On attendait de Dany Laferrière son premier livre d’académicien. Voici qu’il nous donne un chef-d’oeuvre d’école buissonnière. Il y a du texte et il y a des dessins, mais ce n’est pas une bande dessinée. Ce n’est pas non plus un roman graphique, c’est un roman-roman, calligraphié et dessiné à la main. En fait, c’est Paris qui se dépeint ici, avec les mots et les images de Dany Laferrière. Car Paris n’est pas seulement une ville. Paris est une fête, bien sûr, mais c’est également un lieu dans la littérature, un espace de fiction. Paris est « la ville où il y a le plus de livres au monde ». Les écrivains des quatre coins de la planète convergent vers Paris, hantent ses rues, ses cafés. Et les écrivains du passé y sont toujours vivants. Nous parcourons les rues avec Léon-Paul Fargue et Gérard de Nerval. À Saint-Germain-des-Prés, nous nous attablons avec quelques-uns de ces romanciers d’Amérique latine qui ont fui la dictature. À notre gauche, Borges dialogue avec Montaigne. Aimé Césaire, Damas et Senghor se disputent au sujet de la négritude. Sartre se brouille avec Camus et découvre Frantz Fanon. À Clichy, Henry Miller flotte dans sa baignoire. Place de la Sorbonne, c’est François Villon qui rappe en compagnie de Doc Gynéco et de MC Solaar, tandis qu’au Ritz John Updike interviewe Coco Chanel pendant qu’Hemingway se soûle au bar. Mais Dany Laferrière quittera quand même brièvement la grande fête parisienne pour faire un détour d’abord par Montréal, puis par Haïti, à Petit-Goâve, où il est attendu. En effet, avant d’entrer sous la Coupole, ne fallait-il pas qu’il rende l’ultime visite à Legba, le dieu des écrivains, celui qui sépare le monde visible du monde invisible ? Quant au chat, qu’est-ce qu’il vient faire là-dedans ? Vous lui demanderez vous-même. Vous verrez, il n’a pas la langue dans sa poche.
Né à Port-au-Prince en avril 1953, Dany Laferrière a grandi à Petit-Goâve. Il écrit pour le journal Le Petit Samedi soir et fait partie de l’équipe de Radio Haïti. Il quitte son pays natal à la suite de l’assassinat de son collègue et ami, le journaliste Gasner Raymond. Il s’installe au Québec où il occupe plusieurs emplois avant de commencer à écrire.
Son premier roman, Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer, paraît en 1985 (VLB). Le succès est immédiat et les réactions nombreuses. Laferrière devient alors l’un des principaux représentants d’une nouvelle génération d’écrivains dans le paysage littéraire québécois.
Dany Laferrière écrit ensuite Éroshima (1987), puis L’Odeur du café (VLB, 1991), qui est récompensé par le prix Carbet des Caraïbes. En 2000, près de vingt-cinq ans après son arrivée au Québec, il signe Le Cri des oiseaux fous (Lanctôt), roman dans lequel il témoigne des raisons qui l’ont poussé à quitter Haïti et qui remporte le prix Carbet des Lycéens. En 2006, le prix du Gouverneur général du Canada est décerné à son album jeunesse Je suis fou de Vava.
Habitant en alternance Montréal, New-York et Miami, l’auteur se considère avant tout comme un citoyen de l’Amérique. C’est dans cet esprit qu’il rédige ce qu’il appellera son Autobiographie américaine, un grand projet regroupant une dizaine de ses titres et qui dresse un portrait de l’Amérique, d’Haïti à Montréal, en passant par les États-Unis.
Dany Laferrière mène, parallèlement à ses activités littéraires, une carrière de journaliste et de chroniqueur, tout en faisant quelques apparitions à la télévision et au cinéma. Il a également scénarisé quelques longs-métrages, le plus souvent des adaptations cinématographiques de ses romans.
Édités en France chez Grasset, les livres de Dany Laferrière ont été traduits dans une douzaine de langues, dont le coréen et le polonais.
Laferrière a publié cinq romans aux Éditions du Boréal. Son plus récent livre, L'Énigme du retour, est en lice pour le prix France Télévision, le prix Wepler et le prix Décembre. En plus, il se trouve déjà en deuxième sélection pour le prix Médicis 2009 ainsi que pour le prix Fémina 2009.
Biographie tirée du site Internet des éditions Boréal.
