Intriguée par ma lecture de La sorcière du château aux chardons, je me suis lancée dans la courte série de 4 tomes Goodnight, I Love You, de la même mangaka, et qui est sorti quelques années avant sa série sur les sorcières. J'y ai retrouvé son dessin proche du croquis, avec des lignes éparpillées, qui amène ce sentiment de liberté qui colle si bien à ses récits, et surtout à ses personnages blessés, souvent repliés sur eux-mêmes, mais en quête de compréhension et de paix. Et qui trouvent du sens à travers leurs rencontres et leurs expériences déstabilisantes.
Goodnight, I Love You m'a émue encore davantage que La sorcière. Proche du style suspense, le jeune adulte Ozora parcourt l'Europe, suivant les lettres que sa mère a expédiées juste avant son décès. À travers ses trajets, il la découvre autrement, non pas comme une maman, mais comme une femme qui a eu des amours, des erreurs, des passions. Et il se comprend de plus en plus lui-même, au point où il finit par mieux voir les autres non plus par leur fonction "un frère" "un père", etc. Mais comme des humains, avec leurs failles et leurs beautés.
C'est bouleversant, et magnifique. On s'attache beaucoup à Ozora (je m'inquiétais pour lui, parfois complètement perdu et désespéré), mais si les voyages peuvent mettre sur notre route beaucoup d'épreuves, on y rencontre aussi le beau de l'humanité, la générosité. Sans le vouloir, Ozora influencera aussi les gens autour de lui qui aspireront à suivre leur propre chemin, comme sa mère l'avait fait avant lui.
S'il y a une chose que montre ce manga, c'est que nous sommes construits et inspirés par nos rencontres, par les liens que l'on tisse, peu importe la durée du voyage. Un magnifique récit, très bien raconté.