« Je ne veux pas être une mère qui est toujours dans ses livres, je veux être interrompue, je veux pouvoir être dérangée, je ne veux pas qu’un enfant sente qu’il vit dans un ordre inférieur de réalité, que sa vie est contingente. Je veux qu’il se sente souverain, qu’il soit impérieux, qu’il soit insupportable. Je veux que ce soit l’écriture qui ressente les secousses du quotidien, les dérangements, la maladie, les caprices, je veux que l’écriture soit insomniaque, dépassée par la vie, qu’elle en souffre, et qu’on le sente, qu’on se dise : clairement, elle n’arrive pas à gérer, c’est trop pour elle, ça se voit que tout ça est au-dessus de ses forces, qu’elle concilie mal le travail et la famille, toujours en retard, décalée, c’est agaçant, à l’arrache, sur le bord d’une table, entre deux boires ou deux repas, dans un interstice de l’existence, c’est l’écriture qui finit par en souffrir, fatiguée, exténuée, on sent qu’il ne reste pour écrire qu’un zombie, une volonté exsangue, c’est instable, et c’est ça que je veux, qu’on dise que c’est bâclé et, pourtant, qu’on n’arrête pas de lire [...]. » Ce récit mutant, qui n’épargne personne, est l’occasion de découvrir le style entêtant, enflammé et profondément intelligent de l’auteure, hybride de Marcel Proust et de Christine Angot.
3.5* Cette autofiction ne se lit pas n'importe quand par n'importe qui, je crois. Il faut être particulièrement disposé pour donner un sens aux écrits de l'autrice. Certains passages me sont apparus teintés d'une plus grande clarité que d'autre. On se retrouve immergé dans les tergiversations de la narration. Entre fourre-tout de l'esprit et journal personnel, il m'est ardu de situer ce texte. Le propos, quand on le saisit, reste touchant, très très réflechis.
Difficile de juger ce livre. Il m’inspire, mais pas dans le bon sens. Comme la narratrice, qui écrit « contre » Claude Cahun, il me fait réfléchir à tout ce que je n’ai pas envie que soit la littérature (élitiste, autoréférentielle, snob, condescendante, solipsiste) et j’ai envie de penser « contre » lui. Cela dit, c’est fucking bien écrit par bouttes.
Outre le méta-narratif qui pointe souvent vers les formes qu'elle utilise ou leur absence qui me tanne (jusqu'à pointer qu'elle laisse tomber l'énumération des chapitres en cours de route comme si nous n'avions pas pu le remarquer de par nous-même ou que cela servait un quelconque intérêt) ou encore sur l'écriture de l'essai lui-même. La métaphore de la thèse comme grossesse n'est pas nouvelle et est aussi surexploitée.
On semble être dans un essai post-féministe en ce sens que le privé est public (la forme de l'autofiction), le privé (et le public) apparaît complètement dépolitisé et réduit aux choix individuel.
La question de "est-ce que je suis (finalement) enceinte" qui est là pendant plus de 100 pages devient très redondante à la longue.
Sinon, on appréciera sa défense du style de Christine Angot (comparé à la défense de Proust!), ses observations sur la société et le milieu médical allemand (notamment), sur le fait que les tests de grossesse sont une assez grosse dépense surtout quand tu en achètes beaucoup et quelques observations à droite à gauche.
Une lecture en montagnes russes. Des passages magnifiques, fragiles et ressentis, alors que d'autres me laissaient froide voire même dans l'incompréhension devant certains clichés. Un Livre polymorphe intéressant et inclassable, qui tourne parfois trop sur lui-même mais qui vaut a tour le moins le détour.
Pas toujours facile à suivre ce livre, mais diablement bien écrit. Pour avoir eu un cours avec elle, j’ai retrouvé le même discours dans son livre que dans son cours, les mêmes exemples aussi, mais on dirait qu’à travers la forme du livre, on comprend mieux certains concepts, certains mouvements dans sa pensée/réflexion. J’aurais aimer lire ce livre durant ma session pour pouvoir en discuter avec elle.
Coup de foudre pour l'écriture. Toutefois, comme je suis bizarre, le sujet de la maternité ne m'atteint pas particulièrement, même si la réflexion est intéressante.
Une narration à la première personne du singulier. Des phrases très longues avec beaucoup de virgules, mais pas beaucoup de points. L’écriture demande beaucoup de concentration pour arriver à suivre ce qui se passe. Certains passages sont plus linéaires que d’autres. Les passages moins linéaires sont une grosse digression. Très ambitieux d’envisager de lire ce livre d’une traite. C’est épuisant se concentrer autant. Le début de la deuxième partie (p.121) a été pour moi un des passages les moins ardus à lire. Il m’a semblé à deux moments que l’auteure faisait une autocritique de son livre. Je déteste ce procédé.
Les thématiques abordées sont l’avortement, l’écriture, la thèse, le livre et le désir de la maternité.
Je comprends d'où on part : du journal intime, du cahier de notes personnel. J'aime cette idée, mais elle se doit d'être claire pour le lecteur aussi. Malheureusement, sur la fin du livre, je me suis perdu, et j'ai lu ce qui restait avec un grand point d'interrogation au visage.
La syntaxe et la structure ont rendu la lecture lourde et difficile. La partie de l’histoire sur la thèse de la narratrice était beaucoup trop longue à mon goût, et surtout entremêlée à travers le narratif, ce qui rendait la compréhension de l’histoire plutôt difficile.