Douloureuse, colossale et haletante, la poésie de Jean-Christophe Réhel s’attarde aux petits moments de la vie par contrainte, parce que l’espoir perdure, parce que chaque chose a sa place, une boucle de cheveux, un divan, la luminescence d’un rayon de soleil qui dévoile la beauté d’une plante qui a continué de croître.
Dans LA DOULEUR DU VERRE D’EAU, le poète-romancier Jean-Christophe Réhel entraîne le lecteur dans sa lucide détresse, où la lumière pointe au passage, nourrie d’espoir et, oui, de beauté.
« Aussi j’irai le plus loin possible me perdre dans tes mains habiter dans le blond accéléré de tes jambes pour me réapprendre à vivre un verre d’eau à la fois. »
Dès le premier (et long) texte, le poète nous lance en plein visage des formules qui, pour plusieurs, demandent une relecture (à voix haute, même) pour s’installer convenablement dans l’esprit du lecteur. Le « je » qui abreuve le texte, nous place au cœur-même de la dénonciation. La liste des constats de ce « je » parait sans fin et se solde par une liste de « je veux ». Tout y est légitime.
« … je veux me libérer je ne veux plus avoir mal je … »
La maladie, l'amour, le doute, la solitude et le laisser-aller parsèment ci-et-là le recueil de textes. On en vient à connaître, à ressentir ce qui habite Réhel, ce qui l’affecte, ce qui le navre au quotidien et ce à quoi il aspire. L’honnêteté frappe de page en page.
La conception des textes, surtout les plus longs, envoûte le lecteur. Le délicat découpage des phrases marque le rythme sans égard aux sonorités et aux temps. C'est dans l'ensemble que réside la cohérence. C'est dans l'ensemble que réside l'omniprésent désarroi du poète. C'est dans l'ensemble que le lecteur est de nouveau frappé par la plume captivante de Jean-Christophe Réhel.
« … je pars et je reviens et je me cache sous la neige du balcon et j’allume un feu avec mon corps et j’attends que la pluie fasse fondre la pluie et je comprends que la neige c’est mes os c’est un volcan c’est simplement ton visage qui s’endort toujours sur le côté gauche. »
Au départ, j’avais un peu peur. Comme pour tous les auteurs/trices qui publie un recueil par année, je me demandais si celui-ci allait être redondant ou à la hauteur. Au final, c’est un excellent recueil. Plusieurs de ces poèmes je les avais lus sur internet, sur facebook ou dans des revues, mais je suis très heureux de les revoir changés, parfois rallongés, dans un livre. Par contre, parce qu’il y a toujours un détail avec moi, certaines formulations fautives me faisaient butés et brisait ma lecture (exemple couché dans le divan au lieu de « sur » le divan). Peut-être que l’auteur voulait faire « parlé oral » ou populaire, mais quelques fois ça complique l’accès à l’image. Il y aussi une ou deux fautes de syntaxe dans le trailer du livre qui m’ont un peu frisées les oreilles.
5 sur 5 tout de même, car c’est plus un travail d’édition que de création de remédier à ces détails et le plaisir de lecture est au rendez-vous.
Se noyer dans ses mots de têtes, cracher ses maux sur les pages, le style rappel un poisson rouge qui fait des tours dans son bocal, revenant inexorablement à son point de départ, sans se rappeler de rien, faisant de chaque trajet quelque chose d’unique.
Absolument magnifique du début à la fin. Une longue suite de poèmes s’inscrivant tous ensemble en harmonie. De l’eau, des douleurs, de la solitude et de l’amour.
Je lisais et je trouvais que le style d’écriture ressemblait davantage à l’écrou qu’à l’oie de cravan pour me rendre compte qu’il s’agissait d’une nouvelle réédition de 2025 en mémoire à Larouche. Ça rend le tout encore plus beau.
Je ne sais pas trop… j’ai trouvé plein d’idées intéressantes, mais je me suis souvent retrouvée perdue dans des images que je ne comprenais pas. J’ai aimé le style qui ressemblait parfois à des chansons, avec des « phrases » récurrentes.
Beau recueil de poèmes qui te pogne drette en dedans. J'ai aimé plusieurs passages, mais je crois simplement que la plume de l'auteur n'est pas pour moi...
hier j’ai lu la douleur du verre d’eau et ce matin je suis à l’auberge la salicorne, je travaille à l’auberge la salicorne et je suis debout dans la salle à manger et je vois ta blonde pleurer et je te vois toi et ton inquiétude et tes yeux et ton petit téléphone bleu. je veux t’aider mais je ne peux pas parce-que le temps et les années et mon coeur chavire et je me sens mal.
c’est l’automne et les îles sont habitées par de millions de fantômes. plein de fantômes qui font des châteaux de sable. plein de fantômes qui boivent de la belle saison. plein de fantômes qui font du kitesurf.
tous les gens partent, ils passent dans ma vie et des fois ils me regardent et des fois ils m’ignorent et des fois un sourire et d’autres fois ils regardent par terre. et je parle et personne m’écoute, je parle tout le temps et personne m’écoute. tous les gens partent mais moi je suis ici. je suis toujours ici.
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C'est pas très aimable être en dépression et ne rien faire pour être à la hauteur de l'amour qu'on porte à sa partenaire (qui fait toute) Au moins c'est bien écrit