Paris, an II. La France vibre sous le souffle de la Terreur. Jane, une jeune Anglaise cachée dans l'appartement d'aristocrates émigrés, Théodose, un moine qui a renié sa foi par peur de la guillotine, Marthe, la lingère de Marie-Antoinette emprisonnée au Temple, David, le fameux peintre et député de la Convention, ou encore une Normande du nom de Charlotte Corday, tout juste arrivée à Paris... Ils sont nombreux, ceux qui tournent autour du logis de la rue des Cordeliers où Marat, cloîtré, immergé dans des bains de soufre, traque les suspects hostiles aux idées de la République. Il ignore que certains d'entre eux souhaitent sa mort et qu'il ne lui reste plus que trois jours à vivre. Par cette fiction qui nous propulse dans le coeur battant de l'Histoire, Gwenaële Robert détruit l'image sublime et mensongère que David nous a laissée de son ami Marat. Du bout de sa plume, grâce à un dispositif romanesque et à un sens de la reconstitution impressionnants, elle gratte le vernis de la peinture pour révéler la réalité du monstre.
Un petit livre de 200 pages qui m'a littéralement transporté. J'ai été happée par les premières phrases et les pages se sont tournées toutes seules.
Ce petit livre est ambitieux, il traite d'un événement important qui est l'assassinat de Marat par Charlotte Couday. L'auteur nous emmène quelques jours avant le drame.
On suit divers personnages tous liés de près ou de loin à Marat. Il y a entre autres Jane une petite anglaise, Théodose un apostase, Marthe une lingère et bien sûr David le peintre, et Charlotte Coudray. Pendant ma lecture, j'ai vraiment eu l'impression d'être très proche des personnages, d'entendre leurs confidences, et de rentrer dans leur intimité. Chose qui pour le coup n'a pas eu lieu avec Marat..
L'auteure rend également très bien l'impression de confusion, de chaos, de peur de cette période de terreur tellement incertaine qui suit l'exécution de LouisXVI.
Bien sûr, on le devine facilement à la couverture, le fameux tableau de David tient également une place non négligeable et c'est passionnant! Je regarderai ce tableau dorénavant en ayant une pensée pour Jane, pour Théodose ou encore pour le petit Simon.
En dehors du fait qu'on apprend beaucoup de choses dans ce roman historique romancée, c'est un livre très émouvant qui évoque un évènement important de notre histoire et la lecture en est tellement fluide que cela en est déconcertant.
J'ai été happée par ce roman sur l'assassinat du sinistre Marat. On y suit divers personnages, hommes et femmes, dont certains ont réellement existé et d'autres pas mais qui auraient pu. Le roman s'étale sur une semaine du mois de thermidor (juillet) 1793, au pic de La Terreur. C'est une période que je connais peu et ce roman est une bonne introduction à ce sujet. Apprendre l'histoire en lisant des romans, rien de plus simple :-)
Mlle Alice, pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec Le Dernier Bain ? "J'aime beaucoup cette collection et j'avais même particulièrement apprécié Tu seras ma Beauté du même auteur. J'avais d'ailleurs eu la chance de la rencontrer cette année au salon du livre de Paris et j'attendais depuis avec beaucoup d'impatience cette histoire autour du meurtre de Marat."
Dites-nous en un peu plus sur son histoire... "Dans le Paris de l'an II, deux jours avant l'assassinat du citoyen Marat, et à l'approche des grandes commémorations du 14 juillet, l'ambiance est électrique et ceux qui rêvent d'écourter la vie de l'Ami du peuple sont nombreux."
Mais que s'est-il exactement passé entre vous? "J'ai adoré la forme que prend ce livre, proche du roman policier mais à la fois très original. Nous avons en effet une victime, que l'on ne plaint pas vraiment et que l'on finit même par avoir hâte de voir mourir nous-même, et différents personnages qui ont tous de très bonnes raisons de vouloir l'assassiner. Si nous ne connaissions pas déjà l'histoire, et donc le nom du meurtrier, le suspense serait insoutenable et je dois dire que, même comme cela, c'est très prenant. Pour autant, je trouve que ce n'est pas non plus exploité complètement puisque celle que l'on voit le moins finalement reste Charlotte Corday. Peut-être l'auteur n'a-t-elle pas voulu développer ce personnage pour rester au plus proche de ce que l'on sait vraiment mais à partir du moment où l'Histoire est romancée, j'ai vraiment trouvé dommage de se priver de toute une partie qui aurait pu être passionnante. En revanche, je tire mon chapeau pour cette ode aux femmes fortes, celles qui dans l'ombre ou dans la lumière, que l'on en soit conscient ou non, tiennent le destin de tous entre leurs mains gracieuses."
Et comment cela s'est-il fini? "C'était un peu rapide, un peu abrupt, comme la guillotine je suppose... Mais j'aurais bien aimé en savoir un peu plus sur le destin de chacun."
Prenant. Et très vivant ! Bien que court, ce roman nous projette dans le Paris de 1793, pendant les jours qui précèdent et qui suivent l'assassinat de Marat, le 13 juillet 1793. Une valse de personnages, fictifs ou ayant réellement existé, gravite autour de la rue des Cordeliers, où réside "l'ami du peuple". De profils divers, leurs motivations sont aussi variées. Même si nous connaissons déjà l'assassin, la tension monte au fil des pages, très bien amenée.
