Ça commence presque comme un pastiche de roman mafieux des belles années américaines mais très rapidement, on se trouve emporté dans une sorte de tourbillon dans cette bonne ville imaginaire de Quinsigamond : Jakob, fils du mafieux local, voue une passion immodérée pour le cinéma, Sylvia, jeune femme assez peu signifiante au départ, voue elle-même une passion pour la photo. Et c’est là que tout part en vrille. Il m’est impossible de vous raconter quand, comment et pourquoi on est aspiré dans ce tourbillon qui ressemble fort à la tornade qui permettra à Dorothée d’atterrir au pays d’Oz. C’est en tout cas un roman parfaitement construit, moi qui n’aime pas les chutes téléphonées, j’en ai eu pour mon argent, n’ayant aucune idée de ce qui allait se passer 2 pages plus loin, et sans pour autant que l’on tombe dans une succession de cliffhangers désagréables qui font désormais le frisson des lecteurs à force dépendance dopaminique (les accros aux réseaux sociaux, pour ne pas les nommer). Mieux, c’est également un hommage puissant à la photo, au cinéma, et un peu au stupre, il faut bien le reconnaître. Mais quand on aime le noir, on aime bien ces atmosphères un peu glauques et poisseuses, qui collent aux doigts et qui nous font nous resservir un verre pendant qu’on lit la suite de l’histoire. C’est ma première rencontre avec Jack O’Connell mais certainement pas la dernière !