1908. Arsène Lupin a entamé une thérapie pour soigner son addiction au cambriolage. Hélas pour lui, son médecin exige qu’il cesse de voler pendant toute la durée de la cure. Le voilà contraint de trouver un moyen honnête de payer les séances dont il espère sa guérison. Pour cela, il ouvre une agence de détectives, l’agence Barnett. Sa première cliente, la très riche Mme Bovaroff, se plaint qu’on lui a dérobé un inestimable autoportrait de Delacroix, L’Homme au gilet vert. Surprise ! Voilà que l’œuvre réapparaît comme par magie sur le mur d’où elle avait disparu, tandis que tous ceux qui l’ont eue entre les mains sont assassinés les uns après les autres.On rencontre au milieu de tout cela une ensorcelante danseuse orientale nommée Mata Hari, dont le charme sera l’un des obstacles les plus dangereux que Lupin-Barnett aura à surmonter. Dans les fastes de la Belle Époque, à travers une intrigue riche en rebondissements, Frédéric Lenormand nous offre un Arsène Lupin ivre d’astuce et de rouerie.
Fils d'un professeur de mathématiques à l'Université de Paris VIII et de la directrice du centre de documentation du Planning familial, Lenormand est aussi le petit-fils d'un collectionneur d'art japonais, si bien que son enfance baigna dans la culture, la littérature et les mythes asiatiques. Après un bac de langues en 1982 (il parle russe, anglais et italien), il poursuit ses études à l'Institut d'études politiques de Paris puis à la Sorbonne.
À Madrid, en 1988, il écrit cinq romans coup sur coup afin de cerner ses possibilités littéraires. L'un d'entre eux, Le songe d'Ursule, inspiré par le cycle de Carpaccio conservé au musée de l'Académie, lui vaut le prix Del Duca du jeune romancier.
En 1989, le montant du prix en poche, il va vivre à New York, où il écrit Les amateurs de littérature, publié par les éditions Robert-Laffont sous le titre Les fous de Guernesey.
Dans les années 1990, il reçoit un certain nombre de prix, bourses et encouragements divers, dont la prestigieuse Bourse du Jeune Romancier de la Fondation Hachette (aujourd'hui Fondation Lagardère), le Prix Thyde-Monnier de la Société des Gens de Letres, la bourse Villa Médicis Hors les Murs et le Prix François-Mauriac de l'Académie française.
Auteur de romans historiques exclusivement, il se spécialise dans le XVIIIe siècle, puis dans la Révolution, puis dans la Terreur, puis dans les maisons de santé transformées en prisons à cette époque. Ce parcours culmine avec la publication chez Fayard de deux ouvrages purement analytiques abordant des sujets jamais traités, La pension Belhomme, sur les prisonniers de cette maison de fous, et Douze tyrans minuscules, sur les policiers qui les y enfermèrent. Conscient d'être en train de s'enfermer dans un domaine minuscule, il décide de changer son fusil d'épaule et donne une suite aux romans chinois de Robert van Gulik, décédé en 1967. Ce sera Les nouvelles enquêtes du juge Ti (Librairie Arthème Fayard).
La particularité de ces "nouvelles enquêtes" est de situer avec précision le juge Ti dans le contexte historique de la dynastie des Tang, qui marqua l'apogée de l'empire du Milieu. L'auteur se fonde pour cela sur les nombreux travaux parus ces quarante dernières années, qui lui permettent de restituer avec un soin méticuleux les moeurs, les usages et le raffinement des Tang. L'intérêt de ces livres repose à la fois sur une intrigue criminelle à la Agatha Christie, version asiatique, sur la personnalité d'un mandarin plein d'ironie face aux aléas de l'existence, et sur la reconstitution d'une culture chinoise diverse, inattendue et rayonnante.
On peut s'interroger sur la légitimité de reprendre un héros, sinon créé, du moins popularisé par un précédent écrivain. Force est de reconnaître que le résultat est original, personnel, très éloigné du juge Ti de Van Gulik, et offre au lecteur un aperçu des Tang qu'il ne trouvera nulle part ailleurs.
Les nouvelles enquêtes du juge Ti sont traduites en tchèque (Garamond), en espagnol (Ediciones Paidos Iberica), en portugais (Europress) et en bulgare.
Lenormand est parallèlement l'auteur de récits pour les enfants, dont le cycle de L'orphelin de la Bastille (éditions Milan), qui lui permet d'épancher sa passion pour la Révolution française.
