Dans un parc de Bari, des jeunes désœuvrés trompent l’ennui en buvant et en fumant pendant que sur la plage leurs homologues privilégiés jouent au volley et boivent des cocktails sans alcool. Claudio vient de passer d’un bord à l’autre en rencontrant Myrtille. Issue d’une riche famille, elle entraîne le pauvre garçon dans un monde dont il ne connaît aucun code. Pris de haut par les amis de sa nouvelle conquête, il se laisse malgré tout embarquer par cette dernière, imaginant un plan cul facile. Une mauvaise idée, comme la provocation de ses copains face aux nantis, qui vont leur faire payer cher leur attitude insultante.
Un album qui, au-delà de l’insouciance, montre l’inconscience de la jeunesse, cet état où on fonce sans réfléchir et sans penser à demain. Dans le duel entre les marginaux et les fils de riches, l’auteur a clairement choisi son camp. La lutte des classes tourne à l’affrontement sauvage et montre surtout que la vacuité n’est pas que du côté des oisifs marginaux. Les «dominants» vivent certes dans le clinquant mais il n’y a rien sous le vernis de leur apparence. Pièce rapportée davantage guidée par son appétit sexuel que par les fastes qu’il découvre dans la maison de Myrtille, Claudio ne sera jamais un transfuge de classe, il le dit sans honte, il restera fidèle aux gens comme lui «les fous, les toxicos, les pédés, les poètes». Un one shot à la fois drôle et grave, qui décrit une jeunesse italienne où, au-delà des différences, chacun semble s’accorder sur l’absence d’une vision à long terme de l’existence.