"Vas-y, mon bébé, roule-toi par terre…" (Ferenczi) Ce texte fondamental de Sandor Ferenczi, l’un de ses plus célèbres, date de 1932. Il est d’une saisissante modernité. Car en décrivant deux processus névrotiques essentiels chez l’enfant : l’identification à l’agresseur, la prématuration psychique face à la folie adulte et au "terrorisme de la souffrance", il explique une séduction liée aux pratiques violentes et passionnelles des parents face aux besoins de tendresse physique émanant des enfants.
Un texte majeur sur le traumatisme infantile et les violences faites à l’enfant d’une étonnante modernité. Ferenczi explore avec une grande finesse les effets psychiques de la confusion entre le monde de l’enfant et celui de l’adulte.
Ce qui le rend encore si frappant aujourd’hui, c’est qu’il ne traite pas seulement du traumatisme comme d’un événement extérieur, mais de ce qui se joue dans la relation : l’enfant cherche une relation de tendresse et de confiance, tandis que l’adulte peut y introduire un autre registre, notamment sexuel. Ferenczi montre alors les conséquences profondes de cette rupture de confiance : la sidération, la soumission, l’intériorisation de la faute et la fragmentation de l’expérience vécue.