Novembre 1943. Après des mois à se terrer à Paris, dans une chambre de bonne, le célèbre dramaturge juif Victor Steiner est arrêté et déporté. Etant donné sa notoriété, on lui a promis "un traitement spécial" : on l'envoie en Tchécoslovaquie, à Terezin, un camp qui ressemble à une petite ville. A première vue. Car il y règne autant de violence que dans les autres camps nazis. Mais Steiner a la surprise de s'y découvrir un fan : un officier SS qui lui commande une pièce. Elle devra être jouée lors d'une visite de contrôle de la Croix-Rouge internationale, dans le grand théâtre de Prague. Ecrire pour les nazis ? Steiner s'y refuse. Mais il n'a pas le choix, et la Résistance interne au camp finit de le décider : ce spectacle pourrait être l'occasion de faire évader des prisonniers...
Un coup de coeur. Glaçant, terrifiant, bouleversant et une tension jusqu’à la dernière ligne. Un roman qui nous enseigne beaucoup sur Terezin, ce camp tout particulier ayant réellement existé. J’ai été captivée par cette histoire qui mêle apports historiques sur la seconde guerre mondiale et réflexion sur l’art et le processus de création. Magnifique.
Je vous l’ai déjà dit, la seconde guerre mondiale est une période qui me touche tout particulièrement, comme toute la première moitié du vingtième siècle. Ici, nous sommes dans un roman jeunesse, et pourtant, c’est un roman très sombre mais pas dénué d’espoir.
Victor Steiner est un célèbre dramaturge, il avait tout pour être heureux. Mais c’était sans compter avec l’avancée du régime nazi, et le conflit qui s’en suivi. En effet, Victor Steiner, est juif, et depuis le début du conflit, il vit caché. Mais un soir, il décide de sortir malgré le danger, et arriva ce qui devait arriver, Steiner est pris.
Commence alors le début d’une nouvelle vie faite d’horreurs quotidiennes. Le trajet tout d’abord, vers un endroit inconnu, au milieu de milliers de gens dans des wagons à bestiaux. Puis Steiner est séparé et envoyé vers un autre convoi avec un autre homme avec lequel il se lie rapidement. En même temps, étant donné les circonstances, les alliés ne sont jamais de trop.
Ensuite c’est l’arrivée à Terezin, une petite ville complètement transformé en bastion militaire et qui regroupe l’élite juive, les personnes de l’art, des sciences…. Mais malgré ce que les nazis cherchent à cacher, il s’agit bel et bien d’un camps de prisonnier et de travail avec des conditions d’hygiène déplorables, et aucune pitié de la part des SS, ça, Steiner le découvrira dès son arrivée.
Puis enfin, il y a le projet, l’un des dirigeants du camp souhaite éblouir la venue d’une délégation de la croix rouge en les éblouissant avec une pièce du grand Steiner, qu’il composera à Terezin. On ne lui laisse pas le choix, au début ce dernier est réticent. Puis il est abordé par des résistants cachés à l’intérieur du camps, et on décidera que le jour de la représentation sera un jour d’évasion, pour tous les comédiens. Steiner se met alors au travail.
Avec ce roman, les plus jeunes peuvent découvrir l’horreur des camps et du régime nazi. Et si Terezin n’est pas un camp de concentration et d’extermination, les listes existent, et toutes les personnes n’étant plus utiles au camp, ont toutes les chances de se retrouver un jour sur les listes avec un départ imminent pour la Pologne.
C’est un roman sombre, et dur, l’auteur n’épargne pas ses personnages, et il y a des moments très tristes, très émouvants, mais il ne peut pas en être autrement avec un tel sujet. Les personnages sont souvent attachants, mais justement c’est aussi encore plus déchirants quand certains d’entres eux sont frappés par le destin.
En bref, un très bon roman jeunesse qui s’adresse aux adolescents à partir de douze ou treize ans, je pense. Un roman qui permet de ne pas oublier l’horreur de la guerre et qui traite de ce sujet difficile de manière très intelligente. Malgré ce sujet très sombre, il n’est pas dénué d’espoir, et rappelle également que l’entraide et l’amitié peuvent naître même dans les moments les plus difficiles.
A découvrir chez Bayard Jeunesses depuis le 27 août 2015.
Toujours pour mon dossier de littérature jeunesse, j’ai choisi de lire ce livre pour avoir un autre livre sur les camps nazis.
J’ai découvert grâce à ce livre un camp dont j’avais vaguement entendu parler mais que je n’aurai pas su situer sur une carte. Il se trouve à proximité de Prague et était un ghetto réservé aux intellectuels juifs dont des artistes ou des scientifiques.
Au travers de ce livre, ce qui ressort le plus, c’est tous les moyens qu’emploient les nazis pour cacher leurs crimes en faisant de Terezin leur cité idéale.
L’auteur nous montre bien aussi le dilemme de Victor Steiner. Travailler pour les nazis l’horripile mais il pourra mieux vivre en acceptant et surtout il pourra peut-être aider sa troupe de comédiens à s’évader. Tout au long de l’écriture de cette pièce de théâtre, j’ai ressenti ce tiraillement. J’ai souri quand j’ai vu que les allemands n’ont pas vu les allusions qu’il y a dans la pièce de théâtre.
Pour autant, l’auteur n’oublie aussi de nous montrer ce qui se passe dans ce camp. Les étapes d’élaboration et de répétition nous font presque oublier qu’on est dans un camp. Pourtant à chaque fois, il se passe un événement particulièrement violent ou poignant.
En bref, c’est un roman qui m’a permis de découvrir un camp nazi mais aussi tout ce que les nazis sont capables de faire pour cacher leur crime. L’auteur n’oublie pas tous ces malheureux qui y ont été maltraité et humilié.
Inspiré de faits réel, une façon d'approcher la terreur de l'époque dans une histoire adoucie (peut être un peu trop) qui ne termine pas forcément bien ni mal mais qui fait réfléchir.
Novembre 1943. Après des mois à se terrer à Paris, dans une chambre de bonne, le célèbre dramaturge juif Victor Steiner est arrêté et déporté. Étant donné sa notoriété, on lui a promis «un traitement spécial»: on l'envoie en Tchécoslovaquie, à Terezín, un camp qui ressemble à une petite ville. À première vue. Car il y règne tout autant de violence que dans les autres camps nazis. Mais Steiner a la surprise de s'y décou- vrir un fan: un o cier SS qui lui commande une pièce. Elle devra être jouée lors d'une visite de contrôle de la Croix-Rouge internationale, dans le grand théâtre de Prague. Écrire pour les nazis? Steiner s'y refuse. Mais il n'a pas le choix, et la Résistance interne au camp fi nit de le décider: ce spectacle pourrait être l'occasion de faire évader des prisonniers…