Ted trimballe sa grande carcasse dégingandée à travers la ville dans un train-train aussi régulier qu’énergique; métro-boulot-dodo, certes, mais avec une énergie et une rigueur peu commune. Puis un jour, la mécanique se grippe et tout s’emballe, ce jour où le métro est en travaux et où les choses ne sont pas, plus, comme d’habitude. Et là, tout dérape… Emilie Gleason s’est fortement inspirée du vécu de son frère, diagnostiqué Asperger, pour raconter les bien étranges journées de Ted – rencontre, discussion, amour, sexe, empathie, tant de choses qui, pour Ted, ne vont pas vraiment de soi… Mais alors que la «bande dessinée du réel» a produit tant d’œuvres lénifiantes n’existant que par leur sujet, Emilie Gleason, elle, transcende son sujet pour nous livrer un moment de lecture survolté, mené à cent à l’heure, plein d’inattendus et de surprises. Bien plus qu’un «reportage» ou un «témoignage», Ted est une véritable immersion dans un esprit pas vraiment commun, et offre à l’arrivée une expérience de lecture rare, un tourbillon de couleurs et d’énergie, à l’image de son personnage principal.
La lecture de ce livre réussir le tour de force de faire rire aux éclats, mettre mal à l'aise autant qu'émouvoir jusqu'aux larmes la course de Ted, frappé du trouble du spectre de l'autisme. La représentation de l'aide médicale est sans appel, et celle de la famille fait de la peine. Le parti pris est fort, le graphisme très particulier mais au service de la perception du personnage.
* le dessin, la couleur et le découpage sont incroyables. w * C'est très violent sur les violences psychiatriques, les violences du quotidien de la part de la famille, de n'importe qui de non-informé sur tout ce qui relève des tocs relatifs au trouble autistique ou n'importe quel comportement spécifique rentrant dans le cadre des routines. Mais du coup, à la différence d'autres BD traitant supposément du sujet, tous les contacts sont vus comme des micro-agressions - clairement montrées dans le dessin -.
Ce qui relève de complexités de socialisation est souligné. Son comportement n'est jamais perçu comme bizarre de la part de Ted qui est le perso qu'on sui, même si les gens autour peuvent le pointer du doigt, j'aime beaucoup le fait qu'on ait les explications totalement rationnelles de sa part.
* Après c'est a) extrême dans toutes les représentations b) poussé jusqu'à l'absurde à la fois pour 1. le style de la BD, graphiquement et narrativement 2. Gleason qui explique bien qu'elle n'a pas de formation en neuropsychiatrie et qu'elle parle en tant qu'observatrice de la vie de son frère et non en experte.
A bit conflicted about this one. There is some undisputed artistic excellence here, with amazingly expressive drawings and a great sense of visual narrative; it just reads very, very well. There is also a lot of honesty in showing various facets of autistic experience. On the other hand - as the story spirals into a tragedy and the content becomes more and more painful and brutal, I can't help but think that stories about living with autism should be told primarily from the perspective of people with autism, as doing otherwise brings a risk of enclosing this experience in stereotypes. Still - worth reading, I believe.
En un principi no m’atreia, especialment per l’estil gràfic, però la història de seguida m’ha arrosegat cap aquest deliri incòmode de ritme nerviós i salvatge.M’agrada com -el que sembla- un material autobigràfic es transforma en una història d’incomprensió tràgica degut-sembla-a la mala consciència de l’autora.
4.59* Upsetting, disturbing, relatable?! Ted's routine might seem weird to you, but it helps him make sense of the world, and keep it from overwhelming him with sensory overload, new information, emotions that need to be figured out, etc. But the subway line has other plans... Closed for weeks?! How will Ted do the things he needs to do? This one small thing changes the course of his life and sets back years and years of progress. If you or anyone you know can be classified as any of the following, check out this book: Autism spectrum/Asperger's/neuro divergent/ hypersensitive...developmentally delayed or gifted. I know several people on the spectrum who have had setbacks like this, they or the family desperately search for answers and the "solutions" end up doing more harm than good!
J’ai découvert cette BD par hasard en fouillant dans les bacs de romans graphiques / BD de la bibliothèque municipale… en feuilletant quelques pages hyper colorées et aux traits minimalistes, j’ai eu envie de l’emprunter. Ça m’a tout de suite fait penser à War & Peas d’Elizabeth Pich & Jonathan Kunz, et aussi à Anouk Ricard ! Et d’autant plus en commençant à lire la BD, que j’ai trouvé amusante au début, avec toutes ces absurdités liées au quotidien d’un jeune homme qui semble s’imposer un rythme très cadré.
