1983. La disparition d’une fillette dans un petit village. L’implantation dans la région d’un parc à thèmes inspiré d’un jeu de rôles sombre et addictif, au succès phénoménal. L’immersion de trois adolescents dans cet Empire des chimères qui semble brouiller dans leurs esprits la frontière entre fiction et «vraie vie»… Tragédie locale, bouleversement global et mondes alternatifs, Empire des chimères nous entraîne dans un labyrinthe vertigineux dont les ramifications finissent par se rejoindre… au cœur de tous les possibles.
Ce roman est un roman clivant : ou bien vous allez l'adorer ou bien vous allez le trouver mauvais. D'ailleurs les notations sur les sites marchands ou les critiques sur les blogs reflètent bien ce point. Cela vient essentiellement de la lenteur du roman : si les personnages sont bien construits et en peu de détails révèlent bien leur physique, leur caractère et leur passé. Mais les personnages seuls ne font pas d'un livre un bon roman.
Si l'idée de départ est originale et rapidement posée dans l'histoire, elle ne s'étoffe pas au fil de pages. Si l'auteur charme bien son lecteur au point où celui n'a qu'une envie d'en savoir plus, la déception de ce dernier ne fait que croître car rien ne se passe, rien n'évolue, et les liens entre ces univers parallèles sont si ténus qu'au final il est en droit de se demander si finalement il n'y a pas deux histoires indépendants dans ce livre. Si l'auteur voulait "brouiller dans leurs esprits la frontière entre fiction et «vraie vie»" comme l'annonce la quatrième de couverture, cela est réussi mais on en saisit pas l'intérêt.
Quand au style, il faut bien l'avouer, il est lourd. Certaines phrases font leur poids au point où parfois elles en deviennent incompréhensibles et obligent le lecteur à revenir en ailleurs (quand il en a le courage). Même un lecteur rapide comme moi se verra englué dans le récit à l'image des personnages du roman dans leur petit village.
Quelques points positifs tout de même.
La lenteur du roman aura un effet soporifique sur votre lecture, les presque 700 pages passent lentement, le roman vous fera du profit. Usé comme le personnage du roman avec qui je partage le même prénom, après plus de 15 jours j'ai décidé de passer à la vitesse supérieure pour terminer les 100 dernières pages en recourant à la lecture rapide . et je crois ne pas avoir raté grand chose.
Et puis le vocabulaire. Si le style est le cours, la phrase est riche, riche de mots inhabituels qui feront progresser votre vocabulaire si tant est que le dictionnaire qui est prêt de vous les connaissent (ce qui n'est pas le cas du dictionnaire fourni sur les liseuses Kobo).
Entre polar, uchronie et récit fantastique... Un petit village près de Marne la Vallée à l'époque de Mitterrand et de Reagan mais dans un monde où Walt Disney et Mickey Mouse n'ont jamais existé. A la place un certain Sid Lawney et Annibal le furet. Les entreprises Lawney envisagent de créer un parc d'attraction en France, dans le coin du petit village en question... Les années 80, c'est aussi les années jeu de rôles. Et celui des entreprises Lawney, Empire des Chimères, est vraiment très très immersif... Très. A cela ajoutez d'autres personnages : un pique-prune, le champignon achronalis anomalia, un livre d'urbanisme, et une boite noire avec sur le couvercle une corneille renversée sur le dos... Comme dans les films de David Lynch, on n'est pas sûrs d'avoir réussi à rattacher tous les fils.
Totalement sans queue ni tête, style pompeux pour déguiser une intrigue débile en truc soit disant élaboré, personnages qui partent ds tous les sens, aspects fantastiques ridicules, c est vraiment très très mauvais.
Une excellente histoire, qui sait prendre son temps, prendre plusieurs directions et suivre différentes voies, des personnages intéressants, plusieurs intrigues, un style fort. un roman qui se lit très vite.