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Le langage inclusif : pourquoi, comment

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« On ne nait pas femme, on la devient. »

Telle est la phrase que Simone de Beauvoir aurait écrite si, fille de l’école, elle n’avait assimilé les règles concoctées depuis le XVIIe siècle pour donner au «genre le plus noble» la place qu’il occupe aujourd’hui dans la langue française.

Contestée dès l’origine, longtemps négligée, imposée pour finir par des institutions puissantes, cette entreprise a commencé d’être démantelée dans les pays francophones depuis une quarantaine d’années. Petit à petit, d’une controverse à l’autre – et elles sont particulièrement vives en France – la démasculinisation du français a ainsi fait des progrès notables: les titres de «chancelière» ou de «présidente du conseil», les mots «pharmacienne», «autrice», «compositrice» ont à nouveau droit de cité dans la langue.

Ce travail se poursuit désormais plus largement avec le langage inclusif, qui intègre des exigences propres au temps présent, visant à réaliser l’égalité entre tous les êtres humains. Ce livre donne à la fois les bonnes raisons d’approfondir cet effort, et les moyens simples qui sont à notre portée pour le soutenir.

142 pages, Paperback

Published September 1, 2018

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About the author

Eliane Viennot

39 books7 followers

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Community Reviews

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Displaying 1 - 8 of 8 reviews
Profile Image for Marc.
1,549 reviews30 followers
October 27, 2024
Un livre assez court mais très instructif qui rappelle les mécanismes mis en place pour effacer petit à petit le féminin du vocabulaire et de la grammaire, malgré les voix qui se sont élevées à ces époques.
C’est aussi un très bon guide qui met en lumière des outils de la langue française dont on peut faire usage pour plus d’inclusion, sans utiliser le point médian ou certains néologismes.
Aussi, le ton est sympathique, parfois drôle, donc ça se lit très bien.
Y’a plus qu’à mettre tout ça en pratique ! 😁
Profile Image for Siobhan Hawthorne.
348 reviews7 followers
March 31, 2019
→ Chronique sur mon blog.

Merci à Babelio et aux Éditions iXe pour l’envoi de ce livre en échange d’une chronique honnête.

C’est toujours un plaisir de découvrir les livres de ces éditions, cet ouvrage-ci me faisait fort envie depuis sa sortie et j’étais donc ravie d’avoir l’opportunité de le découvrir ! D’autant que j’ai également L’Académie contre la langue française de la même autrice dans ma bibliothèque.

Il me semble que ce petit livre est l’outil parfait pour se renseigner sur le langage inclusif, en comprendre les enjeux, l’histoire et commencer à le pratiquer. Il synthétise, il me semble, tous les points importants de la question.

Nous n’avons pas à modifier notre langue, mais à renouer avec ses logiques, en nous appuyant sur ses ressources. Et la chose est à la portée de tout·e francophone.
p. 15


Éliane Viennot commence par répondre à la question « pourquoi », en expliquant le besoin et les enjeux d’un langage qui n’exclurait pas la moitié de la population : elle en profite pour recontextualiser les genres grammaticaux dans l’évolution de la langue et le fait que le masculin n’ait jamais été l’équivalent du neutre.

Puis elle revient sur l’évolution de la langue autour du masculin : comment un grand nombre de noms de métiers et fonctions sont devenus uniquement masculins alors que leurs équivalent féminins existaient depuis longtemps (mon préféré : libraresse). Bien sûr, c’est l’occasion d’aborder l’apparition de la fameuse règle « le masculin l’emporte sur le féminin ». Voire, comment les usages (dictés par l’Académie…) ont supprimé des formulations neutres pour les mettre au masculin (« ça pleut » et « faut partir » sont devenus incorrect pour « il pleut » et « il faut partir »).

Le but étant de faire bouger les choses, le troisième chapitre donne des outils pour pratiquer le langage inclusif, par exemple en utilisant tous les substantifs féminins (même ceux qui ont été supprimés), la double flexion (« les étudiantes et les étudiants »), des néologismes si nécessaires, l’accord de proximité et en bannissant l’usage de « l’homme » pour parler de « l’humain »…

Précisons que la majuscule [à « Homme »], qui fait prétendument toute la différence entre le mâle commun et son apothéose, n’est qu’une autre de ces embrouilles dont on nous a leurré·es. Non seulement elle ne s’entend pas, mais elle ne correspond à rien, ni historiquement, ni scientifiquement. Les brochures où Robespierre défend les « droits de l’homme » laissent ces mots avec des minuscules – sauf sur les couvertures, où à cette époque la plupart des substantifs reçoivent une majuscule ; c’est la Ligue des Droits de l’Homme, née en 1898, qui popularisa l’emploi des majuscules dans cette expression, par suite de leur emploi systématique dans son matériel de communication. […]
L’homme, ce dernier oripeau d’une époque révolue, doit donc être abandonné – quoique conservé, et expliqué, au musée (encore à construire) de l’émancipation féminine, ou de la domination masculine.
p. 98


Pour terminer, la postface de Raphaël Haddad et Chloé Sebagh reprend dix arguments contre le langage inclusif, sous forme de tweets, et y répond : l’outil parfait pour s’armer contre ce genre de discours !

