Libre, passionnée, courageuse, dotée d'un franc-parler connu aussi bien au Canada qu'en France, Denise Bombardier n'est pas de ces journalistes et écrivains qui laissent indifférent. Femme de combats, d'engagements, parce qu'elle ne craint ni la polémique ni les débats d'idées, elle s'est tracé un sillon médiatique et littéraire où s'impose une ligne directrice rare : le refus des compromis et des compromissions. Une force de caractère qui lui vient de loin, comme ces mémoires le décrivent avec vigueur, chaleur, tendresse, colères et humour aussi.
Née à Montréal dans une famille modeste, élevée dans « l'eau bénite » d'une époque écrasée par le poids de la religion, fille d'une mère sous le joug d'un mari autoritaire et froid, elle s'est vite rebellée contre les siens au nom de sa liberté d'agir et de penser. Un peu comédienne, rapidement journaliste, très tôt férue de politique, elle bataille depuis quarante ans pour le féminisme, la défense de la langue française, contre les conformismes et les bénis-oui-oui.
Parce qu'elle s'est extraite de la pauvreté culturelle grâce à l'éducation, parce qu'elle n'a jamais trahi ses idéaux mais toujours aimé apprendre, cette affranchie a eu une vie riche. Grands auteurs (Anne Hébert, Dany Laferrière, Michel Tremblay, Antonine Maillet...), journalistes, hommes politiques (Daniel Johnson, Brian Mulroney, Pierre Elliott Trudeau, René Lévesque, Robert Bourassa et tant d'autres), intellectuels tels Jean-François Revel, Benoîte Groult, Marguerite Yourcenar et politiques de renom comme Alain Peyrefitte, François Mitterrand, Michel Rocard en France... elle a rencontré nombre de personnalités. Des figures qu'elle raconte par le menu, comme tout son parcours, sa famille, ses amours dans cet ouvrage foisonnant, sans langue de bois, pelin d'amour envers le Québec, la langue française et la France elle-même.
Denise Bombardier is a Canadian columnist, novelist, essayist, producer, television host, polemicist and a defender of the international Francophonie. She worked for the French-speaking television channel Radio-Canada for more than thirty years.
Denise Bombardier, canadienne, est une chroniqueuse, romancière, essayiste, productrice, animatrice de télévision, polémiste et défenseur de la francophonie internationale. Elle a travaillé pour la chaîne de télévision francophone Radio-Canada pendant plus de trente ans.
Denise Bombardier nous emporte dans un récit qui est à la fois très personnel et très collectif. Comme elle l'avait fait dans son tout premier ouvrage Une enfance à l'eau bénite elle nous plonge dans une famille qui la forge, la pousse et la repousse. S'y ajoute ici la suite, d'abord avec sa mère qui reste une présence tout du long. Bombardier nous laisse aussi entrer dans son éveil sentimental et sexuel, puis dans son parcours amoureux avec les hommes de sa vie. C'est fait avec vérité et tact.
Les attouchements qu'elle a subie, jeune actrice, aux mains d'un réalisateur de Radio-Canada donne une assise au combat qu'elle mènera plus tard contre les pédophiles. Sa salutaire et courageuse sortie, sur le plateau d'Apostrophe en 1990, contre l'auteur Gabriel Matzneff praticien et apologiste de la pédophilie, a fait date et suscité une énorme controverse la présentant, elle, comme coupable d'intolérance. Elle raconte comment le président Mitterrand lui donna rendez-vous à l'Élysée, révéla à la presse la tenue de la rencontre, simplement pour signaler que, dans ce débat, il votait Bombardier. Savoureux.
La journaliste ne cache pas qu'elle a fait ses premières armes au Rassemblement pour l'Indépendance Nationale lorsqu'elle était étudiante mais, refusant tout embrigadement, elle a préféré la distance critique que permet le journalisme et a entamé une longue carrière radiocanadienne qui en fera l'intervieweuse par excellence de sa génération.
Tenue à la neutralité elle brouille les pistes. Vote-t-elle oui ou non ? Son public semble l'ignorer à l'époque, mais ses lecteurs d'aujourd'hui sont éclairés lorsqu'elle parle de "la défaite du 20 mai" 1980.
Première femme à tenir une émission politique hebdomadaire, Noir sur Blanc qu'elle animait était pour moi et pour toute ma famille (et pour tous les Québécois politisés) un rendez-vous indispensable de notre conversation collective.
Dans ces années charnières, elle fut une des femmes de tête qui, à la télévision, avec Lise Payette, ont démontré que le cran, la compétence, l'ambition se conjuguait aussi au féminin. Ne serait-ce que pour cela, le Québec lui devrait déjà beaucoup.
Mais elle est davantage. Son affection pour la France, qu'elle revendique pour elle-même et pour les Québécois comme la terre de nos racines et de notre culture, a fait d'elle une passeuse d'idées, de talents et de savoirs français grâce à mille entrevues réalisées au cours des décennies. Il faut y ajouter son féroce attachement à la langue française.
Devenue avec le temps commentatrice, voire polémiste, Denise Bombardier peut jeter sur son parcours un regard serein et satisfait. Elle est un personnage du Québec moderne, un de ses artisans. Je regrette qu'elle n'ait pas accepté l'offre de Jacques Parizeau de devenir ministre de la culture et de la langue au début de 1995. Elle aurait pu ajouter des chapitres hauts en couleur à son livre, qui n'en manque pas.
Indéniable, tout ce que cette femme a fait, c’est renversant. Le livre: je pense que c’est écrit pour son auditoire français. L’éditeur n’a pas fait une excellente job, trop de répétition de fait, 2 typo (pour Mme B c’est énorme), de noms (oui du name dropping il y en a, mais c’est aussi ça une bio) J’aimerais bien avoir une p’tite heure pour discuter avec elle. Des fois, je me suis reconnue, tsé celle instruite qui n’a pas la langue dans sa poche et qui fait suer les M. avec un manque d’estime de soi !
P.s. quand on sacre au Québec, on ne dit pas criss, calice, tabernacle mais bien criss, câlisse, tabarnak ! Faut s’assumer là ! On ne perle pas, on sacre !
J’ai dévoré ce livre que j’ai lu en trois jours. Enfin quelqu’une qui ne se gêne pas pour parler de ses hauts standards quant à son éthique de travail et son langage. À chaque instant on ressent l’intensité de cette femme, son intégrité, sa passion pour la langue française, pour le travail bien fait, son amour pour les Canadiens français et pour la France. J’ai aimé, moi qui ai vécu au Québec durant cette époque, revivre à travers ses yeux la révolution tranquille et les événements d’octobre. Une très belle écriture, un livre plein de rebondissements, de confidences, de congratulations mais aussi de lucidité. On ne s’ennuie pas. Je le recommande chaudement.
Great review of major social and political events in Quebec as well as an insider’s feminine view of the status of women in general and in journalism in the 1970s and foreword. Also interesting comparison of the two largest french cultures of the world:France and Québec.
A slow read to take in the numerous historical, political and social references during this time of change.