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Études québécoises #90

Histoire politique du comique au Québec

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Le goût des Québécois pour la rigolade passe depuis longtemps pour un de leurs traits nationaux. Robert Aird fait ici l’histoire du rire au Québec sous l’angle politique, en dégageant ce que le comique révèle des rapports du peuple avec les pouvoirs de l’État, de l’Église ou des élites. Il illustre son propos par des exemples qui font encore rire aujourd’hui – du moins dans la plupart des cas. Il montre la persistance, dans les fêtes populaires, de la tradition carnavalesque, héritée du Moyen Âge, notamment avec cette étonnante coutume du charivari, par lequel les anciens Canadiens exprimaient leur désapprobation de certains comportements sociaux. Il rend compte de la vigueur de la tradition orale et du conte, d’où dérive l’art des monologuistes, encore bien vivant de nos jours. Il évoque la multitude de journaux satiriques qui ont fleuri au xixe siècle. Il présente ces amuseurs publics, comme Napoléon Aubin, Hector Berthelot ou Jules Fournier, qui ont eu des ennuis avec la justice pour s’être payé la tête des puissants. Il rappelle le souvenir de la Bolduc et de Jean Narrache dans les années de crise, du personnage de Fridolin durant la guerre, des comiques de l’âge d’or des cabarets sous Duplessis et des chansonniers du temps de la Révolution tranquille. Il en arrive enfin à l’époque actuelle, caractérisée par l’industrialisation du rire et la société humoristique. Ce faisant, Robert Aird donne une version populaire, amusante et insolite de l’histoire du Québec.

260 pages, Paperback

Published April 19, 2010

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Robert Aird

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Profile Image for Pascal Scallon-Chouinard.
474 reviews8 followers
January 25, 2025
On a souvent l’impression, aujourd’hui, que l’humour politique fait partie intégrante de la culture québécoise, qu’il s’agit même d’une tradition de longue date qui a permis de remettre en question l’autorité ou de mieux comprendre certains contextes sociaux. On ne se demande toutefois pas toujours d’où vient ce phénomène ni comment il s’est développé avant l’émergence des grands noms de l’humour, dans la foulée de la Révolution tranquille.
Dans ce livre, Robert Aird remonte le fil de l’humour politique (« l’intellectualisation du comique ») au Québec. Des carnavals aux charivaris, des contes et légendes aux monologues, du journaliste polémiste au stand-up, il brosse un portrait des traditions lointaines, des tendances et des différentes figures de l’humour qui se sont illustrées du 19e siècle à nos jours. Il s’attarde aussi à la portée et aux limites de cette forme d’humour, montrant comment cet art a pu servir à dénoncer et contester, non sans risque parfois, mais aussi à susciter la réflexion et à briser des tabous.

L’ouvrage est intéressant et permet bien de mieux comprendre ce pan d’histoire culturelle. Au-delà des noms évoqués et des passages cités de façon parfois aléatoire, on ne distingue toutefois pas de réelle analyse visant à ancrer le phénomène de l’humour politique dans le contexte plus large de la société québécoise. Les évènements majeurs des deux derniers siècles sont évidemment mentionnés, mais sans vraiment montrer leur incidence sur l’humour ou l’incidence de l’humour sur la société qui a vécu ces évènements. De façon similaire, de grandes figures de l’humour politique sont abordées (Émile Coderre, Olivier Asselin, Arthur Buies, Gratien Gélinas, Clémence Desrochers, Marc Favreau, Yvon Deschamps, les Cyniques, Rock et Belles Oreilles, les Zapartistes, etc.), mais ça prend la plupart du temps la forme de notices biographiques sans réelle substance et, surtout, sans liens entre elles et sans ancrage dans le contexte plus large. De plus, certains propos cités témoignent parfois de xénophobie et de racisme sans être expliqués ou analysés d’une manière qui permettrait de mettre en lumière un phénomène plus large. Les derniers chapitres du livre portant sur la période plus contemporaine sont aussi truffés de généralités et de perspectives subjectives.

Ça demeure un livre intéressant et pertinent, mais rempli d’occasions manquées, l’analyse offerte demeurant toujours en superficie.
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