Maude étouffe : son emploi de journaliste pigiste s’est immiscé dans toutes les sphères de sa vie. Entre les articles à finir, les reproches de sa blonde et les sirènes de la procrastination, elle tente de trouver un espace de liberté. Le coffre d’une voiture usinée au Japon et la porte d’un atelier de fabrication de lingerie en Inde, menant tous deux à son immeuble par des voies inexplicables, vont bouleverser sa vie et son rapport au monde.
Dans un texte parsemé d’humour et de surréalisme, Sarah Berthiaume met en scène une série de rencontres improbables qui nous amènent à interroger notre rôle dans un système qui transforme les humains en machines et les femmes en objets.
Issue de l’Option-Théâtre Lionel-Groulx, cuvée 2007, Sarah Berthiaume est comédienne, scénariste et auteure. Sa première pièce, Le déluge après, a reçu le prix de l’Égrégore 2006 et a été sélectionnée par la SACD pour être mise en lecture au festival d'Avignon 2007 avant d’être créée, en 2008, au théâtre de la Rubrique à Jonquière, puis, en version anglaise, à l’automne 2010, au Théâtre La Chapelle. La pièce était également à l’affiche du Canadian Stage de Toronto à l’hiver 2013 et sa traduction allemande a été mise lecture à Sarrebruck l’automne dernier, dans le cadre du festival d’écriture dramatique contemporaine Primeurs. Sarah est aussi l’auteure des pièces Disparitions (Dramaturgies en Dialogue 2009, Théâtre du Double signe de Sherbrooke 2012), Villes Mortes (salle Jean-Claude Germain du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui 2011, finaliste pour le prix Michel Tremblay 2011) P@ndora (production du Youtheatre, printemps 2012) et Les Orphelins de Madrid (production du Petit Théâtre du Nord, été 2012). Sa pièce Yukonstyle a été, au printemps 2013, montée simultanément au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui à Montréal et au Théâtre national de la Colline à Paris, avant d’être produite à Innsbruck, Heidelberg, Toronto et Bruxelles, et publiée aux éditions Théâtrales. Sarah est aussi scénariste pour l’émission Subito-Texto, à Télé-Québec. En tant que comédienne, on a pu la voir dans Martine à la plage, un solo que son complice Simon Boulerice a écrit pour elle. Elle est également de l’équipe du iShow, un spectacle performatif sur les médias sociaux qui a remporté le titre du meilleur spectacle aux prix de la critique saison 2012-2013 à Montréal.
Exploration intense de la phrase “The things we own end up owning us” de Chuck Palahniuk, Nyotaimori est une pièce qui explore le macro de notre relation aux objets. Sarah Berthiaume dessine les lignes d’abus et de soumission qui se tissent entre le consommateur et le producteur, entre la création et la possession. Sans être moralisatrice, la pièce arrive à nous faire comprendre que nous sommes tous connectés dans la globalisation et que la force du capitalisme est de nous faire oublier/ignorer cette relation que nous avons avec les gens qui produisent nos biens.
J’ai été hyper surpris de la sensibilité démontrée par l’autrice dans son approche du sujet. De règle générale, les œuvres artistiques anticapitaliste revêtent une teneur plus revendicatrice, plus contestatrice pour ne pas dire plus colérique. Dans le cas de Nyotaimori, l’ambiance est similaire à une noyade paisible, un abandon tragique. Je trouve que cette sensibilité est la véritable démonstration du talent incroyable de Sarah Berthiaume. C’est une pièce bien ficelée dont je suis content de posséder une copie, car je crois y retourner souvent.
Alors que je réfléchis beaucoup à mon rapport au travail dernièrement, cette pièce empruntée au hasard à la bibliothèque ne pouvait pas mieux tomber. Une pièce qui décortique la place du travail dans nos vies, certes, mais surtout à l’aliénation et à la présomption que nous devrions aimer notre travail pour qu’il en devienne une passion plus qu’une corvée - est-ce encore même possible? Le côté surréaliste des personnages qui apparaissent à des endroits improbables appuie l’aliénation de ces derniers et des lecteur.rices, sans aucun doute. J’ai beaucoup aimé ma lecture et je regrette de ne pas l’avoir vu naître sur scène!