C'est un honneur et une grande surprise de réaliser que je suis le premier à partager mon appréciation de ce livre sur Goodreads! J'ai adoré! Un roman/livre dessiné ou peu importe son appellation, est d'une originalité incroyable et un très bel objet physique en plus. On est encore une fois dans la tête de cet auteur, mais un peu moin dans ses réflexions, dans certains délires par moment, mais surtout dans une sorte d'analyse du mond elittéraire/artistique. C'est très difficile de résumer ou d'expliquer ce livre qui est unique en son genre, mais je vais essayer de le fair ene bref. On y retrouve, des textes, des dessins, des réflexions personnelles, de l'humour et de courtes biographies de personnages célèbres (surtout des auteurs, mais pas uniquement). Je crois qu'il s'agit vraiment d'un hommâge à l'art sous ses diverses formes! Dany Laferrière est un grand auteur, un grand homme, qui accepte de prendre des risques et qui ne cesse de me suprendre! Bravo!
J’ai « dégusté » ce livre petit pas à petit pas, sans aucune presse et en prenant mon temps. Première intrusion dans les livres de Dany Laferrière qui ne sera sans doute pas la dernière.
Chaque page est une découverte d’un univers. Ce livre est en soi un album illustré, de la description bibliographique en prémisse jusqu’à la dernière page (même la table des matières et les crédits). Il ne faut pas s’attendre à une oeuvre artistique exemplaire, mais la beauté se trouve dans la fantaisie. Il faut parfois se creuser les méninges pour comprendre l’ecriture de M. Laferrière et analyser les dessins. Ce n’est pas un livre que je relirais, mais il n’en reste pas moins que ce document est un classique à mettre sur vos listes Goodreads.
Peut-être que mes attentes étaient trop élevées. La description de la cote 2/5 est "it was ok". C'est exactement mon feeling après avoir tourné la dernière page. De beaux bonheurs littéraires, au tournant des pages, mais ces petits plaisirs furent éphémères et TRÈS sporadiques.
J’ai été d’emblée séduit par la proposition visuelle. Le livre est écrit et illustré à la main. Ce lecteur s’est habitué rapidement à la calligraphie de l’auteur ainsi qu’à la mise en page bigarrée. Le propos est également intéressant. Il s’agit en fait de vignettes, de chroniques dans le quotidien de Dany Laferrière, dans son monde réel et dans son monde imaginaire, toujours à Paris. Il est entouré de personnages historiques, d’artistes, d’éditeurs, de voisins colorés … et de Chat.
Mais, après quelques dizaines de pages, j’ai réalisé que seuls les mots m’intéressaient; Les dessins, qui ne suscitaient guère ma curiosité, étaient passés au stade de distractions que souvent mes yeux contournaient, évitaient, ignoraient.
Je dirais que cet effort de l'Immortel est, au plus, cute, mais "cuteness has its limits". Dommage!
Oh la la. Je l’ai lu quelques pages à la fois... Beaucoup moins accessible que ses autres œuvres, on voit toutefois le plaisir qu’il a eu d’être libre.
J’ai adoré le chapitre « Comment faire ce qu’on ne sait pas faire » étant le seul qui ressemblait à du classique Laferrière.
Très confus comme narration, difficile d'accrocher à l'histoire. Cependant, le principe du roman dessiné est incroyable, coloré, et authentique. On sent que l'auteur se livre à nu pour exposer sa pensée en toute humilité.
Un chef d'oeuvre, très intéressant dans sa forme, l'auteur ne s'en cache pas d'ailleurs. Sa forme fait presque en sorte qu'il s'agit d'un livre de table basse (Coffee table book)
J'ai cessé la lecture après la page 30. Un trip d'éditeur, un auteur pas convaincu par la démarche, un lecteur pas certain de comprendre l'intérêt du format — tout amateur de carnets, de bédé et de Laferrière que je suis. La taille du livre est grotesque ( couverture souple, un format inhabituel qui excède le 8½×11"), la typo est parfois inintelligible, la colorisation est puérile. J'aurais dû me méfier du collant «Le choix de Châtelaine» en page couverture.
J'étais très motivée à lire ce livre, car j'aime beaucoup les livres de Dany Laferrière. Mais l'écriture manuscrite a fini par m'avoir. J'avais mal à la tête à seulement essayer de lire, j'ai donc fini par abandonner. J'aime l'idée d'un roman présenté sous forme de notes, mais une écriture plus aérée aurait facilité les choses. Pourquoi pas un livre pour enfant, plus court?