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Le trauma colonial

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Psychanalyste, Karima Lazali a mené une singulière enquête sur ce que la colonisation française a fait à la société algérienne, enquête dont elle restitue les résultats dans ce livre étonnant. Car elle a constaté chez ses patient.e.s des troubles dont rend mal compte la théorie psychanalytique. Et que seuls les effets profonds du "trauma colonial" permettent de comprendre : plus d'un demi-siècle après l'indépendance, les subjectivités continuent à se débattre dans des blancs de mémoire et de parole, en Algérie comme en France. Elle montre ce que ces "blancs" doivent à l'extrême violence de la colonisation : exterminations de masse dont la mémoire enfouie n'a jamais disparu, falsifications des généalogies à la fin du XIXe siècle, sentiment massif que les individus sont réduits à des corps sans nom... La "colonialité" fut une machine à produire des effacements mémoriels allant jusqu'à falsifier le sens de l'histoire. Et en cherchant à détruire l'univers symbolique de l'"indigène", elle a notamment mis à mal la fonction paternelle : "Leurs colonisateurs ont changé les Algériens en fils de personne" (Mohammed Dib). Mais cet impossible à refouler ressurgit inlassablement. Et c'est l'une des clés, explique l'auteure, de la permanence du "fratricide" dans l'espace politique algérien : les fils frappés d'illégitimité mènent entre frères une guerre terrible, comme l'illustrent le conflit tragique FLN/ MNA lors de la guerre d'indépendance ou la guerre intérieure des années 1990, qui fut aussi une terreur d'Etat. Une démonstration impressionnante, où l'analyse clinique est constamment étayée par les travaux d'historiens, par les études d'acteurs engagés (comme Frantz Fanon) et, surtout, par une relecture novatrice des oeuvres d'écrivains algériens de langue française (Kateb Yacine, Mohammed Dib, Nabile Farès, Mouloud Mammeri...).

