses pairs autistes.
La rage au cœur, il l'affirme : non, les personnes autistes ne sont pas déficientes. Elles ne doivent plus être exclues par une société normative qui se refuse à les entendre.
Sait-on que, dans la Silicon Valley, les start-up comptent nombre d'ingénieurs autistes ? Que des entreprises comme Microsoft recherchent leurs compétences hors normes ? Que l'armée israélienne soumet à leur puissance de décryptage des photos aériennes ? Qu'en Suède, leur scolarisation est un droit civique ? Qu'avec leur atypisme, les personnes autistes sauront manier, mieux que quiconque, l'intelligence artificielle ?
Ce vibrant manifeste, traversé d'un vent d'orage, nous dévoile une autre intelligence, méconnue, un autre langage. Il bouleverse notre regard et nous convainc qu'un autre monde est possible.

137 pages, Kindle Edition

Published March 21, 2018

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Hugo Horiot

7 books2 followers

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Profile Image for Jacques Coulardeau.
Author 31 books44 followers
March 31, 2018
L'ENTHOUSIASME AUTISTE EMPORTE L'AUTEUR

La référence à Emile Zola est maladroite car le bourgeois Emile Zola (allez visiter sa maison à Paris) en appelle à la raison et la conscience de la bourgeoisie (minière dans le cas de Germinal) pour lui éviter une quelconque dictature du prolétariat en développant un paternalisme bienveillant mais parfaitement contrôleur. Et c’est ce qui arrivera par le remplacement de la bourgeoisie minière par la bourgeoisie textile de Lille-Roubaix-Tourcoing hautement connue pour son paternalisme par délégation à l’église catholique et la petite bourgeoisie à Roubaix ou par son catholicisme intégriste à Tourcoing.

Ici il s’agit d’un autiste, l’auteur, qui parle aux autistes et en leur nom pour adresser à la société française anti-autiste un cri d’alarme qui doit les réveiller et leur faire découvrir la vérité et la bonne voie qui ne doit plus être pour les autistes un chemin de croix. C’est donc un appel au rejet de l’autismophobie qui considère l’autisme comme une anormalité, un trouble du comportement hors norme, une déficience mentale, une maladie avec huit mille naissances d’enfants autistes par an en France. Il n’y a que trois solutions pratiquées aujourd’hui en France. Les autistes Asperger aussi nommé autistes savants sont tolérés et par leur extrême intelligence se creuse un trou dans la société et ne sont plus alors que sous la menace du diagnostic de caractériel avec des rechutes régulières. Ce sont les plus heureux, si on peut dire. C’est d’ailleurs la situation de Hugo Horiot qui a réussi à se creuser une position dans la société en devenant auteur et acteur de sa propre expérience.

La deuxième solution pour les autistes de familles pauvres est l’internement, au moins jusqu’à la majorité et même parfois à vie car dangereux pour eux-mêmes et la société, perturbateurs inconscients et incapables de se contrôler, d’être contrôlés, sauf par des procédures de maltraitance comme le packing ou quelques autres du même genre : privation de liberté, privation de mouvement, privation de nourriture, privation d’hygiène, etc. Et quand ces institutions extrêmes condescendent à donner un peu d’hygiène, ce sera au jet d’eau glacée pour apprendre à cet autiste-là déféquer comme il faut.

La troisième solution pour une minorité d’autistes non Asperger pour la plupart c’est l’exil en Belgique (1451 enfants et 5400 adultes) dans des institutions qui donnent à ces autistes des soins, de l’attention et la possibilité de découvrir des activités qu’ils sont capables d’aimer et de pratiquer en excellence. Heureux ceux qui ont pu être classés handicapés car alors il y a des allocations publiques. Autrement c’est à la charge des parents jusqu’à 18 ans au moins, sinon 26.

Mais soyons clair et en cela Hugo Horiot a entièrement raison. La politique dominante en France, et cela est unique au monde, bien que le monde occidental soit sur une ligne similaire mais largement humanisée, pour ceux qui sont parmi nous c’est l’éradication de l’autisme, c’est vaincre l’autisme, un véritable fléau, une maladie mentale et comportementielle, génétique définitivement (donc que l’on peut repérer avant la naissance si on sait de quel gène il s’agit et on avortera ces enfants en temps utiles comme 97% des trisomiques. Le grand maître de cette ségrégation terminale en forme de solution finale est Bruno Bettelheim dans la parfaite continuité d’une santé mentale en France qui n’est pas encore sortie de l’enfermement. C’est de là que viennent les concepts de « mère réfrigérateur » coupable de créer l’autisme, ou de « syndrome de Münchhausen par procuration ».

