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Pourquoi les riches votent à gauche

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« Ce que désire la classe des professionnels bien diplômés, c’est une méritocratie plus parfaite : un système où ceux qui ont du talent peuvent s’élever. Quand on est parvenus à la diversité et que les gens brillants de toutes races et de tous sexes ont été dûment qualifiés, cette espèce de libéral ne peut pas vraiment concevoir d’autres griefs contre le système. Les revendications des travailleurs ordinaires ne les touchent pas : les vigiles, les serveurs de fast-foods, les aides à domicile et les gardes d’enfant – dont la plupart sont des femmes et des personnes de couleur – qui n’ont pas de diplôme universitaire. »

Ce livre analyse l’abandon par les « nouveaux démocrates » des classes populaires et des syndicats au profit des classes aisées et cultivées. Il rappelle ce que cette « économie de la connaissance » a coûté aux travailleurs manuels et aux catégories peu diplômées, condamnées à la relégation sociale et à une forme de plus en plus agressive de mépris culturel. Dépréciées par le parti qui leur servait autrefois de véhicule politique, elles sont devenues plus attentives aux thématiques identitaires de démagogues réactionnaires. Comme celui qui vit à la Maison-Blanche.

424 pages, Kindle Edition

Published April 18, 2018

40 people want to read

About the author

Thomas Frank

43 books714 followers
Thomas Frank is the author of Pity the Billionaire, The Wrecking Crew, and What's the Matter with Kansas? A former columnist for The Wall Street Journal and Harper's, Frank is the founding editor of The Baffler and writes regularly for Salon. He lives outside Washington, D.C.

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1 review
January 28, 2023
Thomas Frank documente la négligence du parti démocrate envers les travailleurs américains, provoquant leur désaffiliation et leur tentation pour le phénomène trumpien. En plaçant les intérêts des classes privilégiées au premier plan, et en se positionnant comme le parti de la bienséance, les démocrates s'éloignent du New Deal et se rendent, en partie, responsables de la montée de l'extrême-droite américaine.
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Profile Image for Simon Primeau-Laganière.
17 reviews
March 23, 2024
Je suis intéressé depuis plusieurs années par le renversement des coalitions électorales, i.e. les partis de gauche obtenant des scores de plus en plus élevés dans des quartiers gentrifiés vs les partis de droite obtenant des scores de plus en plus élevés dans des quartiers populaires. Le titre de l’essai m’a évidemment accroché. Sa lecture m’a toutefois laissé ambivalent.

Premièrement, l’auteur fixe son analyse sur les inégalités économiques, ce qui évacue complètement d’autres enjeux dans l’échelle des préférences ponctuelles des électeurs - avortement, sécurité, immigration, grands enjeux internationaux. La majorité des électeurs ne sont pas totalement de gauche ou de droite - ils sont plutôt animés de toutes sortes de contradictions. D’ailleurs, en France comme au Québec, l’enjeu de la laïcité a historiquement été porté par la gauche. Plusieurs électeurs se sentent trahis du changement de cap de la part d’une certaine gauche survenu au cours des quinze dernières années seulement.

Deuxièmement, l’auteur cible le libre-échange comme principal facteur expliquant le déclin de la gauche auprès de la classe populaire. C’est peut-être vrai aux États-Unis. Cette analyse tient moins la route dans les petits États sociaux-démocrates comme ceux de la Scandinavie et du Québec où l’exportation est une nécessité pour augmenter la richesse collective. Encore faut-il un filet social adéquat qui assure l’égalité des chances pour tous, ce qui fait justement défaut aux États-Unis. À mon avis, une personne qui se réclame de gauche peut accepter le libre-échange lorsqu’un tel filet social existe.

Troisièmement, l’auteur ne répond pas directement à sa propre question. En fait, l’essai est surtout le bilan des présidences de Bill Clinton et de Barack Obama, responsables selon l’auteur d’avoir aggravé les inégalités économiques. C’est négatif, pas forcément faux, mais parfois injuste : les deux présidents ont notamment dû composer avec un congrès républicain pendant 6 ans de leur présidence. L’auteur s’attaque aussi à Hillary Clinton et toutes ses contradictions politiques documentées depuis qu’elle est une personnalité publique.

Là où l’essai m’a le plus intéressé, c’est la description que l’auteur fait de la classe professionnelle - celle dont le statut social est davantage lié à l’éducation qu’à l’argent. L’auteur émet l’hypothèse suivante : lorsqu’un parti de gauche dont la base électorale est liée à la classe professionnelle plutôt qu’à la classe de travailleurs arrive au pouvoir, les inégalités économiques explosent. La classe professionnelle gouverne en se fiant sur son expertise et tend à ignorer ce qui se passe sur le terrain. En se comportant davantage en club social qu’en parti politique, la classe professionnelle peut être dénigrante envers le peuple - il ne suffit qu’à penser à la déclaration malheureuse d’Hillary Clinton quelques semaines avant l’élection de 2016 sur les « basket of deplorables » pour s’en convaincre.

À mon avis, la meilleure illustration de l’incapacité de la classe professionnelle à comprendre la classe des travailleurs est leur célébration de la « nouvelle économie » - Airbnb, Uber et al. L’auteur rappelle avec raison que les nouvelles technologies sont en fait une mise à jour des pratiques du « vieux » capitalisme, i.e. des travailleurs sans aucune protection sociale qui assument tous les risques et les coûts de leur travail. Finalement, comme l’avait déjà analysé Nate Silver dans une série de publications visant à expliquer la défaite de Clinton en 2016, la classe médiatique est une partie intégrante de la classe professionnelle et semble de plus en plus incapable de saisir la réalité hors de leur bulle professionnelle. Ce dernier point est brièvement abordé dans l’essai et mériterait en soi un essai distinct!
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