Un coin entre mer et montagne. Une lande, longtemps après un désastre qui a laissé la terre exsangue et toxique. Ses rares habitants vivent les yeux tournés vers le ciel dans l’attente de la pluie, ou vers le sol où la mort les attend. La faute au Temps Vieux dont les traces subsistent encore sous forme de micro-organismes, qui devaient faire pousser le maïs plus vite et plus droit, et de monstres autonomes qui continuent à labourer une terre depuis longtemps désertée par leurs concepteurs. Heureusement, il y a Arsen, qui a gardé des souvenirs, un appétit d’avenir, et surtout un projet : forer le sol pour trouver de l’Eau potable sous la Malboire afin d’échapper au diktat de la pluie. Et il y a surtout Zizare, qu’Arsen a tiré de la Boue et recueilli, tout comme Mivoix, sa compagne. Il leur donne le goût de l’aventure et ne les retient pas lorsqu’ils partent, obnubilés par la rumeur d’un barrage derrière lequel se trouverait une immensité d’Eau...
Faire route avec Zizare, c’est entreprendre une quête d’un monde qui se fonde sur la quête des mots, c’est découvrir que géographie physique et géographie psychique se répondent, c’est entendre la leçon d’une fable écologique qui se conjugue pour le lecteur au futur antérieur.
Un roman post-apo qui se passe dans un monde où l'eau est empoisonnée et nommée la "Malboire" par les habitants de ce pays inconnu, où la rivière et les cours d'eaux sont devenus eaux boueuses et marais stagnants recouvrant peu à peu les terres. Dans les premiers chapitres, nous assistons à la naissance du héros, sa naissance en tant qu'adulte, car il est né de la boue, et sa conscience s'éveille alors qu'il se rend compte qu'il est en train de s'empoissonner. Il va ensuite rencontrer l'amitié, l'amour, la méfiance, l'espoir, la folie, la maladie, l’extrémisme religieux et l’extrémisme nihiliste. C'est un roman brillant, court mais très entraînant, bien écrit, que j'ai trouvé original et engagé, tout en étant subtil dans son propos militant. Il résonne bien sûr avec les combats écologiques et la prise de conscience que notre monde va peut être devenir un tas de boue... Une vraie réussite selon moi!
[Lu dans le cadre de la sélection du Prix Imaginales des Bibliothécaires pour les Imaginales d’Épinal]
Bon, c'est la deuxième fois que je lis du Camille Leboulanger, et c'est la deuxième fois que je ne suis pas emballé.
Je lui reconnais des qualités d'écriture, c'est même mieux que ma première expérience, mais décidément, ça ne prend pas. La faute à un rythme de récit mal géré, entre un démarrage lent, presque poussif, et un final que j'ai trouvé trop brusque, et du coup peu convaincant.
Le roman ne manque pourtant pas de bonnes idées, à commencer par son thème principal : la pollution de l'eau par l'agriculture industrielle. En effet, la Malboire, c'est le nom que donnent les gens à l'eau, qui est devenue impropre à la consommation.
La Terre (si c'est bien elle, le roman reste volontairement dans le vague), est donc polluée, mais a aussi été ravagée par un puissant raz-de-marée qui a englouti la plupart des terres, et mis fin à la société technologique.
Les survivants subsistent grâce à l'eau de pluie, et sont pour la plupart affectés de malformations ou de formes plus ou moins légères de crétinisme. Une Humanité frustre donc, superstitieuse (encore plus que maintenant je veux dire), et dont le niveau technologique est rudimentaire (plus d'électricité, aucune machine, même bio-mécanique...).
Dans ce contexte, nous allons suivre les pérégrinations de Zizare, un jeune homme qui a été sauvé de la boue par un vieil homme qui détient encore quelques reliquats des savoirs anciens (il a les plans d'une machine !).
Zizare est un ancien "mange-boue", une frange de la population abêtie qui marche sans discontinuer dans la boue (toxique) de la malboire, ne s'arrêtant ni pour boire, ni pour manger, ni pour rien en fait. Ils s'arrêtent pour mourir.
Un monde sale donc, désespéré (un peu désespérant aussi du coup), et dont le seul éclair d'espoir pour Zizare sera sa compagne, Mivoix.
Je ne vais évidemment pas m'appesantir sur le récit, mais comme déjà dit plus haut, s'il y a de bonnes idées dans ce roman, je trouve le rythme du récit trop lent. Si le but est d'embourber le lecteur dans la narration pour lui faire ressentir la lourdeur de ce monde boueux, mea culpa, l'effet est réussi, mais ça ne m'a pas emballé.
Après, je suis peut-être un peu dur. Il y a un vrai travail sur la langue dans ce roman, l'Humanité survivante ayant établie ses propres mots pour décrire son nouvel environnement. La Malboire, évidemment, mais aussi le Grand Clapot (pour la mer) ou les Batras pour les créatures Humainoïdes qui vivent dans les marais.
Je ne peux donc pas fondamentalement déconseiller ce titre, je pense vraiment ne pas être le bon public pour lui. Sans doute d'autres lui trouveront-ils plus d'attraits.
Malboire nous présente un monde dont la terre est désolée, où les cultures peinent à survivre, où les animaux tombent malades et où l’eau est une denrée plus que rare que seule la pluie peut apporter. Cette terre malade que le poison, appelé Malboire a envahi est le résultat d’une catastrophe écologique due à un épuisement des ressources de la part de ceux du Temps Ancien…: nous. Camille Leboulanger signe ici un roman d’anticipation glaçant d’un point de vue écologique. Il nous rappelle, par le biais de ce récit, combien les ressources naturelles sont précieuses et fragiles à la fois. L’histoire ne s’acharne cependant pas [...]
