Catherine Chabot pousse le couple aux confins de ses limites pour mieux le questionner, en 2018 où l'on des nouvelles façons de s'aimer. « Elle » et « lui » incarnent la souffrance et la haine qui peuvent découler d'une volonté obstinée de vivre ensemble, par dépit, par nostalgie, ou un peu des deux. De la crise de jalousie à la réconciliation maladroite, les répliques crues des personnages qui cherchent à tâtons la portée de leur émotion, nous ramènent au désir naïf des êtres humains de vivre à deux, malgré le taux grandissant de séparations et de familles reconstituées. Le théâtre pose des questions et j'ai entrevu dans cette lecture celle-ci : pourquoi s'acharner à la monogamie, quand on se retrouve inévitablement à chercher la fougue des débuts, quand on sait que très peu d'entre nous s'aimeront encore, des décennies plus tard ?