J'ai lu ici des critiques arguant que ce livre regorge d'erreurs historiques grossières, notamment à propos de l'utilisation du calendrier révolutionnaire qui aurait été mis en place en octobre. Je ne suis pas historienne, mais une simple recherche nous démontre qu'en effet le calendrier est utilisé à partir d'octobre... mais de l'année précédente, 1792, alors que le roman se déroule l'été suivant. Donc pas d'erreur, non ? On l'accuse aussi d'être pro-royaliste, en donnant une image touchante de Marie-Antoinette. Est-ce encore une tare en 2023 ? Pour ma part non, et j'imagine comme cette femme a effectivement du souffrir dans la prison du Temple, surtout quand on lui a enlevé son fils. Comme n'importe quelle femme.
J'ai beaucoup apprécié les pages dans lesquelles le peintre David pense à la création du tableau que tout le monde connait, et nous aide à le décoder.
C'était mon premier livre de Gwenaële Robert, ça ne sera pas le dernier !
É a historia do assasinato de Marat em 13/7/1793. Escrito com muita poesia. Descreve bem o personagem, l'Ami du Peuple, e do clima em Paris no ano II... Gostei muito do estilo e do pudor da escritora. Facil de ler: 200 paginas.
L'auteur, professeur de lettres, a soigné son écriture et on sent les efforts pour rendre une copie parfaite. Les courts chapitres, la valse des personnages nous emmène agréablement dans ces quelques jours de juillet 1793. J'ai vraiment bien aimé.
Livre naïf, sans imagination, mal documenté et avec une psychologie à la hache. A la limite du réactionnaire royaliste, dans la droite ligne de la légende maudite de Marat,. On n'apprend rien de plus à propos de Charlotte Corday à part ce qui se trouve sur Wikipédia.
The book did a good job of bringing alive Year II of the French revolution. Through the different characters we get a sense of life in Paris at the time. Well done.
Le dernier bain de Gwenaële Robert est un excellent roman historique sur l’assassinat de Jean-Paul Marat par Charlotte Corday en juillet 1793. La révolution française est alors en pleine phase de Terreur et les radicaux de la Montagne comme Marat encourage un climat de délation. Tout individu suspect est considéré comme un ennemi de la patrie et risque la guillotine. Charlotte, qui se situe politiquement du côté des Girondins plutôt que des Montagnards, n’a alors que vingt-quatre ans. Mais elle est déterminée à mettre un terme à la Terreur en éliminant Marat. Elle aurait dit, lors de son procès :
« J’ai tué un homme pour en sauver cent mille. »
Le contexte historique est intégré de manière très réussie dans le récit. Sans en faire trop, Robert distille ici et là de nombreux détails intéressants sur la vie quotidienne à Paris pendant la Terreur. On apprend par exemple que l’été 1793 est si chaud que la bière vient à manquer, ou encore que de nombreux écrivains publics étaient d’anciens moines, « reconvertis » de force suite à la dissolution des couvents et des abbayes. Le roman souligne également la grande influence alors exercée par Marat et le culte de la personnalité dont il fait l’objet :
« C’est surtout Marat, l’idole, qui excite l’imagination des commerçants. Son effigie est partout : ici sa tête est montée sur une bague, là son visage apparaît sur des tabatières. Les femmes le veulent à leur doigt, les hommes dans leurs poches. »
C’est sans aucun doute cette popularité, combinée à sa responsabilité directe dans la multiplication des exécutions, qui fait de Marat une cible de choix pour les opposants au régime. Car l’originalité du roman Le dernier bain est de suggérer que Marat aurait très bien pu être assassiné par quelqu’un d’autre, et que c’est un peu un hasard si c’est Charlotte Corday qui a finalement commis l’acte meurtrier. Jane l’anglaise, Théodose l’ancien prêtre… sont autant de personnages qui nourrissent eux-aussi une haine profonde à l’égard du révolutionnaire.
Robert choisit de ne pas s’attacher à un personnage en particulier et multiplie les points de vue. Au sein d’un même chapitre, on passe souvent du point de vue d’un personnage à un autre, mais toujours de manière fluide. Ce qui pourrait rendre l’identification du lecteur difficile est en réalité un atout car ce procédé d’écriture permet de donner une vraie consistance aux personnages, dont les destins finissent par se croiser.
En ce qui concerne Charlotte, elle serait aujourd’hui considérée comme une terroriste kamikaze. Elle sait très bien que son acte la condamne à la guillotine, mais elle se voit comme une martyre de la cause révolutionnaire et aspire à une gloire posthume :
« Il faut que la postérité retienne son nom. Elle veut que l’on écrive dans les récits qui forgeront sa légende : « Elle s’appelait Marie Anne Charlotte de Corday d’Armont. » »
Enfin, Le dernier bain est aussi l’occasion pour Robert d’évoquer la baignoire de Marat, conservée au Musée Grévin à Paris, et le fameux tableau de David, La Mort de Marat, peint en 1793, dont l’original est conservé aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles. Comme dans La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier, l’auteure s’amuse à imaginer les raisons derrière les choix esthétiques du peintre. Alors que David présente Marat comme un martyr, Charlotte n’est même pas représentée. Un choix délibéré, peut-être pour la condamner à l’oubli ? Une tentative bien vaine, comme en attestent les nombreux ouvrages qui sont aujourd’hui consacrés à la jeune femme, souvent présentée comme une véritable héroïne de la révolution. On lui a même consacré des poèmes et un opéra !