SPOILER :
Jusqu’au jour où, par hasard car la ligne 4 du métro est fermée, il va faire la connaissance d’une vieille dame qui deviendra son amie (et dont il va, apparemment, tomber amoureux).
Son honnêteté à l’égard des autres et des différentes situations qu’il vit met mal à l’aise son entourage et ses interlocuteurs⸱trices.
On apprend aussi qu’il a été harcelé quand il était plus jeune, alors qu’il tombe nez à nez devant son ancien agresseur.
On comprend à ce moment-là de la lecture que toute cette rigidité dans ses choix de vie, ses choix alimentaires, ses choix vestimentaires, son comportement, la quasi-absence d’émotions et le fait qu’il ne sait pas les gérer sont dûs au fait qu’il souffre d’autisme. Il est Asperger.
On découvre alors la partie médicalisée de sa vie, la confiance - ou non - accordée par ses parents et sa sœur aux médecins, l’absence de remise en question de ses parents quant aux indications des médecins.
Le livre est aussi intéressant car on comprend les difficultés que vivent la famille (les parents et la sœur) : les tocs de Ted, ses « excentricités » (non volontaires !), ce rythme infernal qui ne tolère aucun changement… pourtant, Ted est celui qui subit son syndrome, avant tout. Et pour cause : l’autrice de cette BD s’est inspiré de son petit frère, qui est lui-même autiste Asperger.
Je recommande !
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Une lecture pénible pour moi, j'ai mis un peu de temps pour m' habituer au graphisme et aux textes souvent très serrés et denses. Mais... Enfin, cette BD est vraiment touchante, rigolote et bouleversante. Le dessin va parfaitement avec l'histoire: il reflète absolument le caractère de notre bien-aimé qu'est Ted. C'est burlesque et grotesque, exagéré et explosif, psychédélique et maniaque. La tête de Ted semble être un labyrinthe et sa famille ainsi que le monde qui l'entoure galère à suivre et à comprendre ses comportements. Là, il s'agit d'une BD digne d'être primée au Festival d'Angoulême, une BD drôle et triste à la fois. ------------------------------------ Εδώ πρόκειται για ένα πολύ καλό κόμικ, βραβευμένο στο διεθνές φεστιβάλ κόμικς της Angoulême, και που ο πρωταγωνιστής του, Ted, πάσχει από το σύνδρομο Asperger. Δύσκολα τα πράγματα γενικώς. Το σχέδιο αντανακλά με φανταστικό τρόπο όσα συμβαίνουν στο κεφάλι του Ted. Γκροτέσκο, χοντροκομμένο και παιδιάστικο μερικές φορές, με εκρηκτικά ψυχεδελικά χρώματα στο σύνολό του, κάνει να αναδυθούν όλες οι δυσκολίες του χαρακτήρα αυτού που πάσχει αλλά και αυτές που έχουν να αντιμετωπίσουν η οικογένεια και ο περίγυρός του. Με ένα τέλος που σε αφήνει σέκο και αρκετά ευαισθητοποιημένο και προβληματισμένο με το τι βιώνουν τα ιδιαίτερα αυτά άτομα. Κίνητρο της συγγραφέως στάθηκε ο μικρός της αδερφός, διαγνωσμένος μέσα στο φάσμα του αυτισμού.
Décidément, quel drôle de personnage que ce Ted, un adulte de 26 atteint du syndrome d'Asperger qui verra sa routine quotidienne bouleversée lorsque son train de transfert sera soudainement en construction. À partir de cet instant, la vie de Ted ne sera plus jamais la même, pour le meilleur, mais surtout pour le pire... À travers des illustrations minimalistes aux couleurs psychédéliques, le lecteur plonge dans la tête de cet homme « handicapé » que personne ne comprend. Une réalité bien triste et rigolote à la fois, dans lequel le clownesque s'amalgame à l'étrange et au grossier. Une réalité bien difficile à décrire qu'Émilie Gleason a su transcrire avec brio pour tenter de comprendre ces personnes souvent bien seuls dans leur monde...
Graphiquement c'est une BD qui m'a rebuté de suite. Typiquement le genre de truc sur lequel je n'arrive pas à accrocher. Puis cet album s'est vu mis en avant par une sélection officielle d'Angoulème etc... donc je me suis dit que peut-être fallait-il que je passe outre cette première impression. Et donc je me suis attelé à la lecture et finalement, c'est très pertinent. On rentre dans le quotidien d'un autiste Asperger (oui encore), qui lui est à un autre niveau par rapport à la BD dont je parlais récemment : "La Différence invisible". Je recommande d'ailleurs la lecture des deux ouvrages, très largement ! Ici, on voit donc la répétition des gestes, on comprend un peu quelques problématiques qui leur sont proches. Le dessin reste particulier mais va bien avec le sujet, étonnamment. Du début à la fin, on est happé. Rien d'autre à dire. Pas autobiographique, pas une histoire réelle, mais juste "inspirée" du frère de l'auteur en question.
