La trentaine venue, Monsieur Iou se rend compte qu'il connaît finalement bien mal la Belgique, pays où il vit depuis sa naissance. Il décide de corriger cette impardonnable lacune et d'entreprendre de multiples randonnées à vélo, durant plus d'une année. De Charleroi à Maline, de Bruges à la jungle ardennaise, Monsieur Iou sillonne les lieux clés d'une Belgique tour à tour inattendue ou cocasse, toujours touchante. Le Tour de Belgique de Monsieur Iou est le résultat de cette aventure à la fois graphique et vélocipédique. A petites touches impressionnistes, souvent très drôles, apparaît le portrait de la culture et du peuple belges. Portée par un dessin séduisant et d'une grande lisibilité, cette bande dessinée ravira autant les passionnés de vélo que les amoureux de la Belgique. Elle met en avant le goût de la lenteur et de l'éveil, car, comme l'écrit l'auteur, s'abandonner au plaisir du vélo "permet de lever les yeux de son guidon et, avec un peu de chance, de se perdre dans de jolis endroits".
Bien plus qu'un simple carnet de voyage, Le Tour de Belgique est riche de très nombreuses réflexions sur le sport, le vélo, la culture, la méconnaissance que l'on peut avoir de son propre pays, et bien d'autres choses encore. Le choix des couleurs est surprenant (jaune/or et prune) et le dessin est si doux !!!! Bref c'est une grande réussite.
Une BD au concept plutôt original : le tour de la Belgique à vélo. J'ai bien aimé l'idée et les motivations derrière ce projet. L'occasion de découvrir la Belgique de plus près et dans sa diversité, mais cet album est avant tout une invitation alternative au voyage, faisant l'apologie de la lenteur et de l'éveil que permet le déplacement à vélo. Du coup, le caractère culturel de cette BD est un peu secondaire, voire survolé, même si présent, ce qui peut être un peu frustrant si on s'attachait à cet aspect.
J'ai beaucoup aimé le style graphique. Pour le reste, j'ai été assez déçu. On dirait que l'auteur s'est contenté de raconter platement son histoire. Il y a une sorte de banalité, de nonchalance qui pose une distance avec les différents parcours présentés. Ce qui est dommage parce qu'en tant que cyclo-touriste c'était cette partie qui m'avait le plus attiré au départ. Il est clair que l'auteur a écrit sa BD à l'attention d'un certain public-cible: ces bons vieux mâles cyclistes qui aiment pinter entre potes une fois le circuit terminé et ces mêmes mecs qui aiment reluquer le cul des femmes. Et pour ceux qui se poseraient la question, non Eddy Merckx n'est pas mort. J'imagine que c'était un ressort comique de prendre une figure de référence dépassée depuis longtemps (il y en a eu d'autres depuis...).