Tout commence par un cas. Incompréhensible et inquiétant. Une série de symptômes incohérents et d’une gravité extrême. Laurent Valensi, médecin à l’hôpital Saint-Louis, ne sait comment soigner son patient, un certain Ali Benyoussef. Déchiré entre sa famille qui veut le protéger d’une éventuelle contamination et un chef de service sans scrupule, il se lance dans une course contre la montre. En dépit de ses doutes, et face aux menaces qui pèsent chaque jour un peu plus sur lui, il va se battre pour sauver cet homme et faire éclater la vérité : si ce patient était le cas zéro de la terrible épidémie qui fait rage aux Etats-Unis et que l’on appelle « le cancer homosexuel » ? Un thriller angoissant où Sarah Barukh, l’auteur de Elle voulait juste marcher tout droit, nous tient en haleine de la première à la dernière page.
Aïe aïe aïe… Ravie d’avoir été sélectionnée pour cette Masse Critique spéciale, j’ai eu le malheur de tomber sur le trailer du roman qui s’imposait obstinément sur une de mes applications… Ce fut la fin… musique entêtante du générique Véronique & Davina, Récréa 2 et j’en passe… Horreur, réaction allergique, il a fallu que je vois le décompte Babelio devenir peau de chagrin pour que j’ouvre le roman!
Je regarde les trailers quand je cherche un film ou une série alors merci, non, pas pour des romans, laissez-moi créer mes propres images. C’est un des avantages de la lecture, non?!? Ne pas subir le diktat d’images imposées! Bref, autant vous dire que ma lecture n’a pas débuté dans la joie et la bonne humeur mais heureusement que le roman n’est pas une rétrospective culturelle nostalgique!
Inspiré de faits réels, ce roman nous ramène à l’apparition du Sida (on ne parlait pas de Sida à l’époque mais de LAV) dans les années 80. Le patient zéro est la personne à la source d’une épidémie. La première personne a être infectée par un agent pathogène connu ou pas. Porteur sain ou pas, son identité est essentielle pour identifier le rayonnement d’une épidémie pour l’enrayer ou la contrôler.
Et ce patient, en la personne d’Ali Benyoussef, se retrouve à l’hôpital où exerce Laurent Valesi qui va prendre ce cas très à cœur. L’action se déroule sur une semaine donc autant dire que le rythme est plus que soutenu, que les journées sont inhumainement à rallonge et que tout le chambardement occasionnée par cette nouvelle maladie a été condensée en ces quelques 530 pages.
J’ai apprécié les différents aspects de l’intrigue, la vue d’ensemble de l’événement qui pourrait s’appliquer à n’importe quelle nouvelle pandémie.
La gestion de crise des personnels hospitaliers, entre serment d’Hippocrate et peur instinctive devant un mal inconnu potentiellement mortel, la volonté de savoir, d’identifier, de soigner, la contradiction entre l’attention au patient et la tentation de l’acharnement thérapeutique. Le portrait des médecins est intéressant, entre devoir, travail et ego parfois démesuré ou humilité. La tâche n’est pas aisée, a fortiori quand le combat est sur plusieurs fronts, préservation de son intégrité personnelle quand la famille s’inquiète pour l’homme, quand le médecin est face à une maladie inconnue et la souffrance des patients, subit la pression des proches et de leurs attentes et doit aussi combattre une hiérarchie portée d’avantage sur la com’, le budget et l’administratif.
Avec Gabrielle, journaliste, nous avons le panel large des informations servies à la population, avec le risque de scandale sanitaire, la tentation toujours trouble de créer le buzz davantage que d’informer utilement, animer les braises des a priori, des peurs et des stigmatisations.
Avec Laurent Valensi, son ami Marc, chirurgien, ou Camille, jeune interne, l’auteur a su développer également leurs vies personnelles et les imbriquer dans l’intrigue. Perso, je me serais bien passée du gros cliché du médecin, marié, qui lorgne les courbes généreuses de Camille ou de Gabrielle, mais bon… on ne va pas chipoter.
