Vous disposez de deux heures pour découvrir le Nouveau Testament : ce petit guide vous fournira les repères historiques, géographiques et théologiques pour en apprécier toute la saveur. Au fil des pages, vous trouverez des réponses aux questions primordiales : Que sait-on de l’existence de Jésus et des étapes de sa vie ? Comment est-on passé de Jésus à l’écriture du Nouveau Testament ? Quel rôle l’Ancien Testament joue-t-il pour le Nouveau ? Clair et pédagogique, ce livre est complété par des encadrés thématiques, des cartes géographiques et un lexique de soixante entrées.
"(...) les premiers écrits du Nouveau Testament ne sont pas les évangiles mais des lettres de Paul. Au cours de ses voyages, il s’adresse aux communautés qu’il a fondées."
"La plupart des lettres de Paul s’adressent à des communautés ; les autres sont destinées à l’un de ses collaborateurs (Timothée, Tite ou Philémon)."
"(...) le travail de l’évangéliste se fait au cœur d’une communauté. Lorsque le message de l’Apôtre fondateur est mis par écrit, ce travail est communautaire : ce n’est pas nécessairement l’Apôtre qui écrit, mais tel ou tel membre de la communauté qu’il fonde. Papias, le témoin le plus ancien de la rédaction des évangiles (début du Ier siècle ap. J.-C.), affirme qu’à Rome, ce n’est pas Pierre qui a rédigé son enseignement : « Marc, qui était l’interprète de Pierre, a écrit avec exactitude […] tout ce dont il se souvenait de ce qui avait été dit ou fait par le Seigneur » (Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, III)."
"La foi en la Résurrection bouleverse la vie des chrétiens, leur rapport au monde et leur manière de vivre. L’événement Jésus Christ devient leur raison de vivre et la clé d’interprétation de leur existence."
"L’évangile le plus ancien serait celui de Marc, probablement écrit à Rome au début des années 60."
"Le texte de Marc, dans une version très avancée ou achevée, aurait servi de base littéraire à Matthieu et Luc, une vingtaine d’années plus tard. L’un et l’autre auraient décidé de retravailler Marc en le complétant. On sait que Luc a connu d’autres récits avant d’écrire le sien ; il le précise dans son prologue : « Beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous » (Lc 1,1). Matthieu et Luc ont, l’un comme l’autre, augmenté la proportion des enseignements de Jésus, avec des sections de discours plus amples. Probablement ont-ils eu accès à une source écrite commune des paroles de Jésus, plus ancienne, appelée « source Q »."
"Dans ces trois évangiles synoptiques, la trame de l’activité de Jésus est la même. Cela n’empêche pas chaque évangéliste de déployer son propre point de vue théologique en exécutant un travail d’interprétation, de relecture et de réécriture. Ce travail est très manifeste chez Luc et Matthieu, qui ont probablement estimé que Marc était trop succinct, et donc opaque. Consciente de la spécificité de chaque évangile, l’Église a toujours voulu les garder tous les quatre. Ainsi a-t-elle repoussé l’hérésie de Marcion qui, au IIe siècle, voulait n’en retenir qu’un seul pour éviter les incohérences formelles."
"Marc a été saisi par la personnalité de Jésus : il propose à son lecteur de faire cette rencontre. De manière vivante, tantôt concise, tantôt détaillée, son récit offre un véritable itinéraire spirituel. (...) Marc invite son lecteur à devenir disciple à son tour. Il ouvre son récit par les mots « Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu » (Mc 1,1), inventant ainsi le genre littéraire « évangile »."
"Il (Matthieu) est le seul évangile à utiliser le terme « Église ». Il est enfin attentif, plus que tout autre, à dévoiler la manière dont Jésus vient accomplir les Écritures."
"Luc écrit son évangile et les Actes des Apôtres de façon à ce que les deux livres se lisent et se comprennent l’un par rapport à l’autre."
"Luc souligne fréquemment les réactions des auditeurs et des spectateurs de l’activité de Jésus, jusqu’à sa reconnaissance finale par les disciples d’Emmaüs et les Apôtres. La montée de Jésus au ciel clôt l’évangile et introduit les Actes."
"Avec Paul, l’Évangile arrive à Rome"
"Luc est particulièrement lié à Paul. Il est l’un de ses compagnons et c’est sans doute lui qui l’a fait venir en Macédoine (Ac 16). Une grande partie des Actes raconte l’histoire de Paul, que l’on connaît aussi par ses lettres."
"L’évangile de Jean est le dernier dans l’ordre biblique mais très probablement aussi sur le plan historique."
"Trois épîtres sont également attribuées à Jean. (...) L’Apocalypse de Jean est le dernier livre du Nouveau Testament et donc de la Bible. C’est sans aucun doute le livre le plus difficile à comprendre."
"La plus connue est l’Épître aux Hébreux, souvent et à tort attribuée à Paul."
"Tous les auteurs du Nouveau Testament, suivant l’enseignement du Christ, ont considéré qu’on ne pouvait pas comprendre Jésus sans l’Ancien Testament."
"Pour lire le Nouveau Testament, le détour par l’Ancien est donc indispensable."
"Jésus vient accomplir la promesse contenue dans « l’Écriture ». Cet accomplissement, loin de rendre la promesse caduque, la rend indispensable. De même que l’on doit écouter toute une symphonie pour apprécier son accord final, il faut toutes les Écritures pour comprendre Jésus. Présente de manière explicite dans le Nouveau Testament, la figure de Jésus Christ l’est déjà, de manière implicite mais bien réelle, dans l’Ancien. On peut dire que le Nouveau ne dégage sa signification qu’au terme de l’Ancien Testament."
