Jump to ratings and reviews
Rate this book

La carte d'identité

Rate this book
Un commandant de cercle, pas plus méchant qu'un autre, réclame à Mélédouman sa carte d'identité. Cela pourrait être l'occasion d'un récit banal, comme on en lit souvent. Mais Adiaffi dépasse l'anecdote, atteint au mythe et, dans une prose parfois éblouissante, écrit la tragédie de l'Afrique à la recherche de son âme. Avec La Carte d'identité, la littérature africaine est véritablement parcourue d'un frisson nouveau.

159 pages, Unknown Binding

First published January 1, 1982

Loading...
Loading...

About the author

Jean-Marie Adiaffi

7 books3 followers

Ratings & Reviews

What do you think?
Rate this book

Friends & Following

Create a free account to discover what your friends think of this book!

Community Reviews

5 stars
8 (38%)
4 stars
7 (33%)
3 stars
3 (14%)
2 stars
2 (9%)
1 star
1 (4%)
Displaying 1 - 4 of 4 reviews
Profile Image for Nabilla Zammali.
114 reviews2 followers
November 10, 2024
Déracinement, mépris, racisme, langue, culture, héritage...

"Les Noirs sont des sauvages, des primitifs, sans histoires, sans cultures, sans civilisation. De grands enfants paresseux, fainéants, stupides : aucune qualité morale ni intellectuelle. Autant le blanc est la perfection de la vertu, l’essence secrète qui dévoile toute chose, autant le Noir est la perfection du vice. [P21]"

"Si tu veux atteindre un peuple dans son intimité la plus profonde, si tu veux déraciner un peuple, si tu veux désespérer, déséquilibrer un peuple, si tu veux rendre un peuple vulnérable pour l’abattre avec une facilité puérile, en un mot, si tu veux assassiner infailliblement un peuple, si tu veux le tuer de science certaine : détruis son âme, profane ses croyances, ses religions. Nie sa culture, son histoire, brûle tout ce qu’il adore et l’objectif sera atteint, sans que toi-même tu t’en aperçoives. Que vaut un peuple qui ne sait plus interpréter ses propres signes ? Quelle force morale, quelle solidité peut avoir un peuple qui a perdu la signification de ses propres mythes, de ses propres symboles ? Un étranger à lui-même. Un peuple qui a perdu foi en lui-même, en son destin." [P39]

"Les têtes de vos rois en tombant des guillotines n’ont pas entraîné, avec elles, le paradis pour le peuple français, la libération réelle du peuple français. Et la Déclaration universelle des Droits de l’Homme est marquée d’un sceau, le sceau bourgeois. N’est qu’une nouvelle Bastille, la Bastille
bourgeoise. Au nom de quoi offrez-vous aux nègres ce que vous refusez à vos propres peuples laborieux, producteurs de richesses, vrais créateurs de cette civilisation dont vous êtes fiers ? Oui, je le demande, au nom de quoi offrez-vous aux nègres, pour qui vous n’avez que mépris souverain, ce que par esprit de conservation des privilèges acquis, par égoïsme, vous refusez à votre propre frère de race ? Vos propres frères de race qu’une minorité exproprie, affame, spolie, massacre, réprime, opprime, exploite comme nous. Non ! Non ! Je ne fais aucune confiance aux traîtres et aux tricheurs.
Je ne vous fais pas confiance pour m’habiller, pour me nourrir, me loger, me soigner, me protéger. Non, je vous remercie de l’offre. Je vous demande une seule chose : vous avez assez dansé. Vous êtes de mauvais danseurs. Laissez la place à d’autres danseurs, pour d’autres mouvements.
La place à d’autres musiciens pour une nouvelle musique. Vous chantez faux, vous jouez mal. Quelle cacophonie..." [43]


"On est toujours violé par quelqu'un, par quelque chose. Et on viole toujours quelqu'un, quelque chose. La terre est habitée par des violeurs qui s'entreviolent." [P55]


"Oui, Dihié, mais il faut reconnaître que la langue française est un facteur d’unité. Chaque ethnie, chaque tribu a son dialecte, enfin sa langue. Par exemple, moi je suis un Attié, j’enseigne en pays agni. Si ce n’est en français, en quelle autre langue voudriez-vous que j’enseigne ? Mon collègue de la classe voisine est un Guinéen. Tu vois donc, Nanan, dans ce petit cercle que nous formons, sans la langue française, il aurait fallu au moins deux interprètes : un interprète pour mon collègue et moi, sans parler des élèves, qui parleraient aussi bien le peul que l’agni ; et un autre entre l’Attié que je suis et l’Agni que vous êtes. D’autre part, quels beaux ensembles que l’A.O.F. et l’A.E.F. ! Le français permet, de Brazzaville à Abidjan, en passant par Dakar, à tous les frères africains de
se comprendre, de communiquer ; tout ça est vraiment extraordinaire. C’est une chance historique que nous avons de nous rapprocher, de nous unir. Puisse l’Afrique saisir cette chance ! Ces deux grandes fédérations constituent, si les Africains ont l’intelligence de les conserver, une fois
libérés du joug colonial, l’un des maillons précieux de la grande chaîne d’or africaine. La grande chaîne qui servira à forger de beaux colliers de la solidarité africaine, de beaux colliers autour du cou de l’Afrique unie. Comme vous le rappeliez, c’est une reconstitution involontaire des grands
empires africains disparus. Il faut donc que les Africains fassent tout ce qu’ils peuvent pour conserver ces deux grandes fédérations. Il suffira d’y ajouter nos frères anglais, portugais, espagnols, pour achever ce grand rassemblement de nos peuples momentanément dispersés aux quatre vents." [PP105 - 106]
42 reviews
January 2, 2023
If you're looking for introspective African literature that will have you thinking about the effects of colonialism in Africa on identity, this is it.

Beautifully written, concise and relatable

He who has once fallen into the river is no more afraid of the rain

Any form of oppression or exploitation, any yoke, has to be justified by the oppressor in such a way that his victims may accept it.

"If you want to hurt a nation to its deepest core, if you want to uproot a people, if you want a nation to despair,  to be thrown off balance, if you want to make it vulnerable in order to destroy it more easily, in fact if you want to annihilate it forever, all you have to do is destroy its soul, defile its beliefs and religion, negate its culture, its history, burn down everything it adores and you'll have achieved your objective before you even know it! What is a nation which cannot interprete its own signs anymore? Where is the moral strength, the force of people who have forgotten the meaning of their own myths and symbols? An estranged people. A people who have lost its faith in itself and its destiny.... "

(P. 28-32, The identity card, Jean-Marie Adiaffi)
Profile Image for The Adventures of a French Reader.
48 reviews
July 1, 2016
J'ai trouvé ce livre très intéressant. L'histoire en elle-même captive, il s'agit d'une quête : Mélédouman doit trouver son identité. Puis, en plus de l'histoire, plusieurs dialogues philosophiques sur la colonisation se glissent dans le récit. Ces dialogues sont excessivement bien construits et très prenants.
Profile Image for Marie-Christelle T..
13 reviews
April 7, 2009
Dag! I'm surprised this is even listed in goodreads. This is my french selection. Plan on reading it more than once....french novels don't click as fast anymore. :)
Displaying 1 - 4 of 4 reviews