J’ai apprécie également les réflexions liées à la religion et tout ce qu’on a pu entendre, à l’époque, lors de l’émergence de cette maladie. Par contre, j’ai trouvé un peu trop facile le choix du patient zéro, synthétisant l’ensemble des caractéristiques qui ont provoqué le rejet, le mépris et la condamnation d’une grande majorité des gens quand les informations sur les victimes ont transpiré.
Il fut un temps où je lisais beaucoup de thrillers médicaux. Temps révolu, certes, mais je n’ai pas retrouvé l’étincelle qui m’animait à l’époque et je n’ai pas eu un seul personnage auquel m’attacher et me raccrocher. Peut-être est-ce dû au fait que mes souvenirs de l’époque restent frais, que le lecteur connaît le VIH et en sait largement plus, évidemment, que les protagonistes. Mais je suis passée à côté de ce roman… la faute à un certain trailer aussi…
J’ai très vite été happée par ce thriller scientifique et je l’ai dévoré. L’histoire se déroule sur quelques jours à peine, on a l’impression d’être dans un train fou que rien n’arrêtera et qui risque bien de tout écraser sur son passage. Laurent médecin à l’hôpital Saint Louis découvre par hasard le cas étrange et incurable d’un patient qui dérange sa hiérarchie. Ce patient AB semble être le premier cas d’une épidémie qui a fait son apparition dans le monde mais jusqu’à présent pas encore en France. "Trente-cinq nouveaux cas détectés aux Etats-Unis en quelques jour. Vingt en Angleterre." On parle alors de cancer homosexuel, puis d’un virus le LAV Lymphadénovirus. Nous sommes fin 1982 et ce sont les premiers cas du Sida qui apparaissent pourtant l’auteur choisi de ne jamais employer le vocabulaire qui s’y rattache de nos jours. L’auteur nous décrit parfaitement Laurent Valensi , ce jeune médecin d’origine tunisienne qui mettra tout en œuvre pour pratiquer son métier avec des questionnements, des remises en question et une foi inébranlable en l’humain. J’ai aussi apprécié tous les retours en arrière sur son enfance et celle de ses frères, sur la raison profonde qui l’a poussé à être médecin, sur son amitié indéfectible avec l’épicier David qui est bien plus que cela. Toutes les difficultés rencontrées dans sa vie de couple et l’impact terrible que ces événements vont avoir. Ce personnage est captivant parce qu’il a été parfaitement travaillé et recherché c’est lui qui tient toute l’intrigue sur ses épaules et croyez-moi on est à plat plus vite que lui. Les autres personnages sont aussi captivants ses frères, sa femme et sa fille, son équipe médical et le soutien qu’elle lui apporte, son ami Marc et bien entendu la relation patient- médecin avec Ali Benyoussef qui regroupe à lui seul tous les stigmates, homosexuel, arabe et infecté. Ce livre est très intense et les termes médicaux accessibles c’est une belle découverte et un bon moment de lecture et je ne ferai aucune comparaison avec des thrillers médicaux certes plus aboutis mais au combien moins humains.
Un thriller médical très intéressant. J’ai beaucoup aimé la partie médicale du roman, la découverte de ces cas qui ne correspondaient à rien de connu, à rien de soignable, la réaction des soignants, la peur devant l’inconnu, devant l’ignorance du mode de transmission, devant l’absence de test, le dénigrement avec l’idée d’un cancer homosexuel qui ne concernerait qu’une partie de la population qui l’aurait bien cherché. Tout cela est passionnant. Le côté thriller apporte du rythme à l’histoire mais un peu trop à mon goût. D’une part j’ai trouvé que la vie personnelle du personnage principal prenait trop de place, tout lui arrive pile à un moment compliqué de sa vie, et ça fait un peu trop à mon sens. D’autre part, il se passe beaucoup de choses pour lesquelles je n’ai pas arrêté de me demander si ça s’était vraiment passé comme ça, si c’était une réalité historique comme le reste. Ça a un peu altéré ma lecture du coup.