« Le syndrome de Münchhausen par procuration (SMPP) est une forme rare de maltraitance de l’enfant. […] L’expression « par procuration » m’est restée longtemps obscure. En fait, cette procuration est double, puisque trois personnes sont en cause : la mère donne procuration à son enfant pour être malade et « soigné » à sa place, et donne procuration au médecin pour être maltraitant à sa place envers l’enfant. » (Anne-Catherine Pernot-Masson, Hôpital d’enfants Armand-Trousseau, Paris, « Psychothérapie d’une maman trop attentionnée : un syndrome de Münchhausen par procuration »).

Cette attitude d’un certain corps médical ou social, voire politique, cette définition de l’autisme mène directement à des pratiques eugénistes éthiquement inacceptables mais largement encore pratiquées en France. Cette vision nie la biodiversité humaine et c’est par cette porte que nous entrons dans la deuxième dimension de ce livre, justement ce qu’il appelle la neurodiversité et ceux qu’il désigne comme neurodivergents en opposition aux neurotypiques.

Hugo Horiot affirme que tous les autistes, du moins il n’envisage pas d’exceptions, ont un fonctionnement mental original qui est en fait une intelligence, ou plutôt d’ailleurs des intelligences différentes de l’intelligence commune mesurée par le test de QI qui révèle une chute constante et continue des résultats dans la population concernée. Le QI moyen baisse depuis la fin du 19ème siècle, ce qui est normal puisque ces tests sont issus de la psychologie de cette fin du 19ème siècle, donc rien avant. Mais Hugo Horiot ne pose pas la bonne question ici. Les tests de QI baissent parce qu’ils ne correspondent pas à la société réelle. Depuis la fin du 19ème siècle, et même un peu avant avec la première révolution industrielle, le travail humain, manuel comme intellectuel, se transforme et surtout se dote de plus en plus de machines qui remplacent le travail humain, de machines qui sont les extensions de l’homme, tant son corps, ses mains et ses jambes, que son intellect avec les calculatrices, les appareils photos, le cinéma, bientôt la radio et la télévision, et bien sûr l’ordinateur bientôt en concubinage avec l’Internet. Etrangement Hugo Horiot est la victime de la campagne idéologique et dystopique de certains intellectuels, entrepreneurs par ailleurs, qui justifient leurs entreprises commerciales par un discours théorique, ou qui se veut théorique, et qui n’est qu’un argument fort pour la commercialisation de produits en définitive assez médiocres fondés sur des technologies classiques. La voiture Tesla n’est rien d’autre qu’une voiture sans chauffeur, mais cela fait peur car cela veut dire que bientôt on n’aura plus besoin de chauffeurs. C’est toute la campagne sur la SINGULARITÉ de quelques chercheurs et entrepreneurs du MIT, de Stanford et de la Silicon Valley.

C’est dommage car l’argument des autres formes d’intelligence, des formes d’intelligence différentes mais produites par ou en phase avec la technologie numérique parce que cette technologie numérique est pensée et produite par des gens qui sont des autistes Asperger, est un argument très fort. Ces machines risquent fort d’introduire une sélection mécanique sociale et quasi naturelle attirant vers elles des autistes authentiques et influant massivement sur les autres pour qu’ils adoptent des fonctionnements du même type. Les autistes authentiques pourront suivre les rythmes de ces machines car ils fonctionnent intellectuellement beaucoup plus vite que les non-autistes et les non-autistes imiteront. La sélection naturelle si l’autisme est causé par une modification génétique du cerveau, donc une mutation génétique, fera que rapidement – et c’est déjà probablement le cas – cette ou ces mutation(s) deviendra (deviendront) dominantes. Le cerveau humain qui produit ces machines (produites je répète par un grand nombre d’autistes) évoluera vers une capacité à suivre ces machines dans leur développement et conservera ainsi le contrôle desdites machines, non pas par l’installation de processeurs dans le cerveau, du moins pas nécessairement et pas uniquement, mais par une modification du fonctionnement du cerveau en adaptation aux nouvelles machines par un phénomène de sélection génétique naturelle.