282 pages, ebook

Published September 13, 2018

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Karima Lazali

6 books2 followers

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Displaying 1 - 2 of 2 reviews
Profile Image for anxis 🧝🏻‍♀️.
74 reviews1 follower
December 28, 2025
J’ai commencé ce livre il y a quelques mois mais certains passages étaient un peu lourds et difficiles à lire, donc j’ai préféré faire une pause. J’ai enfin fini ce livre dont je mets la note bien méritée de 4/5.
Dans « Le trauma colonial », Karima Lazali aborde les conséquences de la colonisation sur les sociétés et les peuples concernés, ici en se consacrant à la colonisation française en Algérie (1830-1962). Ce livre montre comment la violence coloniale ne s’est pas arrêtée avec la fin de la colonisation, mais continue d’agir encore aujourd’hui à travers les non-dits, à travers le silence des anciens colonisés, et les difficultés à se réapproprier une histoire collective, qui a été souvent effacée ou réécrite par les colons.
Elle met bien en lumière l’impact de la colonisation sur les rapports à la langue, à l’autorité, à la mémoire et à la violence. Elle montre aussi que le traumatisme colonial peut se transmettre de génération en génération, souvent de manière inconsciente, et ce trauma a des impacts psychologiques évidents constatés notamment par le psychiatre Frantz Fanon, lors de son engagement en Algérie dans les années 50. Il disait lui même :
« La première chose que l’indigène apprend, c’est à rester à sa place, à ne pas dépasser les limites ; c’est pourquoi les rêves de l’indigène sont des rêves musculaires, des rêves d’action, des rêves agressifs. Je rêve que je saute, que je nage, que je cours, que je grimpe. Je rêve que j'éclate de rire, que je franchis le fleuve d’une enjambée, que je suis poursuivi par une meute de voitures qui ne me rattrapent jamais. »
L’autrice explique également que certains individus colonisés exposés à ce type de stress constant peuvent être plus vulnérables à certaines maladies, y compris des maladies auto-immunes, où le corps s’attaque lui-même.
En bref, c’est un ouvrage très intéressant et je pense très important à lire, s’appuyant sur plusieurs sources historiques et écrits de psychiatres et psychanalystes.
Je terminerai cette review en disant qu’en Algérie, on parle toujours aujourd’hui de « guerre de libération » ou de « révolution » (tawra, en arabe) puisque c’était avant tout la lutte d’un peuple souhaitant retrouver sa dignité, sa liberté et sa terre.
Voilàaa review longue mais que j’ai adoré écrire <3
Profile Image for A YOGAM.
1,944 reviews6 followers
December 30, 2025
Das koloniale Trauma als psychische Erblast
Karima Lazali: „Le trauma colonial“
In ihrer eindringlichen Untersuchung „Le trauma colonial“ unternimmt die Psychoanalytikerin Karima Lazali eine klinisch fundierte Spurensuche nach den psychischen Verheerungen, welche die französische Kolonialherrschaft in der algerischen Gesellschaft hinterlassen hat. Lazali zeigt, dass individuelle wie kollektive Störungen selbst ein halbes Jahrhundert nach der Unabhängigkeit untrennbar mit den „weißen Flecken“ in Gedächtnis, Sprache und Symbolik verbunden sind – Leerstellen, die durch Massengewalt, Extermination und die systematische Zerstörung des symbolischen Universums der Kolonisierten entstanden.
Besonders eindrucksvoll arbeitet die Autorin heraus, wie die koloniale Maschinerie durch die Fälschung von Genealogien und die Entrechtung familiärer Ordnungen gezielt die väterliche Funktion untergrub. Die koloniale Gewalt produzierte so, in den Worten Mohammed Dibs, „Söhne von niemandem“: Subjekte ohne symbolische Herkunft, ohne legitimierende Einbettung in eine genealogische Ordnung.
Dieses verdrängte Trauma, so Lazalis zentrale These, kehrt nicht nur im individuellen Leiden wieder, sondern bricht sich im politischen Raum Bahn. Es liefert den Schlüssel zum Verständnis der Persistenz des „Brudermords“ in Algerien – von den mörderischen Auseinandersetzungen zwischen FLN und MNA während des Unabhängigkeitskrieges bis hin zum Staatsterror und Bürgerkrieg der 1990er Jahre. Durch die meisterhafte Verknüpfung von klinischer Analyse, historischer Rekonstruktion und einer innovativen Lektüre algerischer Literatur (u. a. Mohammed Dib, Kateb Yacine, Nabile Farès) gelingt Lazali eine fundamentale Neudeutung der algerischen Zeitgeschichte jenseits rein politischer oder militärischer Erklärungsmodelle.

Der „Brudermord“ als koloniales Symptom
Der von Lazali entwickelte Begriff des fratricide bezeichnet keinen bloßen innergesellschaftlichen Machtkampf, sondern das tragische Resultat einer tiefgreifenden psychischen und symbolischen Verstümmelung durch den Kolonialismus.
Zentrale Säulen dieses Konzepts:
* Zerstörung der Vaterfunktion

Die Kolonialherrschaft demolierte das symbolische Universum der Einheimischen und entzog ihnen jene väterliche Instanz, die Orientierung, Gesetz und Weitergabe ermöglicht.
* Identität aus dem Nichts
Durch gefälschte Genealogien und die Reduktion von Menschen auf „namenlose Körper“ entstand eine radikale Illegitimität des Subjekts.
* Der politische Raum als Schlachtfeld
Ohne anerkannte symbolische Autorität führen die „illegitimen Söhne“ einen permanenten Kampf um Anerkennung, Macht und Sichtbarkeit.
* Historische Wiederholungsschleifen

Das verdrängte koloniale Trauma kehrt wellenförmig als Gewalt zurück – im inneren Krieg der Befreiungsbewegungen ebenso wie im staatlichen Terror späterer Jahrzehnte.
* Literarische Zeugenschaft
Schriftsteller wie Kateb Yacine oder Nabile Farès fungieren bei Lazali als seismografische Zeugen eines Leidens, das sich dem Schweigen verweigert und literarische Formen erzwingt.
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