Ce n'est pas d'hier que Gilles Proulx sonne l'alarme : les Québécois sont de plus en plus ignorants de leur histoire, oublieux de leurs ancêtres et inconscients du travail colossal que ceux-ci ont accompli pour poser les fondations du Québec d'aujourd'hui.C'est pour corriger ces tristes lacunes qu'au-delà des faits de guerre et autres dates marquantes, l'auteur de Nouvelle-France raconte avec verve les actes de bravoure de Madeleine de Verchères, qui sauva les habitants de son fort d'une attaque iroquoise, les découvertes de Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville, explorateur de la Louisiane et fondateur de La Nouvelle-Orléans, ou la ténacité extraordinaire dont ont fait preuve Louis Hébert et sa famille, premiers colons de Nouvelle-France.Avec l'irrévérence et la passion qu'on lui connaît, Proulx se fait fort de redonner à ses lecteurs, jeunes et moins jeunes, la soif d'apprendre leur histoire.Cet ouvrage est une édition entièrement revue du livre à succès paru en 1992 sous le titre Ma petite histoire de la Nouvelle-France.
Ça me désole de ne donner que deux étoiles et demie à cette honorable entreprise de Gilles Proulx de redonner fierté au peuple québécois en leur rappelant, voire en leur enseignant, l’histoire de ses vaillants personnages qui sont à son origine. Accessible et écrit dans un langage vulgarisé, ce livre a habilement rendu les lettres de noblesse à plusieurs grands acteurs dont on a brièvement entendu parler dans nos cours d’histoire. Enfin, on tente de nous parler des martyrs canadiens, des Autochtones qui se sont battus avec les Français et des exploits de la famille Lemoyne, de Cavalier de Lasalle, de Lambert-Closse, de Cadillac, de Lévis et de Montcalm, ce cher Montcalm sur lequel on ne s’attarde pas plus que ça durant les classes si ma mémoire ne fait pas défaut. Bref, j’ai beaucoup appris. Même si l’on connaît les bases de l’histoire du Québec, Gilles Proulx réussi à la redorer en nous donnant de nouvelles informations et plus de détails. La brève description des grands noms de famille du Québec (malgré que le sien, ni celui de Lévesque, n’y sont), ainsi que l’indication des régions d’origine d’un grand nombre de patronymes québécois apportent une belle touche finale.
Malheureusement, il m’a fallu trois mois et demi pour finir ma lecture. Elle était effectivement ennuyeuse à plusieurs reprises, car la structure du livre ne m’a pas beaucoup plu. Premièrement, chose insolite, la table des matières se trouve à la toute fin, donc j’ai découvert les divisions du livre en le feuilletant durant un moment de lassitude. Dans la première portion, on retrouve une très brève description des tribus autochtones. Par la suite, on y raconte les grandes lignes de l’histoire et par après on retrouve une biographie des principaux lieux et personnages. Ceci fait en sorte que les thèmes abordés se lisent comme des nouvelles brèves, sans trop de fil conducteur entre eux. Plusieurs noms de personnages, de traités et de lieux y sont mentionnés à tour de rôle sans trop expliquer le contexte ou les enjeux. À maintes reprises, j’ai dû consulter le web pour avoir plus de précisions.
De plus, malgré qu’une carte de l’expansion maximale de la Nouvelle-France a été fournie, il aurait été fort utile de fournir au moins une carte géographique indiquant les lieux d’emplacement des principales tribus autochtones et des principaux forts et rivières pour bien comprendre les enjeux géopolitiques sans devoir encore une fois consulter l’internet.
Par ailleurs, le style d’écriture est parfois moyenâgeux. Par exemple, en parlant du sieur de Courcelle:
«Il mourut à Toulon, célibataire, car pour son malheur, la veuve de M. d’Ailleboust avait refusé de l’épouser.»
Ou encore, en parlant de François 1er:
«Sa femme, laide et boiteuse (…)».
Ou pire, en parlant de Marie de Médicis, l’épouse d’Henri IV:
« (…) une personne ignorante, jalouse, colérique, sournoise et hautaine.»
Le tout, sans donner la source de ses dires. En fait, le livre ne contient aucune référence. Par exemple, en parlant de Charles Lawrence:
«(…), il bu un verre d’eau glacée qui provoqua des crampes stomacales et une inflammation pulmonaire. Il en mourut (…)».
En fait, selon l'histoire, il est soit mort d’un rhume, soit d’une pneumonie possiblement d’aspiration après avoir trop fêté.
En plus, au niveau de l’édition, mis à part l’emplacement de la table des matières, il y a quelques corrections à faire.
1) À la page 13, ce n’est pas Amerigo Verrazzano, mais plutôt Giovanni da Verrazzano.
2) À la page 172: «(…) Fort Nelson capitula, pour être repris (…) par le général anglais Allen le reprit.»
3) En parlant de Marguerite d’Youville: «Elle a été béatifiée en 1990 (…)». Elle a plutôt été sanctifiée en 1990. Elle est effectivement la toute première canadienne a avoir été canonisée.
Ce livre aurait peut-être mérité au moins 4 étoiles si ce n'était d'une lecture de longue haleine, mais il m'a beaucoup enseigné et je le recommande à tous les passionnés d’histoire, et surtout, à tous les Québécois.
L'auteur explique bien les événements de l'histoire de la Nouvelle-France, mais manque critiquement d'un sens historique qui permette au lecteur de donner une signification au présent. De plus, la moitié du livre environ est une sorte de dictionnaire très peu intéressante à lire d'un bout à l'autre.
Si vous avez "manqué des bouts" durant les cours d'histoire au secondaire, tout comme moi, voici votre chance de vous rattraper ! L'histoire de la Nouvelle-France nous est ici racontée dans environ un quart du livre. Le reste, c'est du bonbon : biographies, villes, etc.