«C'est pour obéir aux ordres du directeur de ma vie que j'ai écrit l'histoire de l'abbé de Rancé. Mon premier ouvrage a été fait à Londres en 1797, mon dernier à Paris en 1844. Entre ces deux dates, il n'y a pas moins de quarante-sept ans, trois fois l'espace que Tacite appelle une longue partie de la vie humaine. Le temps s'est écoulé, j'ai vu mourir Louis XVI et Bonaparte ; c'est une dérision que de vivre après cela. Que fais-je dans le monde ? Autrefois je barbouillai du papier avec mes filles, Atala, Blanca, Cymodocée, chimères qui ont été chercher ailleurs la jeunesse. On remarque des traits indécis dans le tableau du Déluge, dernier travail du Poussin : ces défauts du temps embellissent le chef-d'œuvre du grand peintre ; mais on ne m'excusera pas, je ne suis pas Poussin, je n'habite point au bord du Tibre, et j'ai un mauvais soleil.»
François-René, vicomte de Chateaubriand was a French writer, politician and diplomat. He is considered the founder of Romanticism in French literature.
He has also been mistakenly given the forename François-Auguste in an 1811 edition, but signed all his worked as just Chateaubriand or M. le vicomte de Chateaubriand.
Entre l'hagiographie, le tombeau et la biographie en trois livres dont le second est le moins bon. Rancé c'est le petit camarade de classe de Bossuet, seulement plus austère mais aussi plus brillant. Chateaubriand y intercale une flopée de lettres du siècle avec des correspondants illustres et les commente abondamment. Beaucoup d'admirateurs et de sa personne, peu d'imitateurs, une querelle avec Mabillon mais surtout le silence du cloître de Trappes, où défilement successivement les événements de la destinée illustre mais inconnue de Rancé. "Par Rancé le siècle de Louis XIV entra dans la solitude et la solitude s'établit au sein du monde"
Y'a aussi un passage sublime sur l'epistolaire petite divagation de Chateaubriand qui rappelle vraiment ce qui est dit dans le Fragment, Barthes ne s'est vraiment pas arrêté à la voyageuse de nuit...
Les vertus de Rancé otaient la force a tous ses ennemis...
De ses 37 ans de solitude je retiens Moriamur in simplicitate nostra
"Mój zawód wymaga, bym patrzył na siebie jak na pęknięty wazon, który nadaje sie tylko do tego, by go podeptać nogami, i prawdę mówiac, jeśli ludzie dobierają się do mnie od tych stron, gdzie nie jestem taki, za jakiego mnie maja, to są we mnie nieprawości, których nikt nie zna i o których nikt mi ani słowa nie mówi."
« Tel fut Rancé. Cette vie ne satisfait pas, il y manque le printemps : l’aubépine a été brisée lorsque ses bouquets commençaient à paraître. »
« Saint-Simon dit en s’interrompant : « Ces mémoires sont trop profanes pour rapporter rien ici d’une vie aussi sublimement sainte. Je m’arrête tout court : tout ce que je pourrais ajouter serait ici trop déplacé. » »
De même parut à la Trappe frère Benoît, gentilhomme plein d’esprit, qui avait passé ses premiers jours à ne point penser. Rancé, qui tirait parti de l’innocence comme du repentir, a écrit sa vie, de même qu’un jardinier fait une petite croix sur des paquets de graines pour étiqueter un parfum.
« Les hommes qui ont vieilli dans le désordre pensent que quand l'heure sera venue, ils pourront facilement renvoyer de jeunes grâces à leur destinée, comme on renvoie des esclaves. C'est une erreur; on ne se dégage pas à volonté des songes; on se débat douloureusement contre un chaos où le ciel et l'enfer, la haine et l'amour, indifférence et la passion se mêlent? dans une confusion effroyable. Vieux voyageur alors, assis sur la borne du chemin, Rancé eût compté les étoiles en ne se fiant à aucune, attendant l'aurore qui ne lui eût apporté que l'ennui du cœur et la disgrâce des années *. Aujourd'hui il n'y a plus rien de possible, car les chimères d'une existence active sont aussi démontrées que les chimères d'une existence désoccu-pée. Si le ciel eût mis au bras de Rancé les fantômes de sa jeunesse, il se fût tôt fatigué de marcher avec des Larves.