Ted vit sa vie quand un matin, la ligne 4 est en panne et tout change. Ted n'aime pas le changement. Je n'ai pas aimé les dessins, bien qu'ils illustrent l'histoire de façon adéquate. J'ai juste du mal avec le trait brouillon et le bazar ambiant. Quelques astuces de dessins m'ont plu, comme par exemple le fait que toutes les personnes qui ne sont pas proches de Ted soient au simple trait alors que sa famille et ceux à qui il accorde son amour ou son amitié sont en couleurs pleines. J'ai aussi aimé le côté dégingandé de Ted qui va bien avec son inadéquation au monde. L'histoire en revanche est à la fois drôle et caustique, poignante et tragique. Elle est souvent extrêmement violente, parfois tendre. Une bd à ne pas mettre entre toutes les mains, mais qui touchera certainement ceux dont le quotidien ressemble parfois à celui de Ted ou des personnes qui l'entourent.
BD très originale, éclairante, drôle, touchante. Le style des dessins est un peu déstabilisant au premier regard mais on l'apprivoise et on finit par se dire qu'il retranscrit parfaitement en images ce que ressent le personnage. Le livre nous donne à comprendre le quotidien d'un jeune autiste, on voit comment il arrive à se faire une place dans le monde, malgré ses bizarreries, ses maladresses, on voit son extrême sensibilité à certaines choses, sa totale indifférence à d'autres, son besoin d'habitudes sécurisantes, ses difficultés à faire des choix, à communiquer ses émotions, à être autonome. On voit aussi enfin comment l'incompréhension et le manque d'empathie dans la société peut lui être néfaste. Je vous encourage à lire cette BD.
Après avoir découvert le travail (et la personnalité !) d’Émilie Gleason dans le podcast Sens Créatif, j’ai mis la main sur son premier album que j’ai lu quasiment d’une traite. Le trait élastique, les couleurs pop et la composition dans les pages témoignent d’une vraie attention à lier la forme et le fond (la perception de la réalité par Ted), alors que son style habituel est moins abstrait. Je m’attendais à une suite de gags, et pourtant je me suis fait complètement attraper par la sensibilité du personnage et de l’histoire qui prend un tour assez dark dans le dernier tiers. Un prix Révélation FIBD bien mérité !
La vie d'un jeune homme diagnostiqué autiste Asperger, et tous les obstacles qui l'empêchent de vivre un quotidien qui, à défaut d'être normal, soit sans danger pour lui. Ce roman graphique est un ovni, les graphismes partent dans tous les sens, comme pour mieux représenter les émotions de Ted. Le scénario, qui semble au premier abord absurde et sans queue ni tête, prend rapidement un tournant tragique. C'est fort, dérangeant et vraiment touchant.
C’est un livre qui est très étrange au début. On comprend mal le propos. On s’imagine qu’il s’agit d’une histoire qui se déroule dans un monde parallèle un peu fou. Puis à un certain point tout s’éclaircit et trouve son sens. Le dessins très rebutant au départ devient plus facile à déchiffrer. Le scénario qui était à la limite de l’absurde devient touchant et vrai. Vraiment une belle surprise.
Inspirada en el seu germà petit que pateix un Trastorn de l'espectre autista, Émilie Gleason ens ofereix aquesta obra meravellosa, que, amagada darrere d'aquest estil gràfic colorit i amb tocs d'humor, ens porta un relat dur i colpidor de com una persona autista viu el seu dia.
Costa una mica entrar-hi, però un cop endinsat en la història és impossible sortir-ne.
Easiest five stars this year! Grab your French dictionary and give it a go. Not too much text for those of use who stumble through comics in French. I loved how the story revealed itself as increasingly serious after what was a fairly absurd start.
J'ai beaucoup aimé les couleurs, mais le reste c'était pas trop mon truc. J'ai parfois été mal à l'aise ou horrifiée, et je pense que c'est le but. Je ne mets pas moins d'étoile car ça ne m'a pas laissée indifférente
J'ai eu du mal au début, mais finalement c'est une très bonne façon de parler de l'autisme. Ça m'a paru très crédible dans la façon de l'illustrer. Un peu rude parfois, et une vision un peu binaire des centres, éducateurs, soignants etc
3,5 ⭐️ C’était loufoque et en même temps super interessant de se retrouver dans la tête de Ted ! L’incompétence des médecins à prendre en charge Ted m’a quand même mise hors de moi. Attention la fin est quand même triste…