« Moi, je continue de rien faire. Pis tranquillement, je deviens une œuvre d'art. Non. Même pas une œuvre d'art. Juste une table. Très très simplement. »
Pièce de théâtre qui fait réfléchir sur la place que devrait prendre le travail dans nos vies. Humour absurde, on sourit plus qu'on ne rit, parce qu'on réfléchit. Dans le contexte social actuel, où on parle de plus en plus de décroissance économique, c'est un texte pertinent. Et ça se lit très bien.
Lu dans le cadre du Club de Lecture : La Communauté du Signet - collab Librairie Raffin x Brasserie Mellön
Une œuvre vraiment intéressante et captivante qui me fait regretter de ne pas avoir assisté à la version théâtrale. C'est punché, original, drôle et déroutant, tout pour plaire et profiter au maximum du potentiel de ce médium.
Bien que j'ai aimé le tout en général, j'ai quand même certaine réserve sur le point de vue de l'autrice (ou du moins ce que j'en perçois). Pour moi, notre rapport avec les machines est conditionné par notre position sociale, c'est-à-dire qu'il sera nécessairement aliénant si nous sommes des travailleurs qui ne les possèdent pas et synonyme d'enrichissement et d'épanouissement s'ils nous appartiennent.
Dans l'œuvre de Berthiaume, on ne voit que le rapport des travailleurs avec les machines. Aucun de ses personnages ne personnifie le point de vue de ceux qui imposent à la vaste majorité des humains ce type de rapport avec les machines. C'est ce qui manque à sa pièce pour boucler la boucle et rendre compte de toutes les ramifications des liens sociaux transposés sur les machines. Par contre, alors que j'écris ces lignes, j'ai de la difficulté à m'imaginer comment y arriver. En effet, l'équilibre qu'elle a su créer entre les différentes trames narratives est tellement serré, et jouissif d'ailleurs, que l'ajout d'une autre trame ou d'un autre personnage pourrait faire déraillé le tout.
En bref, à lire absolument. Je ne suis qu'une chialeuse professionnelle.
On a l’idée de la chose, the limit is not in the sky, it’s in the mind, puis on touche la chose, hands on a hard body, puis à quelque part dans l’histoire, on devient la chose, nyotaimori. Je me suis laissée perdre comme Maude dans un monde chaotique qui nous fait croire que nous sommes en contrôle, pour n’être en vérité qu’objectivés dans un système capitaliste. Aussi loins les uns des autres, les personnages s’unissent dans leur épuisement du travail et leur sentiment de vide.
À lire si vous aimez les pièces critiques de la société déguisées en aventures surréalistes !
J’aurais dû être courageux Braver le toyotisme Faire un fuck you à la productivité Mais mon À la place J’obéi à l’usine Je fait taire mon instinct Et je me retrouve seul Misérable Avec mes petits gants Et mon dégout de moi Loin Très loin De la fille-voiture
Je ne lis pas du tout de pièces de théâtre, en dehors de ce que j'ai pu lire pour l'école. C'est mon copain qui devait la lire pour un devoir et après l'avoir aidé dans sa compréhension, je suis devenue curieuse à propos de l'histoire que nous propose la dramaturge. ¤ Maude étouffe : son emploi de journaliste pigiste s'est immiscé dans toutes les sphères de sa vie. Entre les articles à finir, les reproches de sa blonde et les sirènes de la procrastination, elle tente de trouver un espace de liberté. Le coffre d'une voiture usine au Japon et la porte d'un atelier de fabrication de lingerie en Inde, menant tous deux à son immeuble par des voies inexplicables, vont bouleverser sa vie et son rapport au monde. ¤ Dans cette œuvre, des thèmes d'actualité. J'ai été assez surprise et impressionné par la manière dont elle le fait. En utilisant l'humour et le surréalisme, elle interroge sur le rôle que l'on a dans un système qui nous demande de plus en plus de travail. Mais aussi, ce livre questionne sur la façon dont nous vivons nos vies. Travaillons-nous trop ? Est-ce qu'on nous en demande trop ? Comme si nous étions des machines à tout faire... La vie va de plus en plus vite et ça ressemble presque à du travail de la chaîne. Également, quelle est la place de la femme dans la société ? La femme ne deviendrait-elle pas de plus en plus un objet dans cette société majoritairement patriarcale ? Puis, à force d'avoir une trop grosse charge de travail, comment pouvons-nous faire la coupure entre le personnel et le professionnel ? Toutes ces interrogations, Sarah Berthiaume les pose à travers la vie actuelle de Maude, qui ne sait plus où donner de la tête. Le thème du burn-out est abordé de manière subtile. ¤ Je ne pensais qu'autant de réflexions allaient naître dans mon esprit pendant cette lecture. J'ai beaucoup apprécié parce que c'était assez criant de vérité, à mon sens.
