Maxime Olivier Moutier revisite son enfance à la lumière de celui qu’il est devenu, ou aurait pu devenir. Il y a la fois où il a failli faire un spectacle à la télé sur l’air de Goldorak chanté par Nathalie Simard. La fois où il a craint de perdre ses dents et de devoir porter un dentier à vie. Mais surtout, il y a Debbie. Debbie, la gardienne masturbatrice. Il y avait eu déjà dans la vie du futur écrivain Georgette et madame Sarasin, pensionnaires hirsutes au sous-sol de la maison familiale, preuve par A plus B que la vie ne fait pas de cadeau. Puis, soudain, retournement de situation. L’auteur avance: «Après toutes ces confessions, il est peut-être temps de dire enfin la vérité». La vérité, vraiment?Maxime Olivier Moutier se prête au jeu des souvenirs avec un sourire en coin et un admirable sens de l’exagération. Mais il y a aussi de la colère qui pointe, une colère qui ne décolère pas. Et une sensibilité qui ne dit pas son nom. Il y a, par-dessous tout, une infinité de questions sur les fondements de notre identité au regard de l’enfance.
Écrivain et psychanalyste, Maxime Olivier Moutier n’a jamais eu l’habitude de faire dans la dentelle. Né à Montréal Nord au sein de la communauté italienne, il fait encore aujourd’hui partie de ceux qui savent et nous rappellent que nous vivons dans un monde de fous. Il tente de faire sa part lorsqu’il s’agit d’en alléger les douleurs.
Vous connaissez le jeu deux mensonges une vérité? C’est ce que j’avais l’impression de lire avec ce roman d’autofiction. L’auteur nous propose des souvenirs d’enfance farfelus et émouvants. Chaque fois, on se demande la part de vérité et la part de mensonge. Une lecture franchement intéressante!
Je n'ai pas compris la démarche. Je ne sais quels éléments relèvent du mensonge et quels autres relèvent de l'autobiographie mais le tout reste confus. J'ai trouvé que pour un psychanalyste, la psychologie des personnages manquait de contexte et d'approfondissement. J'ai été particulièrement troublée par la 3e partie qui traitait fort maladroitement de transsexualité. Ce n'est pas une lecture que je recommanderais aux ami.e.s trans car je crois que ce dernier chapitre est un trigger en lui-même. On y suit la transition du père pour être conforme à son identité de genre féminine et le personnage principal ne cesse de mégenrer le personnage du père jusqu'à ce qu'il ne se décide à parler de sa mère. On ne sait pas si c'est un procédé littéraire qui veut rendre compte de l'acceptation qui puisse arriver soudainement ou si ça tient simplement d'un manque de connaissance du sujet mais il n'y avait rien de clair et c'était surtout malaisant. On effleurera aussi le cycle de violence conjugale sans creuser un minimum sur les facteurs de vulnérabilité en cause ni quant aux impacts psychologiques. Comme T.S., je suis consciente de lire ces passages avec un autre regard et des attentes différentes du commun des lecteurs mais venant d'un psychanalyste, j'ai trouvé que le rendu était assez faible. Bref.
L’auteur revisite son enfance à travers trois récits. On nous avise dès le début du livre qu’il peut y avoir une part d’invention...ou non.
Les trois histoires sont plutôt troublantes et m’ont laissé sur ma faim. J’aurais aimé savoir ce qui est arrivé des personnages et quelle part du récit est fausse ou exagérée. C’est surtout ce point qui m’a agacé : ne pas savoir ce que l’auteur a réellement vécu. J’aurais aimé qu’il fasse preuve de transparence. Sinon la lecture se faisait très bien : c’était fluide.