Spectaculaire. Un homme né pour la quête du ciel, pour la montée sans fin, pour aller toujours plus loin et toujours plus haut, un homme aimé, un amoureux de la vie, un enfant et un sage.
Cette biographie relate la vie de Jean Mermoz, grand aviateur du XXe siècle qui a tracé le sillage de l'Aéropostale française en Afrique, dans la Cordillère Blanche, en Amérique du Sud et au-dessus de l'Océan Atlantique.
Kessel grâce à sa plume intense et vraie, en grand ami de Mermoz, nous conte un destin exceptionnel, arrimé au ciel et à ses étendues infinies, une vie qui s'est en permanence dépassée et sublimée dans une humilité naturelle et vraie.
" Heureux sont les hommes qui rencontrent soudain, dans la révélation d'un métier, l'assouvissement de leurs désirs jusque-là incertains et la règle pour laquelle ils sont faits. Plus heureux encore, ceux qui, riches de passions contradictoires, trouvent dans ce métier leur propre clef, la solution de leur être intérieur et le point d'équilibre entre les tendances qui les déchirant ! (p.47, édition folio).
"Ces hommes ne peuvent pas jeûner comme les moines, se vouer, comme les gens de science et de méditation, au silence des chambres closes. Leurs muscles, leur cœur amoureux du vent et du péril s'y refusent. Mais leur prière, leur poésie, elles jaillissent de leurs actes aussi pures, aussi fraîches, aussi graves que celles du moine, du savant, du poète, lorsqu'ils vont à l'assaut du monde et qu'ils se dissolvent dans son intensité. C'est l'extase des hommes puissants, dont la chair et l'esprit ont besoin d'évasion. Alors chante en eux une joie, une force, une paix magnifiques". p.171
" Ce vainqueur, ce conquérant, cette apparition mythologique vint à nouveau avec un sourire qui donna soudain à sa figure une étonnante expression d'enfant désarmé. Je n'ai jamais senti comme ce soir-là, parce que je n'en avais pas encore l'habitude, combien ce sourire était l'aveu d'une essence héroïque entre toutes vulnérable. Il était timide et plein de gentillesse. Il était doux, sensible, un peu absent. Il trahissait un don inépuisable, incurable de générosité et de bonté, de rêve et de mélancolie. La voix complétait la confidence involontaire. Sérieuse, voilée, hésitante. Riche d'une exaltation réfléchie ainsi que d'un chant intérieur. Nourrie de songe et comme blessée" (p. 359)