"Le Nouveau Testament présente une nouveauté radicale. Il ouvre à l’Ancien Testament une perspective de compréhension que ce dernier n’avait pas par lui-même. Il y a véritablement une lecture chrétienne de l’Ancien Testament."
"L’Ancien Testament était la Bible de la chrétienté primitive. Lorsque l’Église a fixé définitivement la liste des livres sacrés, les écrits du Nouveau Testament ont naturellement rejoint ceux de l’Ancien Testament pour former la Bible. Les deux Testaments sont cohérents l’un avec l’autre car Dieu ne peut se contredire lui-même."
"Pour bien comprendre le processus de canonisation, il faut d’abord comprendre le phénomène de l’inspiration. Un écrit sacré est un écrit inspiré, c’est-à-dire un texte dont l’auteur humain (appelé aussi « sacré » dans ce cas) écrit sous l’impulsion de l’Esprit Saint. En cela, on peut dire que Dieu en est également l’auteur : « Pour composer ces livres sacrés, Dieu a choisi des hommes auxquels il a eu recours dans le plein usage de leurs facultés et de leurs moyens, pour que, lui-même agissant en eux et par eux, ils missent par écrit, en vrais auteurs, tout ce qui était conforme à son désir, et cela seulement » (Concile Vatican II, La Révélation divine, n° 11)."
"Après la mort du dernier Apôtre, l’Église prend son temps pour reconnaître quels sont les livres inspirés. Pour cela, elle est conduite par le même Esprit Saint qui, après avoir guidé ceux qui écrivent, éclaire ceux qui reconnaissent les écrits."
"Ainsi, au cours des IIe et IIIe siècle, l’Église détermine progressivement le canon définitif du Nouveau Testament. Elle donne la liste officielle de ses livres au concile de Trente, en 1546. Parmi ces livres, l’Église dira des quatre évangiles qu’ils sont « l’excellence » de la Révélation."
"Avec Jésus naît la « tradition de l’Église » (le mot « tradition » vient du latin tradere : transmettre). « Les Apôtres, transmettant donc ce qu’ils ont eux-mêmes reçu, exhortent les fidèles à garder fermement les traditions qu’ils ont apprises soit de vive voix soit par écrit (cf. 2 Th 2,15) et à lutter pour la foi qui leur a été une fois pour toutes transmise (Jude 3). Quant à la Tradition reçue des Apôtres, elle comprend tout ce qui contribue à conduire saintement la vie du peuple de Dieu et à en augmenter la foi ; ainsi, l’Église perpétue dans sa doctrine, sa vie et son culte et elle transmet à chaque génération, tout ce qu’elle est elle-même, tout ce qu’elle croit » (La Révélation divine, op. cit., n° 8)."
"Tradition et Écriture sont donc intimement reliées. C’est dans la tradition de l’Église, établie intendante de l’Écriture, et en cohérence avec la foi des Apôtres, que l’on peut lire les écrits sacrés sans risque d’erreur. Ce qui est vrai pour la première génération chrétienne l’est encore aujourd’hui. « La Sainte Écriture est la Parole de Dieu en tant que, sous l’inspiration de l’Esprit divin, elle est consignée par écrit ; quant à la Sainte Tradition, elle porte la Parole de Dieu, confiée par le Christ Seigneur et par l’Esprit Saint aux Apôtres, et la transmet intégralement à leurs successeurs, pour que, illuminés par l’Esprit de vérité, en la prêchant, ils la gardent, l’exposent et la répandent avec fidélité » (La Révélation divine, op. cit., n° 9)."
"Le Nouveau Testament nous parvient aujourd’hui par l’Église. C’est elle qui garde ces Écritures ainsi que l’usage de foi que l’on peut en faire pour annoncer fidèlement la Bonne Nouvelle. (...) Le premier lieu où la Bible est utilisée – la liturgie – est aussi un lieu où se transmet la foi. Dans toutes les célébrations liturgiques, lorsqu’on lit publiquement l’Écriture, la Parole de Dieu est proclamée. Ce qu’on nomme la « liturgie de la Parole » se situe souvent au début de la célébration. Par la proclamation des textes bibliques, commentés par le ministre ordonné (évêque, prêtre ou diacre), c’est Jésus qui continue de parler aujourd’hui : l’Écriture se déploie en parole."
"Aujourd’hui encore, l’Église fonde sa catéchèse sur la Bible : les nouveaux croyants doivent pouvoir être formés en lisant et en étudiant les textes bibliques. Ces textes ne sont pas seulement un patrimoine religieux, ils sont le lieu où Dieu révèle son amour pour chacun. La lectio divina, enfin, constitue un usage personnel et nourrissant de la Bible : il s’agit d’une lecture priante des textes."
"La lectio divina est pratiquée par celui qui désire méditer la Bible et découvrir ce que Dieu y révèle. Cette manière de lire s’est développée dans la tradition monastique occidentale. Elle est accessible à tous ceux qui souhaitent faire une lecture croyante des textes."
"Que ce soit à travers la liturgie, la catéchèse ou la lectio divina, on ne lit pas les textes simplement pour mieux savoir, mais pour mieux aimer. S’il nous présente Jésus de diverses manières, tout le Nouveau Testament nous incite à le rencontrer."
"Que chacun puisse prendre les auteurs bibliques comme des compagnons de route et s’impliquer dans la lecture. Il y découvrira « l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu » (Mc 1,1)."
This entire review has been hidden because of spoilers.