Nous sommes à la veille de 1900, au moment où décadentisme et anarchie se donnent la main pour conduire le siècle à sa fin. Georges Randal, un jeune homme de bonne famille, orphelin ruiné par un oncle indélicat, lorsque le temps est venu de prendre une situation, décide de se faire voleur. Pourquoi? Comme ça. Pour rien. Pour dire non à la société, à la bourgeoisie, à l'ordre, aux socialistes qui se trémoussent sur l'estrade et aux moralistes qui tirent la chasse d'eau des larmoiements humanitaires. En somme, Randal, en bon nihiliste, dit non à tout et aux voleurs euxmêmes: «Je fais un sale métier, c'est vrai; mais j'ai une excuse: je le fais salement. » Pas tout à fait. Car il y a chez notre voleur un peu du dandy baudelairien, un peu d'Arsène Lupin mâtiné de Jarry et d'Alphonse Allais. Et un goût intact, presque virginal, de la révolte, un coeur sensible et bon, « trop bien battant, disait Breton, pour ne pas heurter en tous sens les parois de la cage ».
Georges Hippolyte Adrien, French author, playwright and anarchist.
Georges Darien (1862-1921) est un écrivain français connu pour ses tendances anarchistes et antimilitaristes. Ayant lui-même connu les camps disciplinaires lors de la guerre en Tunisie en 1883, la majorité de ses œuvres sont marquées par la haine de l’hypocrisie, de l’injustice et de la violence gratuite. Admiré par Alfred Jarry, Alphonse Allais et plus tard par André Breton, Georges Darien est un des auteurs fondateurs du mouvement libertaire. Ses ouvrages les plus populaires sont : « Le Voleur », « L’Épaulette » et « Biribi, discipline militaire ».
Georges Randal besluit door de speling van het lot om dief te worden en komt in zijn criminele carrière heel wat speciaal volk tegen. De eerste tweehonderd bladzijden van deze roman bestaan in hoofdzaak uit diefstallen en inbraken, afgewisseld met filosofische gesprekken over het belang van criminaliteit en de moraal van de bandiet, overgoten met veel cynisch venijn. De tweede helft van "Le voleur" is een pak minder interessant, tot het mij op het einde niet meer kon boeien. Aangezien ik in het eerste deel echt wel veel memorabele zinnen en alinea's heb aangeduid, wil ik mild zijn en Darien een 2.5/5 geven.
"Alleen diefstal is nog geen specialiteit. Zorg dat het zo blijft."
"Maar waartoe herinneringen ophalen wanneer je gelukkig bent?"
"Ja, hoe langer ik erover nadenk, hoe meer ik vind dat de joviale heer gelijk had. Er wordt niet genoeg geguillotineerd - Er worden niet genoeg mensen zoals hij geguillotineerd."
Relecture de ce banger pour mon mémoire. Le coup de cœur que j’avais ressenti à ma première lecture se confirme.
Randal, pour « réparer » le vol dont il a été victime (son oncle qui carotte son héritage) devient lui-même un voleur, et un voleur aux accents anarchistes et individualistes.
Tout le roman est une illustration de la doctrine anarchiste de la reprise individuelle, soit le fait que les bourgeois (capitalistes ofc) nous volent et que donc il est presque un devoir de reprendre ce qui nous est dû. C’est bien plus que ça, le texte mêle des réflexions de tous ordres, notamment sur la viabilité des doctrines politiques, constamment reprises par les bourgeois. Leur verbiage intempestif, leurs discours et leurs théories alambiquées sont constamment moqués par le narrateur qui condamne fortement l’inertie qu’elles occasionnent, grosso modo y’a un moment où il dit :« wsh avant on butait le patron, mtn que on parle » #luigimangione. OÙ EST LA RÉVOLUTION !!!