Né le 9 janvier 1626. seize ans après la mort d'Henri IV, mort en 1700, quinze ans avant la mort de Louis XIV, Rancé avait été soixante-quatorze ans sur la terre, dont il avait vécu trente-sept ans dans la solitude, pour expier les trente-sept qu'il avait passés dans le monde. »
En 1844, Chateaubriand ne le sait pas encore, mais 4 ans plus tard il expirera son dernier souffle au terme d’une vie complète rythmée par une carrière littéraire et politique dont l’héritage persiste jusqu’à nos jours.
Pour autant l’auteur est conscient de ce futur proche et « vie de Rancée » est le dernier livre qu’il écrira de sa vie en attendant la publication de ses mémoires posthumes.
Chateaubriand s’attelle à faire une biographie de Rancée, abbé de La Trappe. Sans entrent dans les détails du XVIIe dans lequel vit Rancée le parallèle avec le rouge et le noir de Stendhal est indéniable. Alors que Rancée est prêtre, il est un homme du monde : profite de l’amour, du faste et de la renommé de sa fonction. En somme il est un Julien Sorel attiré par le cursus honorum que représente le sacerdoce. Néanmoins, un tournant intervient à la mort de la femme qu’il aime, Madame de Montbazon, laquelle le pousse à embrasser la vie de moine : rigoureuse et discrète, aux antipodes de sa vie d’alors.
Je dois avouer que l’histoire de Rancée, elle même divisée en 3 livres ne m’a pas particulièrement captivée pour au moins trois raisons : D’abord le livre second est assez ennuyant par moment. Ensuite Chateaubriand mobilise de nombreux personnages du XVIIe pour la plupart connus (il faut tout de même avoir de solide base concernant le siècle de fer), mais aussi de nombreux nobles de l’époque moins connus du grand public obligeant à consulter les notes des bas de pages qui sont évidemment regroupées à la fin du livre. Enfin, parce que j’ai opéré une confusion entre l’intérêt historique et spirituel de la vie de Rancée. Le livre étant une biographie je m’attendais à découvrir une figure méconnue mais majeure de l’histoire de France (ce qu’il est à certains égards) en réalité, Rancée reste un personnage minoritaire dans l’histoire des idées politiques et religieuses. En réalité l’intérêt du livre se trouve dans le cheminement spirituel de Rancée qui montre comment celui-ci se détourne de la voie d’un Julien Sorel par exemple.
« C'est pour obéir aux ordres du directeur de ma vie que j'ai écrit l'histoire de l'abbé de Rancé. L'abbé Séguin me parlait souvent de ce travail, et j'y avais une répugnance naturelle. J'étudiai néanmoins; je lus, et c'est le résultat de ces lectures qui compose aujourd'hui la Vie de Rancé. Voilà tout ce que j'avais à dire. Mon premier ouvrage a été fait à Londres en 1797, mon dernier à Paris en 1844. Entre ces deux dates, il n'y a pas moins de quarante-sept ans, trois fois l'espace que Tacite appelle une longue partie de la vie humaine : « Quinde-cim annos, grande mortalis avi spatium. » Je ne serai lu de personne, excepté peut-être de quelques arrière-petites-nièces habituées aux contes de leur vieil oncle. Le temps s'est écoulé, j'ai vu mourir Louis XVI et Bonaparte; C'est une dérision que de vivre après cela. Que fais-je dans le monde? Il n'est pas bon d'y demeurer lorsque les cheveux ne descendent plus assez bas pour essuyer les larmes qui tombent des yeux. Autrefois je barbouillais du papier avec mes filles, Alala, Blanca ", Cymodocée, chimères qui ont été chercher ailleurs la jeunesse. On remarque des traits indécis dans le tableau du Déluge, dernier travail du Poussin : ces défauts du temps embellissent le chel-d'œuvre du grand peintre; mais on ne m'excusera pas. je ne suis pas Poussin, je n'habite point au bord du Tibre et j'ai un mauvais soleil *. Jadis j'ai pu m’imaginais l’histoire d'Amélie, maintenant je suis réduit à tracer celle de Rancé : j'ai changé d'ange en changeant d'années. »
Creo que es la biografía menos biográfica que he leído en mi vida.Eso sí,qué maravillosamente bien que escribía Chateaubriand. Creo que es un libro que contiene muchas joyas en forma de reflexiones del autor,que se toma todas las licencias posibles para moldear la supuesta biografía del reformador de la trapa en una especie de reinterpretación del monje trapense.Me ha gustado y quiero leer más cosas tanto del autor como del biografiado.