Nouveau héros, nouvelle enquête mais toujours le même humour fin et acéré qui caractérise la plume de Frédéric Lenormand. On découvre un Arsène Lupin torturé, en proie à de violents dilemmes : poursuivre ses cambriolages et risquer l'enfermement, ou y renoncer pour une activité plus saine ? Notre cher Arsène suit une thérapie dont il doute de l'efficacité... C'est en détective privé qu'il se grime, une de ses nombreuses identités, pour faire la lumière sur une sombre affaire de vol de tableaux. Une fois de plus, on est emporté par le style léger et caustique de Frédéric Lenormand qui parvient à nous faire sourire de bon nombre de situations ubuesques. Une petite gourmandise à savourer ! Ma chronique : http://unjour-unlivre.fr/2018/11/le-r...
Un retour d'Arsène Lupin qui colle davantage à l'original ! Après mon incursion chez les Héritiers je retrouve notre fringant gentleman sur les traces d'un Delacroix disparu (pour le compte d'une baronne assez roublarde). Lupin vient de suivre une thérapie et a résolu de soigner son addiction au vol en créant sa propre agence de détectives privés (sous couvert d'anonymat bien sûr). Ceci n'est pas une blague. Or, Jim Barnett a plus d'un tour dans son sac et traite ses affaires avec une redoutable célérité. Cette fois, son enquête le pousse à croiser artistes fauchés, beautés exotiques et fieffés coquins... non sans un certain goût pour l'emphase et l'ironie. L'auteur est très en verve avec son infatigable trublion qui conduit cette intrigue tambour battant. C'est truculent à souhait, dans un Paris d'un autre temps et mettant en scène des créatures légendaires (comme Mata Hari). L'exubérance de notre héros n'est point "un concours de vanité, d'apparences et d'égoïsme" mais accuse "la beauté sans la morale, l'élégance sans la générosité, la verve sans la culture, l'esprit sans la profondeur". Lupin n'a pas fini de s'allonger sur le divan pour explorer la part sombre de ses tourments ! ... Mais que d'humour et d'espièglerie. C'est charmant.
Arsène Lupin est mon personnage de fiction préféré. Les romans de Maurice Leblanc ont accompagnés toute ma jeunesse et sont les seuls livres que j'ai lu et relu plus d'une fois. Cependant, je n'ai jamais voulu lire une aventure d'Arsène Lupin écrite par une autre auteur que Maurice Leblanc. Je connaissais l'existence des romans écrits par le duo Boileau-Narcejac, qui étaient "officiellement accrédité" par la famille de Maurice Leblanc, mais jamais j'en ai lu un... Maintenant, plus de 30 ans plus tard, j'ai envi de plonger et découvrir ces "nouveaux" Arsène Lupin qu'ils soient accrédité par la famille ou pas. Mon premier choix c'est porté sur Le Retour d'Arsène Lupin de Frédéric Lenormand. J'ai beaucoup aimé cette aventure de tableau volé et la présence d'une certaine Mata Hari y fut pour beaucoup. Le Lupin présenté par Lenormand est conforme aux souvenir que j'en ai gardé de mes lectures des aventures originales et le style d'écriture plus moderne de Lenormand n'est pas désagréable du tout. Cette aventure d'Arsène Lupin est loins d'être la plus passionnante ou la mieux construite que j'ai lu, mais elle à le mérite de me faire replonger dans mon personnage préféré et pour cela je lui accorde 4 étoiles.
Je tiens à remercier les éditions Le Masque et le site Netgalley pour ce partenariat.
Que de plaisir de me replonger dans les aventures d'Arsène Lupin, ce qui me fais drôle c'est de le lire écrit par un autre auteur.
On y retrouve ici Arsène Lupin qui en 1908 souhaite soigner son addiction au cambriolage par une thérapie. Son psychologue veux qu'il arrête tout cela pendant la thérapie, ce qu'il fait et il décide d'ouvrir une agence de détective : l'agence Barnett. Sa première cliente vient pour un vol de tableau qui réapparait peu de temps après et ceux qui l'ont eu entre les mains meurent.
Un livre rempli de suspens et de rebondissements avec des personnages attachants. Hâte de continuer l'intégrale de ce gentlemen cambrioleur.
Lenormand n’ est certes pas le premier auteur à reprendre le mythique « gentleman cambrioleur », mais il n’est pas non plus le premier à me décevoir.
Je dévore les aventures d’Arsène Lupin depuis des années, et je n’en ai lu que seize jusqu’à présent (sans compter les pastiches signés Boileau-Narcejac). Et je vous assure que je ne suis pas puriste. Il m’arrive parfois de regarder pour la énième fois le dessin animé « Night Hood » (qui met en scène un Lupin clandestinement héroïque après une longue carrière de vols) ou la série télévisée des années soixante-dix avec Georges Descrières. Enfin, tout ça pour dire que je trouve notre voleur au monocle très attachant, quelle que soit l’interprétation du nouvel auteur.
