Elle a douze ans et autant de cabanes sur la câliboire de calvasse de câlasse de câlique de caltor de ferme, qu’elle a pourtant aimée plus que tout, sur les lignes de trappe, dans les traversées sinueuses où elle apprenait à marcher dans le noir, à dompter les pas inquiets, à habiter l’indépassable campagne.
Pour Marie-Hélène Voyer, chaque lieu est une manière d’être, une manière de dire – ou de taire. À travers un pays que l’on ne construit qu’en vivant, elle propose une formidable cavale poétique tout en épivardages, élancements, voyagements, enfargements et effarouchements. La voix ruse, se densifie, se transforme et s’adapte ; glisse la langue de l’enfance. Sur le mode de l’oscillation apparaissent une ruralité québécoise fascinante et angoissante, une urbanité creuse et décevante, et, ultimement, une boréalité salutaire.
Je ne sais pas pourquoi, mais j’aurais aimer lire ce livre en voiture, bien installé sur le siège passager, et regarder défiler la campagne et les paysages autours de moi 🤷🏻♀️
J’enlève une étoile parce que la poésie et moi ça fera toujours deux et je crois que je n’en saisirai jamais toutes les subtilités...J’ai beau me forcer, je n’arrive pas à être émerveillée par la poésie. Mais c’est sûrement à force de lire des recueils comme celui-ci que je finirai par aimer ça! C’était beau, c’est tout ce que j’arrive à dire.
Lu pour le Pumpkin Autumn Challenge 2018 dans la catégorie « la feuille d’automne emportée par le vent, en rondes monotones, tombant, tourbillonnant ».
Quelle belle sensibilité que cette lecture qui nous amène dans le mouvement des odeurs, dans le toucher de la terre, dans les images qui se dessinent au travers des corps 😍
À la fois lucide, fantaisiste, moderne et urbaine (même si le propos ne l’est pas toujours), la poésie de Marie-Hélène Voyer se savoure (et re-savoure) à petite dose. Bien y goûter et laisser les papilles travailler.
PIC À CLOVIS Dans la boucane précise des tisons opaques la nuit éponge nos plaintes déguisées comme si dans un terrain vague en feu la nuit, l'amour veillait.
HORS CADASTRE Je te vois, tu approches. Les grands pylônes intermittents s'abreuvent de tes nuées humides, tracent des nappes flottantes dans la pâleur insistante de tes doutes.
J’ai eu la chance d’étudier à l’université avec l’autrice. J’étais donc curieuse de découvrir son œuvre. C’est très déstabilisant. Je ne sais pas trop comment la qualifier. Elle dit la monotonie, l’ennui, la banalité. Elle semble décrire une forme de claustrophobie face à certains espaces campagnards. S’il faut prendre des distances entre un livre et la personne qui l’a écrit, je découvre tout de même Marie-Hélène sous un autre jour. Décidément, des textes qui dérangent, pour le bien.
"Quel peut bien être le poids de toute une ville qui rêve?"
"En ville le ciel n'est jamais noir comme chez le loup."
Limoilou "Les rues nous envoient des signes sauvages une odeur de lac immobile il a neigé."
Centre Vidéotron "Tu te demandes combien de foin et d'ensilage, combien de cordes de bois, combien de mulots, combien de carcasses de génisses chauffées au soleil, combien de fumier gras, combien de poules sans tête, combien de nuées de mouches pour remplir entièrement cette auge blanche et creuses, ce hangar d'échos immaculés."
Dans ce recueil, Marie-Hélène Voyer nous entraîne dans ses épivardages et ses voyagements, et nous fait visiter les lieux qui ont forgé son imaginaire. De la ferme familiale où elle a grandi jusqu'au quartier Limoilou, elle trace la topographie de son enfance et de ses errances.
Elle raconte sa jeunesse à la campagne comme on raconte la guerre. Loin d'être idéalisée, l'enfance y est dangereuse et violente. La vie à la ferme est exigeante et laborieuse. La nature y est belle, fascinante, mais dure et impitoyable. La vie rurale est également paradoxale : les grands espaces nous enferment, parce qu'on n'en voit jamais le bout; et par trop de liberté, les enfants, laissés à eux-mêmes, ne savent plus quoi faire de leur temps.
Les descriptions de la ville, dépeinte comme un endroit stérile où les mots sont creux, ne sont pas glorieuse. Il en va de même pour la banlieue, inerte et engourdie. Mais même à la ville, les mots et les images de l'enfance resurgissent constamment : les souvenirs de la campagne s'insinuent à travers les craques du béton.
Dans la dernière partie du recueil, l'autrice nous incite à prendre la fuite, à quitter les sentiers balisés, à nous ensauvager. Elle nous invite à partir sur les routes, à nous gaver de paysages, à abattre toutes les barrières, à parcourir le territoire québécois et à nous le réapproprier pour faire nôtre notre pays.
J'ai été impressionnée par la force des mots et la justesse des images. Les poèmes de Marie-Hélène Voyer nous apprennent que les lieux qu'on habite finissent par nous habiter à leur tour.
4.5 M'a rapporté à beaucoup de souvenirs d'enfance.
Un autre point de vue sur la jeune fille vivant à la campagne et qui déménage à la ville. Toutefois, cette fois, je dirais avec quelques idées différentes. J'ai beaucoup aimé la peur et le danger de l'enfance, ainsi que le choix de Québec plutôt que Montréal à l'exil, ce qui représente le choix de beaucoup de gens dont, on a l'impression, on ne parle presque jamais.
J’avais entendu quelques uns des poèmes de ce recueil dans une soirée littéraire bien avant de connaitre l’autrice ! Bien content de ma première lecture de Marie-Hélène Voyer, certainement pas ma dernière.
Au départ j’adorais, puis plus je lisais moins j’aimais, puis à nouveau j’aimais énormément? Je me sentais comme une voiture qui monte et qui descends des routes de campagne, puis le recueil me servait de ciel gris, de mélancolie sans pluie. 🌬️
de toute beauté, l’étoile en moins n’est que personnel. Je suis toujours sur le projet d’apprendre à aimer la poésie à sa juste valeur. Marie-Hélène aide certainement à ma cause avec ce recueil.
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il y avait trop de descriptions de lieux. Je connaissais pas l’endroit décrit dans le livre, donc j’avais pas d’attachements et de nostalgie face aux lieux décrits.