"J'ai passé mes trente premières années à déambuler sur le chemin de la vie, errant entre vie de famille, école et vie sociale. Je me considérais comme insignifiant et n'imaginais pas être riche d'une quelconque valeur. Ma rencontre avec qu'on appelait alors les gestes n'a pas réellement remis en question cette vie, faite de souffrances et de frustrations. Mais le jour arriva où ma route me conduisit devant une porte, celle de la Tour du Village. J'osai pousser cette lourde porte qui me mena vers une ère nouvelle: j'en pris plein les yeux, et ma vie fut bouleversée à jamais."
Victor Abbou compte parmi les précieux témoins de cette période qu'on nomme le Réveil des sourds. Son récit est un véritable trésor d'archives, car il fut précurseur dans bien des domaines: tour à tour comédien, militant, formateur, enseignant auprès d'élèves interprètes à l'université. Il fut un formidable créateur de lien entre deux mondes si proches mais pourtant si éloignés, celui des sourds et celui des entendants.
Merci à Mr Abbou que j'ai pu rencontrer à l'IVT, d'avoir retracer son vécu sur la condition des sourds à l'époque, les institutions qui attribuaient une plaque ou un collier avec un numéro pour chacun, des personnes isolés, des personnes qu'on qualifiait de retardés mentaux... L'apparition de la langue des signes qui a commencé à éclore très tard, et grâce à lui et à tant d'autres de fonder des cours adaptés pour pouvoir communiquer avec le reste de la société. Histoire vraiment touchante de ses rencontres et de sa participation au "Réveil des sourds"
Through the form of autobiography, Victor Abbou gives a first-hand account of the "reveil sourd," or Deaf Renaissance in France.
In 1880, following an international congress in Milan, France adopted an oralist-only educational policy for Deaf children, prohibiting the use of sign language in schools. This began what essentially amounted to a 100 year 'dark ages' for the Deaf community in France, in which Deaf individuals, systematically deprived of a means of communication, were marginalized to the edges of society and lost almost all sense of cultural identity. The concept of 'sign language interpreter' was nonexistent.
Une Clé sur le Monde recounts the period starting in the 1980s, in which Deaf individuals started to reclaim their identity and culture. In France, this movement centered in particular around the International Visual Theater (or IVT), a cultural organization (that still exists today) that provided a place for cultural exchange, including plays in sign language and sign language classes.
What sets the book apart is the deeply personal account of this movement through the eyes of Victor Abbou, who recounts a life experience that will be completely unfamiliar and surprising to almost all hearing readers of the book. For example, Abbou does not need to rely on the accounts of others to know what his "first word" was; being exposed to language for the first time at the age of nine, Abbou is able to himself remember the context in which he first put together the connection between a word and its meaning. Similar discoveries pervade the book. The book is thus simultaneously a "coming-of-age" story for Abbou and for the French Deaf Community, both of which discover unknown depths and abilities that accompany the growth of self-confidence. While remaining strictly historical, the book weaves in deep philosophical themes of self- and cultural-identity. Victor Abbou recounts this personal and shared history with optimism and grace.
Poignant récit autobiographique et historique d'un homme qui a joué (et continuer de jouer) un rôle important dans la communauté sourde et auprès des entendants apprenant la langue des signes. Facile à lire, on se prend à s'identifier à Victor, à souffrir, rire, découvrir, rencontrer, s'ouvrir à la différence et un autre monde. Que vous soyez locuteur de la LSF ou novice dans le domaine, c'est un livre à ne pas rater, histoire d'être un peu plus au clair avec l'histoire des Sourds.