Il n’y a rien de neuf dans tout cela. Paul Radin il y a un siècle ou presque écrivait dans ses livres d’ethnographie sur l’homme primitif que dans les sociétés dites primitives il y avait une élite sociale caractérisée par sa mémoire, son imaginaire, sa capacité à construire une spiritualité que Paul Radin appelait une philosophie. Cette élite était souvent drapée d’une dimension religieuse ou rituelle et assumait les tâches spirituelles de la société : la mémoire du savoir et sa transmission, la mémoire du passé et sa transmission (y compris les relations de descendance et d’ascendance des membres de la communauté), le langage rituel d’adresse aux esprits ou forces surnaturelles, le langage créatif et poétique d’évocation d’un autre monde imaginaire mais compensatoire par rapport au présent, et bien sûr tous les langages rituels de la communauté. Les Indo-Européens quand ils étaient en Iran et en Mésopotamie, avant de migrer vers l’Europe, appelaient les membres de cette élite des Rsi que certains linguistes ont appelés des ingénieurs du langage. Paul Radin insiste sur les capacités intellectuelles de cette élite visionnaire, intellectuellement très alerte et rapide, ouverte à l’imprévu et à l’inconnu, et cependant conservatrice de ses acquis. Il les décrit souvent comme intenses. On me dira qu’ils n’ont pas de difficulté à communiquer, mais c’est que nous ne voyons pas leur discours. Ils ne communiquent pas car ils ne cherchent pas une réponse quelle qu’elle soit, mais ils s’expriment dans une logorrhée mémorielle, spirituelle, rituelle, et l’acquisition de cette qualification prend de nombreuses années d’entrainement, de formation, de silence à écouter et enregistrer sans discuter. On peut donc se demander si cette élite de la langue, du discours n’est pas composée d’autistes à l’époque non rejetés mais valorisés car capables d’élever son auditoire vers une vision abstraite. C’est de cette élite très ancienne, cette élite qui mena les migrations hors d’Afrique et qui inspira la main des peintres – pour la plupart dans le monde entier des femmes – des cavernes et autres grottes préhistoriques bien avant la glaciation.

Si on pose ainsi cette perspective archéologique et anthropologique on voit bien que ce sont les inventions de l’homme qui permettent à l’espèce humaine de survivre, de se développer et entre autres de développer ses capacités intellectuelles : peintures, symboles multiples et universels dans les grottes et cavernes, ivoire polie et sculptée en forme de femmes nues il y a quarante mille ans ou presque, les outils, les armes, la roue, l’écriture, et puis toutes les inventions techniques (agriculture, élevage, pêche), scientifiques, religieuses et spirituelles. Tout cela vient des cerveaux d’une élite qui voit plus loin que l’immédiat, donc qui voit autrement. Ce sont tous les prophètes, les Bouddhas, les visionnaires, les prédicateurs depuis toujours et dont certains sont devenus des personnages bibliques ou coraniques ou bouddhistes, etc.

Ce qui m’amène à dire que l’autisme, la neurodiversité, les intelligences alternatives, le numérique sont des moyens et des résultats, les deux simultanément de l’évolution humaine. Nous devons découvrir, identifier et accompagner ces différences car c’est notre avenir. Qui peut le faire ? Voilà la vraie question. Peut-on se contenter de la bonne vieille méthode de Charlemagne ou de Rabelais de l’assimilation d’un savoir, quel qu’il soit par simple mémorisation ? Ou bien doit-on en revenir à Socrate, à Montaigne, à Rousseau et bien d’autres qui visaient non pas l’acquisition mémorielle d’un savoir mais la découverte et l’invention d’un savoir nouveau par l’apprenant qui utilise et en même temps développe ses capacités mentales, au-delà de toutes les ségrégations sociales. Socrate enseigne la mathématique de son temps à un jeune esclave qui l’acquiert « naturellement » parce que ce savoir est en phase avec le cerveau de ce jeune esclave.

Nous avons du pain sur la table, et je crois même que ce n’est encore que de l’eau et de la farine, ni pétries ni cuites, pour transformer rapidement le système de transmission et d’acquisition du savoir, le système de communication et de partage de ce savoir. Et cela ne pourra se faire qu’avec les machines numériques qui sont en train de naître.

