Dans Tout explose, Charles Quimper livre un premier recueil de poésie sous forme de détonateur, élaborant une poétique de l’implosion, mais aussi une méthode bien personnelle selon laquelle chaque poème devient un lieu de récolte, qu’il s’agisse de colliger débris, souvenirs, engrammes, traumas, catastrophes historiques ou imaginées. Tour à tour ancrés dans le désir d’aimer et la crainte de perdre, les textes de ce recueil se déploient entre réminiscence et projection, définis par les traces du passé, de la mémoire et de l'imaginaire.
Cet ouvrage poétique de Charles Quimper nous plonge au cœur de poèmes forts, concrets, d’une justesse troublante.
Né à Québec en 1977, Charles Quimper tenta d’abord de se faire pêcheur de homard avant de réaliser qu’il était atteint d’un mal de mer insurmontable. Il devint alors installateur de piscines hors terre et vendeur de fermetures éclair, avant de devenir libraire puis collaborateur à plusieurs revues et magazines. Marée montante est son premier roman, et Tout explose son premier recueil de poésie.
Magnifique recueil. Des lettres d’amour. Un hommage. Des micro-récits déchirants qui transpirent l’abandon, la résilience, un ode à ce qui aurait pu être. Des poèmes d’une sensibilité flamboyante, des mots de feu qui comblent une absence. Le père, cette écrasante figure.
«Marée montante» laissait déjà présager une âme de poète, et Quimper est de cette race d'auteurs qui chevauchent habilement la ligne entre poésie et prose, avec un naturel désarmant.
En hiver notre sang coule plus doucement ses globules se font moins intrépides ils s'agglutinent dans nos artères comme les glaces sur le fleuve. Ce n'est pas dramatique on s'endort plus tôt devant le téléjournal au fond des parcs publics dans les salles d'opéra.
Ton départ a été comme un coup d’ouvre-boîte en pleine gueule; tu as remonté le cours du Saint-Laurent et tu es allé te réinventer au grand complet dans un village à flanc de montagne, où tu te nourris de clintonies boréales et de neiges éternelles, où tu grattes les rebords du temps et chasses au slingshot avec des grosses billes en verre. (page 53)
Moi je vois comme un trou dans un demi sous-sol à Vanier le bruit de la charrue remblaie nos cataclysmes (page 57)
Tu es décembre fou torrent de givre tu me murmures des secrets lisses (page 84)
"J'affichais constamment des airs de vampire au chômage, des allures de clocher penché, un visage de naufrage. Ma maudite face de cimetière."
Pour avoir lu deux romans de l'auteur qui m'ont beaucoup touché, je n'ai pas hésité une seconde à repartir avec ce recueil de poésie quand je suis tombée dessus à la bibliothèque. Qu'il parle de deuil, de peine d'amour, de la mélancolie des bons souvenirs, des hivers québécois ou même du béton qui défigure la ville, ça me parle très fort.
Dans le sillon du bouleversant roman «Marée montante», Charles Quimper signe ici un poignant, touchant, délicat et lucide recueil de poésie où l’amour, la douleur de la perte et la mémoire des disparus s’entrecroisent au fil des chapitres et des variations de forme. D’une émouvante beauté.
Les vieillards en fauteuils roulants s'entassent sur les trottoirs. La tête rentrée dans les épaules ils se soustraient à l'hiver. Immobiles, statues de sel ils attendent la pluie.