On peut d’ailleurs rappeler aux ronchon·nes qu’il fut un temps où les francophones ne connaissaient ni le point virgule, ni les deux points, ni les points de suspension ou d’exclamation, ni les cédilles, ni les accents graves ou circonflexes – et que tout cela a été digéré en quelques décennies !
p. 107


En bref, si le langage inclusif vous intéresse ou vous rend perplexe, ce livre sera parfait pour vous !

Les sociétés, qui confortaient cette répartition en assignant aux unes et aux autres des professions, des occupations, des savoirs, des sports, des vêtements, des couleurs différentes, ont bien souvent lâché la rampe : la majorité de leurs populations subit encore cette répartition, mais la proportion d’individus qui se sont émancipés est suffisamment grande pour rendre évident qu’il n’y avait là rien de naturel ni de nécessaire. Une femme peut travailler sur un chantier, porter des costumes sombres, écarter les jambes quand elle est assise, gagner beaucoup d’argent, faire de la boxe, un homme rester chez lui pour élever ses enfants, porter des chemises à fleur, partir en vacance avec des copines, faire pipi assis… On peut se marier avec une personne de son sexe, on peut changer de sexe, changer de genre sans changer de sexe, changer d’orientation sexuelle (ou non) en changeant de sexe… La fluidité du genre progresse chaque jour dans tous ces domaines et dans un nombre croissant de pays.
p. 33
Profile Image for Pierre.
28 reviews1 follower
May 1, 2023
J’avais entrepris de lire ce livre par curiosité ; en me demandant qu’elle pouvait bien être la cause de cette « tempête dans un bénitier ». J’en suis ressorti serein et convaincu que l’écriture inclusive était – à ma surprise - un pas en avant pour notre société.
Pour rappel (le livre est truffé d’exemples similaires), en 1529 Marguerite d’Autriche rappelle que les français lui ont écrit « comme AUTRICE de paix ». En 1763, Rousseau écrit « je crois que la PEINTRESSE ne vous a pas flattée ». Continuez et vous verrez que l’histoire est remplie de termes féminins qui ont aujourd’hui disparu. Et pourquoi ?
En 1767, Beauzé explique le pourquoi de la domination du masculin dans la grammaire : « Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du male sur la femelle ». Tout est dit. Il ne s’agit pas de grammaire, il s’agit de machisme.
Et c’est l’Académie Française qui mettra en œuvre cette domination – non nécessaire et injustifiable – du masculin sur le féminin. On enseigne donc toujours en 2018 que « le masculin l’emporte sur le féminin », que les mots féminins se forment à partir des mots masculins et que le masculin a une valeur de neutre ! Il est temps de changer cette situation.
Et si vous n’êtes pas convaincu, commencez par lire la postface ou 11 des arguments contre le langage inclusif sont contre-argumentés un par un. C’est court et très instructif.
Profile Image for Mermaid Yogini .
87 reviews
March 25, 2025
Un ouvrage d'utilité publique !

"L'écriture inclusive constitue un ancrage éthique fort sur les questions d'égalité. Elle met au jour les processus ordinaires d'invisibilisation des femmes et renforce leur place au sein d'une organisation.

Si l''écriture inclusive menace quelque-chose, c'est la domination d'un genre sur un autre. C'est cela qui fait peur. Mais la langue ne craint rien. Elle est vivante parce qu'elle évolue en fonction des évolutions sociales et de ses modes de diffusion."

L'Académie française est contre une mesure visant à combattre la masculinisation du langage, vu que c'est elle qui y a le plus travaillé.

La langue française s'est passée pendant des siècles de l'adage qui veut que "le masculin l'emporte sur le féminin, et elle a très bien fonctionné sans !
Profile Image for Lucie.
86 reviews
December 31, 2025
Eliane Viennot, ma star (peut-être pas l'introduction de review la plus constructive, surtout quand il s'agit d'un essai, mais on a besoin de plus d'Eliane Viennot dans la vie...)

Un essai sur le langage inclusif : d'où vient il, sa pertinence, et comment l'utiliser.

Et puis une postface de l'agence Mots-clés (Raphaël Haddad et Chloé Sebagh, spécialistes de l'écriture et du langage inclusif), que du bonus.
Profile Image for heyyonicki.
514 reviews
September 29, 2022
Un guide pratique vraiment exceptionnel. Dommage encore que la question de la non binarité et de la neutralité ne soit pas un peu plus abordée, bien qu'elle le soit déjà plus que dans [Non, le masculin ne l'emporte pas], da la même autrice.
Profile Image for Aliénor.
11 reviews
August 25, 2022
Excellents conseils pratiques soutenus par la recherche linguistique.
Displaying 1 - 8 of 8 reviews

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