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Qui sommes-nous vraiment ? Qui pouvons-nous être ou devenir ? Sommes-nous véritablement libres de vivre notre désir dès lors que nous nous écartons d'une certaine norme ? N'a-t-il qu'une seule forme ou évolue-t-il au cours de notre existence – pour devenir plus profond, plus doux, plus radical ?
Philosophe et correspondante de guerre, l'auteur explore les ruses du désir, de ses premières manifestations adolescentes jusqu'aux abords des champs de bataille. Entre l'essai et le témoignage, ce récit se lit d'un seul souffle, comme le journal d'un désir sexuel et amoureux en formation. Carolin Emcke y relate comment elle a découvert son propre désir, qui n'est pas celui de " tout le monde ". Elle s'adresse à toutes celles et tous ceux qu'on prive de leur désir, et, par là, de leur dignité.
Un hymne à la liberté traversé par le tragique, où l'intime se mêle magistralement au politique.
Née en 1967, Carolin Emcke a étudié la philosophie, les sciences politiques et l'histoire à Londres, Harvard et Francfort-sur-le-Main avec Jürgen Habermas, dont elle est proche. Elle a été grande reporter de guerre de 1998 à 2013 et a notamment couvert les guerres du Kosovo, du Liban et d'Irak. Contre la haine, couronné par le prestigieux Prix de la Paix des libraires allemands en 2016 et publié au Seuil en 2017, a été unanimement salué par la critique.
240 pages, Paperback
First published March 2, 2012
We slip into norms the way we slip into clothes, putting them on because they're laid out ready for us, because someone pulls them over our heads, because they come to fit us or because, without even noticing, we come to fit them. We only notice norms as norms if we don't comply with them, don't fit them - whether or not we want to. Anyone with white skin regards the category of skin colour as irrelevant because in the life of a white person in the West, skin colour is irrelevant. Anyone who is heterosexual regards the category of sexual orientation as irrelevant because in the life of a heterosexual, sexual orientation can be irrelevant. Anyone who feels comfortable in his or her body regards the category of sex as self-evident because his or her body is never questioned. Anyone who complies with the norms can afford to doubt their existence.
Identities aren't only a matter of choice; they are also constructed, assigned, ascribed; they come accompanied by restrictions, by a history of criminalisation, by denunciation and neglect; they are bound up with prejudices, ignorance and convictions that are cited and passed on, in-jokes and conspirational whispers, out of sexual inhibition and contempt, handed down from generation to generation, in school books or adoption laws, films or seating plans.