Pourquoi sa vie avait-elle basculé en si peu de temps ? Quand Louise Castillo lui restitue le journal intime qu’elle avait oublié chez elle trente ans plus tôt, un malaise gagne la narratrice : des pages entières sont raturées, qui semblent évoquer un événement grave, lié à une relation avec un homme plus âgé. Pourquoi ne se souvient-elle de rien ? Alors que Sibel, sa vieille tante fantasque dont le passé arménien est marqué par la tragédie, pense qu’elle est le jouet d’une malédiction familiale, ses amies lui intiment d’affronter son histoire forcément traumatique et ses fils s’inquiètent de sa nervosité grandissante. Quant à elle, elle redoute de s’enfermer dans le rôle de la victime. Valérie Toranian dresse, sous la forme d’une enquête psycho-logique, le portrait d’une fille bien résolue à résister à toute forme de conformisme. Elle nous livre une véritable comédie dramatique mettant en scène, entre cocasserie et gravité, nos obsessions contemporaines.
Ayant lu son premier roman et l'ayant adoré, je ne suis pas si L'étrangère à son style. Ce roman-ci est toutefois très différent de son premier livre et si on parle beaucoup moins de pâtisserie, les tragédies politiques qui ont touché les protagonistes ne sont jamais bien loin derrière. J'avoue que les premières pages ne m'ont pas trop accrochées, mais peu à peu, l'intrigue s'est précisée et j'ai fini par faire ce que je fais souvent avec de bon livre: ne pas me coucher avant de l'avoir fini.
Je ne résumerais pas le livre, la quatrième de couverture fait un excellent travail à ce niveau, mais je confirme que le traitement des souvenirs réprimés (ou non), des agressions sexuelles, de la survie, des relations soi-disant amoureuse entre étudiante et professeur sont très bien traités, avec les nuances qui s'imposent et leur utilité dans la trame narrative plus dans une perspective d'approfondissement des perspectives et de l'exploration thématique que de gestes qui ne font que motiver les personnages ou informe leur comportement depuis l'enfance (en fait, il y a même un très bon "jeu" là-dessus qui permet d'emprunter cette voie pour réaliser que non, vraiment pas finalement).
Les débats et arguments autour de certains enjeux peuvent toutefois être assez longs parfois (notamment celui sur le port du voile), on a l'impression que l'autrice voulait couvrir un peu tout l'éventail des arguments en quelques pages et n'en laisser aucun de côté pour que chaque personne puisse vraiment se faire son idée (ou garder la sienne, les arguments sont généralement les plus intéressants utilisé dans le cadre de la conversion) avec les nuances qui sont quand même explicitées. Ça se veut fluide (dans le cadre d'une conversation entre plusieurs personnes), mais ça ne revient souvent qu'à une argumentation de chaque personne qui répond à l'argumentation de l'autre, c'est probablement assez complexe à écrire, mais ça ressemble quand même à un propos didactique plus qu'à de la fiction (même si la conversation sert le cadre narratif et qu'elle est définitivement plausible dans les contextes proposées)
Un bon livre au final, très différent de son premier, qui explore des enjeux assez délicats avec nuances et reculs, quelques longueurs, mais reste accrocheur. Une autrice dont je vais définitivement continuer à lire les parutions au fil des années (si elle continue à écrire des romans, mais je ne dirais certainement pas non à un essai non plus, elle a des nuances que je vois rarement dans les discours publiques).
Le personnage principal est un alter ego transparent de l’autrice — même tignasse indisciplinée, mêmes origines, même poste de direction dans un magazine féminin. Elle suscite une antipathie immédiate et persistante : mère inconséquente, journaliste d’un conformisme consternant, femme sans relief ni attrait.
L’intrigue est à l’avenant : aucun fil narratif n'est tenu sur la durée ni ne se boucle, les scènes s’enchaînent dans un pêle-mêle sans aucune maîtrise de policier, de roman social ou de chick lit, sans jamais convaincre ni trouver sa voix. On peine à croire que cela puisse paraître chez l’éditeur historique de Houellebecq.
Un exemple affligeant de népotisme littéraire. Tout est raté, jusqu’au titre — vide de sens, sinon pour exprimer son autosatisfaction crasse. Longtemps que je n’avais pas lu quelque chose d’aussi nul. En son genre, c'est un jalon.
L’histoire de retrouvailles avec une amie d’enfance qui débute un peu moyen, qui termine vaguement confusément et qui offre tout de même des bons moments. Une cinquantaine de mots clé pourraient être ajoutés à cette comédie un peu chick-lit qui, à trop vouloir embrasser, passe légèrement à côté de tout et ne termine rien.
Restent quelques bonnes pages sur les confusions. Celles de la mémoire, politiques, de la presse, de la vision occidentale du voile et de l’islam ou de l’homosexualité
La fin est assez particulière, on ne sait jamais réellement ce qui s'est passé durant les années précédentes. Je suis assez mitigée, ne sachant trop si j'ai apprécié cette lecture ou non...