Camille Leboulanger nous offre avec Malboire un véritable hymne de lutte contre le massacre de la planète. On connait tous les enjeux si la prise de conscience ne se fait pas, il est même bien trop tard, dans Malboire on voit les conséquences de ceux qui polluent les eaux, empoisonnent la Terre (et empoisonnent nos descendances par la même occasion) et cela sans aucun scrupule. Alors oui, c’est une histoire qui fait peur, qui montre du doigt, qui dénonce, et c’est bien.
Le récit a beau être engagé, il est écrit de manière fort belle, avec une lenteur agréable, une douce langueur. Un premier contact avec Camille Leboulanger réussi pour ma part.
Le point où j’ai eu le plus de mal, c’est avec le personnage principal, non pas qu’il soit désagréable, mais un peu limité dans sa tête, assez spécial, enfin je l’ai ressenti comme ça, pour les autres, notamment sa compagne et le vieil homme ils sont excellents, c’est d’autant plus frustrant d’avoir un personnage principal un peu étrange.
Visuellement c’est intéressant, des paysages post-apocalyptiques désolés, des ruines de notre époque mais qui pour les protagonistes paraissent très anciennes et mystérieuses et une profusion de crasse, de puanteur, de vase et de débris, de quoi être dépaysé.
Un roman post-apocalyptique sur le thème de l'eau, qui nous propose de suivre des personnages qui ignorent tout ou presque de la responsabilité des humains les ayant précédés. Saisissant et glaçant, une belle réussite, portée par une écriture poétique.
Le roman est qualifié de fable post-apocalyptique écologique, et c’est vraiment la meilleure description qu’on peut en faire. C’est un très joli roman, avec une écriture poétique qui fait à la fois prendre conscience de dégâts irréparable que l’Homme cause à la Terre, mais qui est également parfois plein d’espoir.
Dans un monde où l’eau potable a disparu (on n’y trouve que de l’eau impropre à la consommation, la « Malboire » du titre), recouvert d’une boue toxique, des personnes, presque plus humaines, marchent dans la boue sans jamais s’arrêter. Notre héros s’éveille au milieu d’eux, reprenant conscience du monde et de lui-même. Innocent comme un enfant, par ses yeux, on découvre son monde lugubre et on grandit.
J’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire (on est, comme le narrateur, posé, désorienté au milieu d’un monde qu’on ne connaît pas, complètement perdu) Mais je me suis attachée au narrateur et à l’histoire petit à petit, et j’ai vraiment été touchée par certains passages pleins de poésie, par d’autre très imagés que j’ai trouvé très réussis, et par l’écriture de l’auteur qui m’a vraiment charmée. Le livre fait évidemment écho à l’actualité environnementale, et le fait avec intelligence et classe. Le rythme est assez lent et l’action peu présente, mais la poésie est là. Un très chouette livre.
Un autre des finalistes du PIB 2019. Un autre presque coup de cœur.
J'ai adoré le postulat de base, une terre ravagée par l'activité humaine et la découverte de quelque grappe d'hommes qui tentent encore d'y survivre. À grand renfort de :
Ce récit, qui penche plutôt du côté SF des littératures de l'imaginaire, n'offre pas de vaisseau spatial ni d'extra-terrestre, mais des machines d'un "ancien monde" aussi mystérieuses pour le lecteur que pour les protagonistes, bien qu'on puisse deviner la nature de certaines au fil des descriptions, ce qui aide au développement d'une certaine pitié pleine de tendresse pour Zizare qui nous raconte son histoire.
Des années après, Zizare nous raconte donc son épopée pour trouver de l'eau en quantité suffisante pour laver la Malboire (le seul liquide qui semble être intarissable là où il vit) et assurer la survie de tous, qu'il s'agisse de habitants de Wassingue, des Manges-Terre, des Planches à Mort (une sorte de secte de surfeurs qui m'a beaucoup fait rire puis rager), des Grandes-Jambes ou des Zizare, Mivoix et Arsen. Au fur et à mesure du périple de Zizare ou rencontre chacun de ces groupes qu'on a plaisir à découvrir malgré leurs défauts.
Les quelques personnages que l'on suit restent relativement peu approfondis, au même titre que le pourquoi du comment de presque tout. Mais ça me va. La plume est d'une telle beauté que je l'aurai lue rien que pour la lire. Et puis j'exagère, certains personnages sont profonds mais Camille Leboulanger est avare de ses mots et nous laisse nous charger de donner une profondeur à chacun de ses personnages. Même si je me suis identifié à Zizare (notamment dans son besoin viscérale de sauver le monde), moi c'est Mivoix que j'ai le plus approfondis. J'étais conquise dès sa description, elle est rousse et elle est à part... mais en plus elle est tenace et intelligente. Bref c'est la Hermione de Zizare. Sauf qu'elle parle moins. Et ya pas de Ron à l'horizon.
En revanche, j'ai eu un petit problème de rythme : très lent au début, pour finalement aller si vite sur la fin qu'elle m'en a parut baclée.
Cela dit, je ressort de cette lecture heureuse. Peut-être car elle dénonce nos pratiques de surconsommation et de maltraitance de l'environnement et le non partage de denrées rare pourtant présentes en quantité suffisantes pour une répartition équitable.
--------------------EN GROS---------------------
CE LIVRE EST POUR TOI SI: tu aimes te laisser portant par la langue tu aimes reconstituer l'histoire par toi même à partir d'indices tu aimes la connivence auteur/lecteur au dépit des protagoniste tu t'intéresses un peu à l'état environnemental et social du monde
CE LIVRE N'EST PAS POUR TOI SI tu as besoin d'un rythme soutenu du début à la fin tu aimes avoir tous les détails tu aimes avoir la confirmation claire de ce que tu as cru comprendre tu n'aimes que la SF type space ou planet opera