Le texte est aussi une sorte de cri de rage, de haine, porté contre les institutions et la société capitaliste, contre tout ce qui détruit l’individu. Même si une forte tonalité nihiliste se dégage de l’œuvre, le personnage appelle à la destruction de cette société par la révolte. C’est aussi super marrant souvent parce qu’on fait que se foutre de la gueule des bourgeois. Genre plein de petites phrases qui font sourire. Par exemple, à un moment, Randal est assis dans un café et une chaise est libre. Arrive un bourgeois bien capitaliste et véreux qui s’assoit sur la chaise et le narrateur dit : « et la chaise libre perd sa liberté », jsp c’est marrant nn ? Sinon grande liberté de ton qui est hyper agréable, le style sert le propos !!
Du même auteur, j'avais lu Biribi, son récit sur un bagne militaire. Ici, Darien s'attaque à la société toute entière, en bon anarchiste qu'il est, et rien ne trouve grâce à ses yeux. Ça s'insère dans ces philosophies du ressentiment, qui se déploient par-ci par là depuis Rousseau. De fait, le roman est-mi pamphlétaire, et donc bavard, et mi-épisodique à la maniere des Scènes de la vie de bohème de Henri Murger. Ce qui sauve le livre de l'ennui, c'est l'humour dont il use notamment dans l'enchaînement des paragraphes.
Bref, à part un interêt historique - l'envers de la société dite de la "Belle Époque" - on peut passer outre. A noter que le roman contient une diatribe anti-vaccin avec sensiblement les mêmes arguments que vocifèrent les anti-vax actuels, preuve qu'ils n'ont rien inventé.
I will not retrace the publication history of this book, how it almost irremediably got forgotten, and the miraculous way, if miracles existed, by which it eventually came to us. For that you will have to refer to Jean Jacques Pauvert's La traversée du livre : memoires or Pauvert’s preface to the Omnibus collection of Darien’s from which I have read this novel. Retracing this history would also mean mentioning André Breton and before him Alfred Jarry. All contributed to save Darien from literary oblivion. Le Voleur retraces the adventures of a professional thief named Georges Randal, which were found, this is the pretext of the publication, in a diary stolen by Georges Darien in Brussels in a rundown hotel, a sort of haven for criminals. Randal, son of a wealthy family, lost his parents at a young age and found himself under the tutelage of an uncle who, having mismanaged his and Randal’s legacy, eventually informs our hero that he had almost nothing left of his inheritance. Confronted with having to find a way to make a living, Georges Randal choses the profession of thief, and he choses it the way that anyone would take any situation. But this selected profession, this chosen trade, is only a pretext for the message(s) that Darien wants to convey. Indeed, under the pretence of the various adventures that this chosen profession provokes, hidden behind these stories of burglaries, by this life of freedom against the bourgeois establishment, the author allows himself to unleash a violent criticism of all aspects of society. And nothing escapes it, everything passes through this uncompromising condemnation: the nobility, the bourgeois, religion, school, army, the jail system, the judiciary system, politicians, including the socialists – in the sense that this word had in the 19th century - and even his own political family: the anarchists. The plot and the details of the various adventures of our thief, one will find a little naive by its easy and happy coincidences where the criminal does not seem to risk too much; the events always working out well and in his favor. But the plot of the story is not the part Darien was interested in. The message he wanted to convey was his political reflections on society which are interspersed through the story, when Randal meets characters worthy of interest with whom he has discussions: Roger-the-Shame, a thief like him, Issacar this entrepreneur who always has good ideas but never succeeds in bringing them to fruition, Father Lamargelle who uses his ecclesiastical cassock to hide his true criminal profession and many others. It is one of the most abrasive novels I have read in that it is an acerbic and uncompromising critique of everything society stands for, a truly not politically correct novel. And it is done with humour. Especially in the way Darien has of showing as an obvious statement, things that good morals or society would consider as having the evident opposite meaning. As an example of this I will quote this sentence towards the end of chapter 8 "at the risk of destroying many illusions, I must say it frankly, although with sadness: the vices of scoundrels are no better than those of decent people.”