Au cours du XXe siècle, la défaite du sauvage a semblé totale. Nous avons progressivement fait le vide autour de nous. La litanie des disparitions se poursuit quotidiennement dans l’indifférence des décideurs, et les scientifiques prédisent une annihilation biologique qui ébranlerait jusqu’aux fondements mêmes de la civilisation humaine. Et pourtant, ce livre est un ouvrage optimiste. Tout n’est pas perdu, loin de là. Car, malgré tout ce que nous lui avons fait subir, la nature résiste. Mieux, elle revient ! Notre pays est le mieux placé pour faire en tête, la course de la plus belle nature européenne. Favoriser le retour de la nature sauvage est un excellent facteur de développement. Notre richesse naturelle est renouvelable et non-délocalisable. C’est l’enjeu économique de demain. La place pour la vie sauvage ne manque pas sur notre territoire ; elle ne manque que dans nos têtes. Nous voudrions contribuer à ménager cette place pour le bien-être et l’épanouissement de tous. Hommes, plantes et animaux : nous sommes tous liés et il est grand temps aujourd’hui de renouer avec notre famille. Il en va de notre survie. Une nouvelle alliance est possible, basée sur le triptyque abondance/diversité/proximité : ce livre le démontre.
Ce bouquin fait rêver ! Son optimisme est une bulle d’air dans l’ambiance pessimiste générale qui entoure les questions naturalistes et climatiques. (Seul bémol, une faute de frappe à la page 107, concernant le débit du Rhône renégocié et augmenté à 7 575 mètres cubes/seconde alors que son débit moyen naturel est de 1 800 mètres cubes/seconde ?!?).
Dans une ère assez pessimiste concernant la biodiversité, cet ouvrage prend le contre-pied de cette morosité. La France, pionnière dans certains domaines, permet le retour du sauvage dans certaines contrées. Le chamois, les rapaces, le saumon et bien d'autres espèces reconquièrent des territoires et voient leurs populations décupler. Et l'on doit s'en réjouir!
C'est rare de voir un argumentaire aussi engagé pour laisser la nature évoluer sans aucune intervention, et c'est très réjouissant à lire. A la fois parce que les auteurs vont au bout d'un raisonnement que beaucoup d'écologistes laissent en suspens, sans doute de peur de paraître trop extrêmes, mais aussi parce que leur position est très bien argumentée, chiffres à l'appui.