Il ne s’agit donc pas de remplacer la société de domination qui est la nôtre et qui n’admet aucune distorsion, que ce soit l’autisme ou telle ou telle religion, ou telle ou telle pratique artistique, sexuelle, émotionnelle. Nous sommes dans une phase historique ou justement cette domination peut être remise en cause et où nous pouvons sur toutes les questions fondamentales obtenir l’ouverture des esprits, des règles, des lois, des pratiques pour intégrer toutes les différences. Mais cela nécessite de tous l’effort de comprendre les autres car chacun de nous, individuellement ou collectivement nous avons des autres à comprendre. Cela entrainera des changements personnels, sociaux, culturels et bien d’autres que certains vont combattre car leurs positions avantagées et donc privilégiées vont souffrir un tantinet pour se rapprocher d’une vraie égalité et non d’une supériorité sociale ou économique sur les autres qui n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes s’ils ne sont pas privilégiés.

Je trouve le projet politique qui se dissimule sous les citations suivantes dangereux.

« En réalité, nous avons déjà gagné : le monde nous appartient ! Patience. » (page 90) « Le monde de demain sera autistique. » (page 103) « Des cendres de la dictature neurotypique surgiront les fondations de l’Etat autistique. » (page 118) « La question que se posera alors la nouvelle majorité au sujet des autres sera peut-être la même qu’aujourd’hui : Que faire de vous ? » (page 133)

Le fait que les derniers mots du livre sont une question montre que l’auteur a peur de ce qu’il suggère. Nous ne renverserons pas la dictature de la norme par une révolution (il emploie le mot) marxo-léniniste (je lui laisse la référence à Staline : on peut s’en passer) qui imposerait une dictature de l’hors-norme, et encore de l’hors-norme autiste, car ce serait de la même façon une dictature qui détruirait ou rejetterait une partie intégrante de l’espèce humaine. Il est évident pour moi – en linguiste, en phylogéniste du langage, en psycho-généticien du langage et en autiste Asperger dit savant) – que la phrase suivante est incohérente face à trois cent mille ans d’histoire (car l’histoire d’Homo Sapiens a commencé il y a au moins trois cent mille ans et non quand l’écriture a été inventée) et que Hugo Hériot se laisse emporter par son discours quand il dit :

« C’est alors qu’au fil des années Homo Sapiens s’éteindra, supplanté par une nouvelle espèce façonnée par l’homme lui-même. […] le pragmatisme et les démesures autistiques, hantises et aberrations pour le monde d’aujourd’hui, seront l’intelligence et la référence du monde demain. » (page 104-105)

Si nous faisons demain la même erreur que celle que nous condamnons aujourd’hui, et établissons une dictature des neurodivergents autistes nous n’aurons rien accompli sinon une dérive stalinienne d’une révolution (plus évolution et transformation que révolution de dix jours qui pourraient ébranler le monde) humaine en train de se faire. Nous ne pouvons pas trahir la phylogénie de notre espèce en train de franchir une nouvelle étape au nom de la trahison, l’exploitation ou l’enfermement d’une minorité aussi grande soit-elle et que l’on doit libérer, et qui est en train de se libérer car c’est justement cela le génie de notre espèce Homo Sapiens. Les pires monstres peuvent prendre le pouvoir un jour pour un certain temps, mais tôt ou tard la phylogénie de l’espèce l’emporte et tous ces hurluberlus populistes, dictatoriaux et arrivistes finissent dans le caniveau Et comme dit une vieille chanson

« Je suis tombé par terre
C’est la faute à Voltaire
Le nez dans le ruisseau
C’est la faute à Rousseau. »

Mon ami Hugo Horiot, car il me plait de vous voir, de te voir en ami, essayions de ne pas tomber ni par terre ni le nez dans le ruisseau, et nous aurons alors pour nous tous un avenir qui ne chantera pas nécessairement mais qui certainement dansera. Car c’est toujours le lendemain d’un changement que nous dansons sur les places publiques. Ce changement n’a pas encore eu lieu mais il est déjà en train malgré les extrêmes qui veulent le dévoyer et les nantis privilégiés qui veulent conserver leurs privilèges à jamais, qu’ils soient sur rails, sur routes ou sur pistes d’envol.

Dr. Jacques COULARDEAU
Profile Image for Sibylle Seys smets.
1,359 reviews22 followers
November 24, 2018
Très intéressant et interpelant. Nous avons de la chance en Belgique et je ne le réalisais pas à ce point. Les perspectives pour l avenir sont également intéressantes à débattre.
Profile Image for Kim Daly.
452 reviews2 followers
February 12, 2022
Un livre qui s'adresse à un public déjà convaincu et au courant de la majorité de ce qui est décrit, et donc dont la portée est moindre.
Displaying 1 - 3 of 3 reviews

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