Pierre de Fermat est une figure singulière de l’histoire de la science par ses façons très personnelles de communiquer, ce magistrat que sa profession avait anobli – d’où le nom Pierre de Fermat – consacra aux mathématiques la plupart de ses loisirs. « Amateur » pour certains, Fermat correspondit pourtant avec les plus grands savants de son temps, de Mersenne à Pascal, en passant par Galilée, Descartes et Wallis. On lui doit des contributions déterminantes dans des domaines aussi divers que le calcul algébrique et la géométrie analytique, la théorie débutante des probabilités, le calcul différentiel, l’optique et, bien sûr, la théorie des nombres avec son « dernier théorème », qui sera l’une des dernières énigmes de notre temps. La conjecture, si facile à énoncer, et finalement résolue en 1994 par le mathématicien anglais Andrew Wiles, tint en haleine les plus grands scientifiques pendant 356 ans ! Elle ne pouvait être résolue à l’époque de Fermat, car elle résultait de tout un ensemble de théories mathématiques de la fin du XXe siècle. C’est sans doute bien à l’image de Fermat, qui prépara les mathématiques classiques tout en prétendant rester fidèle au modèle grec.