Actuelle, cette pièce s’articule autour de la thématique des dérives du monde du travail et de l’épuisement professionnel. Par la mise en place de personnages issus de divers milieux et d’un habile jeu d’échos les reliant, la dramaturge nous entraine dans une critique sociale gorgée d’humour grinçant.
Surréaliste, la pièce n’en demeure pas moins très terre à terre dans son propos. Par contraste, j’en suis même venue à me demander ce qui s’avérait le plus déroutant dans cette histoire. En effet, l’apparition d’un portail permettant aux deux salariés asiatiques de modifier leurs destinées n’a d’égale que les conditions inhumaines de leur quotidien. Conditions plausibles qui existent au vu et au su de la communauté internationale. [...]
Desde que vi esta portada en la librería me llamó la atención. Gracias que existen proyectos que financian las traducciones porque lo pude leer en español. (:! Es una de esas lecturas que te atrapan, me parece un verdadero arte el cómo la autora te envuelve y te hace sentir esa desesperación que Maude tiene, me identifiqué mucho con ella. En tan poquitas páginas la autora toca temas muy interesantes desde los que se viven a nivel individual y en comunidad, humanidad, en este mundo capitalista. El capitalismo, el burnout, el machismo, la esclavitud moderna🤯. ¿Cómo estamos viviendo nuestras vidas? Los personajes hablan de cuantas horas trabajan a la semana y cuando les pagan; los invito a hacer este ejercicio con ustedes mismos. ¿Lo recomiendo? Sí, sí y sí. ¡Que ganas de verla en escena!
L’autrice nous plonge cette fois-ci dans une réflexion sur le travail et ses différentes formes d’aliénation, en passant des usines inhumaines aux travailleurs autonomes qui ne cessent jamais leur besogne, en passant par les tâches sans sens ou continues. Les personnage sont allumés, fâchés, fatigués, ils se rencontrent dans des lieux hors-temps et hors-espace, se comprennent et se mesurent. Encore une fois, Sarah Berthiaume ne déçoit pas avec cette pièce de théâtre. Pour une lecture de plus de cette autrice, voir ma publication sur Antioche.
Ce livre est une critique poignante du capitalisme et comment on est tous épuisés par nos rôles dans le marché du travail. Les métaphores et les extrapolations sont très ludiques et puissantes. J’ai adoré ce livre. Je vais chercher d’autres ouvrages de l’autrice, et, avec de la chance, voir la pièce jouée dans un théâtre 😄
Certains personnages m’ont beaucoup plus rejoint que d’autres. Entre autre l’homme qui colle sa langue sur la voiture pour la gagner.
Je ne sais pas si le mélange entre la fiction et le témoignage m’a plus tant que ça. Mais c’était une lecture divertissante et qui fait réfléchir sur l’absurdité que représente souvent le capitalisme.
Réflexion tellement nécessaire sur la production, la productivité et tout ce qui en découle de si laid. Et si être révolutionnaire, c'était juste... rien faire? J'ai vraiment aimé cette pièce!
Cela faisait un moment que je n'avais pas lu de théâtre : quelle découverte! Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre et j'ai maintenant l'envie dévorante de voir Nyotaimori sur scène un jour.