Bonjour,
Livre décrivant les disparités de classe dans la France contemporaine. Etant un fidèle auditeur de France culture, je connais déjà les problématiques de la France périphérique, des anywhere vs somewhere, de urbains mondialisés vs les ruraux contraints. Le thème du déclassement est assez présent dans les médias tout cela est bien connu.
Maintenant, ce livre après avoir rappelé les bases permet de réfléchir sur quelques sujets.
Les urbains modialisés votent majoritairement pour Macron et se servent d'une autorité morale anti-raciste bienveillante pour critiquer les pauvres votant FN sous couvert de racisme. Or, les élites sont les premières à vivre dans des quartiers chers loin des populations immigrés et ont des mécanismes d'évitement (option latin, collège privé). Ces mécanismes d'évitement sont du racisme déguisé.
Les classes populaires n'ont aucun moyen de sortir de leur classe ou presque. Une fois les études ratées ou partiellement réussies (ouvriers, enseignants, infirmiers, personnels de la logistique, employés....) ont très peu de moyen d'ascension sociale. Beaucoup, aigris se referment sur leur sphère culturelle (le milieu local, les traditions, la famille proche). Ainsi l'arrivée d'immigrés qui se concentrent sur un quartier en particulier les stresse car ils ont peur d'une relégation sociale (déjà subie) et culturelle (à venir). D'où l'augmentation du vote FN, Zemmour... Chaque vague migratoire fuit enfin la suivante que ce soit les italiens, les portugais, les magrébins, les subsahariens... Une fois un quartier ciblé par la nouvelle vague d'immigration, les derniers arrivés fuient avec le patrimoine accumulé de peur de se sentir plus tard minoritaire dans le quartier, que son bien immobilier perde de la valeur, que ses enfants se retrouvent avec en classe des enfants d'immigrés encore plus démunis qu'eux.
Certains bobos de gauche bien pensants (électorat Mélenchon) donnent aux riches et aux pauvres (électorat Zemmour, FN) des leçons de morale contre productives dans un but caché : séduire l'électorat immigré, les LGBT, les gauchistes mondialisants, les jeunes écolos révoltés anti capitalistes. L'auteur souligne que les quartiers préférés de ces bobos sont les quartiers de l'est parisien et note que le prix du m2 y est de 7200€ (loin des 15000€ du XVIème mais tout de même). On est loin des quartiers populaires du 93. Etre pauvre à Paris c'est être riche pour le commun des mortels.
Autre apprentissage : l'inaudibilité des politiques. Les français sont à ce point peu intéressés par la politique qu'ils ne prêtent même pas attention aux éléments de langage. Avant, ils en riaient ou s'en moquaient cependant le niveau de défiance est tel qu'ils ne les écoutent même plus. Aucune promesse politique des élites n'est prise en compte tant ils sont considérés hors-sol. Cela génère une fragmentation de la société entre les élites et la classe populaire, chacun s'ignorant, ne cherchant même plus à se comprendre.