Mais Lenormand doit avoir une vision bien banale de Lupin. Le livre est truffé de petits détails rappelant les anciennes aventures écrites par Leblanc, mais l’ensemble sonne creux. Avec Leblanc (et Boileau-Narcejac), on sentait que Lupin avait mené toute une vie, ça nous crevait les yeux. Il avait une bande d’alliés avec qui on pouvait l’imaginer avoir mené maintes péripéties, même si un sbire n’apparaissait que dans un seul roman. Lupin est arrogant, ambitieux, en manque d’affection mais toujours prêt à accueillir un nouvel amour dans sa vie (d’une certaine manière, c’est un Dom Juan qui séduit tout en étant séduit lui-même… d’où ses nombreux mariages qui tournent souvent au tragique).
Cette aventure est légère, d’accord, mais peu divertissante car Lupin n’est pas au rendez-vous. Leblanc a écrit beaucoup de mystères moyens (voire plats) mais qui nous charmaient grâce à la présence du cambrioleur.
Ici, rien de spécial. Lupin ne montre aucun signe d’avoir vécu les aventures dont il se souvient. Par exemple, je doute fort que Lupin oserait nommer Dolorès Kesselbach ou Raymonde de Saint-Véran dans une simple liste de « femmes de sa vie » pour montrer à son psychiatre qu’il n’a pas de problèmes à se trouver des amoureuses (je vous rappelle qu’Arsène a accidentellement étranglé Dolorès dans « 813 » alors qu’elle essayait de le tuer dans un accès de folie, et que Raymonde est morte d’une balle à l’intention de son mari, qui faillit ensuite tuer son assassin à mains nue. Réinventer le personnage, je veux bien, mais je ne comprends pas pourquoi Lenormand s'est borné à parader les instants les plus tragiques et marquants de toute la série juste pour cocher des cases et en rester là.)
(Et POURQUOI, mais POURQUOI Hortense Daniel ne figure-t-elle pas sur cette liste ? C’est la seule héroïne à avoir mené de nombreuses enquêtes avec Lupin. Je pense qu’elle est aussi la seule femme à passer autant de temps avec lui : un roman entier en duo (Les huit coups de l’horloge). Ça n’inspire pas confiance, même si la faute est loin d’être fatale.)
Ce Lupin, c’est un faux, et j’en suis navrée parce que Lenormand sait tout à fait comment écrire des personnages qui nous charment dès leurs premières paroles (cf. Les mystères de Venise). Il aurait mieux fait de nous donner un Lupin imberbe, tout neuf.
Je ne dis rien sur le mystère, il ne m’a pas nullement marqué, tout comme les nombreux personnages que l’on aurait pût remplacer/éliminer au hasard sans rien déranger.
Laissez ce livre à sa place, et si Lupin vous intéresse, allez plutôt lire « Arsène Lupin, gentleman cambrioleur » ou bien « L’aiguille creuse ».
Fini la cambriole pour Arsène Lupin, ordre du médecin ! Cela ne le remplit pas de joie, mais il s’y plie, bon gré, mal gré. Dépossédé de son passe-temps favori, il se retrouve avec beaucoup de temps libre… et pas un sou en poche. Cherchant un moyen honnête de gagner sa croûte – et de payer son praticien – il se transforme en Monsieur Barnett, détective émérite. Traquer des criminels et des voleurs, voilà une reconversion parfaite pour le célèbre cambrioleur !
Pour sa première enquête, il est chargé de retrouver un Delacroix… qui réapparaît de lui-même une semaine après sa disparition. Voici Lupin-Barnett au chômage technique… Sauf qu’il n’a pas dit son dernier mot, le tableau a laissé derrière lui quelques cadavres et notre détective entend bien creuser et découvrir la vérité sur cette affaire, même si personne ne lui demande !
N’ayant lu aucun Arsène Lupin, je ne saurais dire si celui-ci est fidèle à l’original, mais une chose est sûre : j’ai adoré le personnage. Espiègle, anticonformiste, gentleman, séducteur, limier hors pair… Il est plaisant de faire un petit bout de chemin en sa compagnie. De plus, son côté « voleur repenti » donne lieu à quelques scènes cocasses.
L’enquête, quant à elle, est pleine de surprises. Elle amène Lupin-Barnett à côtoyer de grands personnages historiques tels que Mata Hari ou encore Pablo Picasso. Les rebondissements, les surprises et le suspense ne manquent pas.
En conclusion, Le retour d’Arsène Lupin est un roman policier des plus agréables à lire. Porté par un personnage principal attachant qui flirte avec le statut d’antihéros (comme Loulou Chandeleur dans Seules les femmes sont éternelles, d'ailleurs, je m'interroge sur les liens qui existent entre les deux ouvrages...), il offre de belles heures de lecture.