Une enfance à Allaipiddy, au nord de Sri Lanka, la guérilla tamoule, l’errance, l’exil en France… Autant de motifs et de personnages qui habitent l’œuvre d’Antonythasan Jesuthasan : Diana la Ronde, pétrifiée par le bruit des bombes, qui remue ciel et terre pour obtenir son abri ; Pratheeban, le demandeur d’asile, floué pour une poignée de kilomètres ; les 37 Mouvements de rébellion, bien décidés à se tailler la part du lion ; Layla, la petite dame du numéro 7, que son nom de code – Oiseau jaune – finit par trahir, ou encore le chevalier de Kandi, condamné à devenir un coq en pâte aux frais du Comité central. À travers tous ces portraits, c’est aussi celui du narrateur qui se dessine, tout en humour et en finesse – le roman d’une vie, le miroir d’une âme et d’un peuple qui sait que c’est parfois en perdant de vue le rivage que le cœur se remet à flot.
Pris au hasard dans les rayons de ma bibliothèque, ce petit recueil de nouvelles d'un auteur sri lankais m'a offert un bain culturel intéressant.
A travers ces courts récits, l'auteur dresse le portrait du peuple tamoul et des conséquences de la lutte armée pour l'indépendance. L'auteur se confond avec le narrateur omniscient qui n'hésite pas à prendre à parti le lecteur en sortant de son histoire pour contextualiser, donnant aux nouvelles des airs de contes et apportant proximité et humour.
Le ton adopté est tragi-comique, les personnages hauts en couleurs sont souvent tournés en ridicule, l'absurdité du destin renforce son tragique.
J'ai passé un agréable moment de lecture bien que j'ai trouvé des inégalités dans l'intérêt des nouvelles, certaines me semblant assez anecdotiques.
Un petit voyage littéraire qui m'a donné envie d'en apprendre davantage sur la littérature sri-lankaise et le peuple tamoul.
Un livre qui parle de sujets souvent tabous, rarement évoqués en français. Des destins chahutés, des drames, avec en toile de fond la guerre civile au Sri Lanka, les Tamouls et Cinghalais à Paris. Parfois, le livre peut sembler anecdotique, mais en réalité il dresse une formidable fresque de la vie des Sri Lankais, et les conséquences psychologiques des conflits.