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Enfermé.e

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" Si je ne peux pas être qui je suis, je préfère être morte plutôt qu'être emprisonnée dans un corps qui n'est pas le mien. "
Jacques Saussey aborde magistralement dans ce roman noir social un sujet peu connu : être transgenre dans une prison pour hommes.
Partenariat avec l'association Acceptess-T.
Les premiers papillons ont éclos derrière ses paupières. Elle en avait déjà vu de semblables, enfant, un été au bord de l'océan, jaunes et violets contre le ciel d'azur. Elle était allongée au soleil, l'herbe souple courbée sous sa peau dorée. Le vent tiède soufflait le sel iodé de la mer dans ses cheveux. Aujourd'hui, l'astre était noir. Le sol dur sous ses épaules. Et l'odeur était celle d'une marée putride qui se retire. Les papillons s'éloignaient de plus en plus haut, de plus en plus loin. Et l'air lui manquait. Lui manquait...
Elle a ouvert la bouche pour respirer un grand coup, comme un noyé qui revient d'un seul coup à la surface.
Les papillons ont disparu, brusquement effrayés par un rugissement issu du fond des âges...
Prix Saint Maur en Poche 2017 .

Biographie de l'auteur
Depuis la parution de son premier livre (De sinistre mémoire, 2010) Jacques Saussey (1961) a publié une dizaine de romans, tous salués par la critique et acclamés par le public. Intrigues fouillées et personnages ciselés sont la marque de fabrique de cet orfèvre du genre, qui s'impose comme la relève du polar à la française.

383 pages, Paperback

Published October 11, 2018

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About the author

Jacques Saussey

28 books21 followers
Né en 1961, j'ai commencé à écrire mes premières nouvelles à 27 ans.

J'ai ensuite participé à quelques concours d'écriture. Les encouragements apportés par ma victoire aux Noires de Pau en 2002 avec «Quelques petites taches de sang», puis ensuite par celle au concours Alfred Jarry en 2007 avec «Alfred Jarry est mor » m'ont incité à persévérer avec le thriller.

J'ai alors entrepris en 2008 la rédaction de mon premier polar, « Colère Noire », dans lequel j'ai mis en place l'ensemble de mes personnages récurrents, un groupe de policiers rattachés à un commissariat imaginaire du Xème arrondissement de Paris. Le capitaine Daniel Magne est né, ainsi que plusieurs autres officiers et agents de police judiciaire, dont la jeune Lisa Heslin, fille d'un magistrat tragiquement disparu à l'aube d'une prise de fonction ministérielle.

Un deuxième thriller a suivi en 2009, « De Sinistre Mémoire », construit à partir de souvenirs de famille durant les années 40 en Bretagne. J'ai écrit mon troisième thriller, «Quatre Racines Blanches», en 2010. Cette histoire se déroule presque intégralement au Québec, à Montréal et ses environs. Ce polar enneigé a été édité en 2012.

J'ai ensuite poursuivi par un quatrième roman, "Principes Mortels", écrit en 2010. Ce roman noir rompt avec les personnages des trois précédents. Il s'agit d'un drame familial français régional, écrit de bout en bout à la première personne. Une histoire sombre que j’ai voulue la plus intimiste possible. Ce roman est sorti en 2013.

Mon cinquième livre, «L’enfant aux yeux d’émeraude», a paru en 2014. Il s’agit de la quatrième enquête de mon duo de personnages favoris. Puis «La Pieuvre», mon sixième roman, édité en 2015. Il s’agit de la cinquième apparition de Lisa et Daniel.

Le septième, «Sens Interdit», a suivi immédiatement après. 6 semaines de rush pour un roman court et très dur. Ce thriller, écrit spécialement pour la collection de L’Embaumeur, a paru en février 2015 à l’Atelier Mosésu.

Mon 8ème roman «Le loup peint» est sorti en janvier 2016 aux Editions du Toucan. Le neuvième, «Ne prononcez jamais leurs noms», parapitra en janvier 2017 au Toucan. Ce sera la sixième enquête Lisa-Daniel.


le blog de l'auteur:
http://jacques-saussey.over-blog.com/

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Displaying 1 - 12 of 12 reviews
Profile Image for Valérie Sangpages.
318 reviews29 followers
October 30, 2018
Une construction toute particulière entre passé-présent-futur. Une construction qui raconte toute une vie de manière non linéaire. On s'y perd un peu, surtout au début mais on reprend le fil en cours de route et on ne le lâche plus.
Toute une histoire. Celle de Virginie, une femme dans un corps d'homme, celle d'un combat qui semble tout simplement perpétuel, éternel.
Sa vie en tant qu'enfant, sa douleur, l'incompréhension de ses proches. L'affrontement de ses parents.
Sa dérive qui la conduit en prison. Quinze ans d'univers carcéral qui te fera dresser les poils. Des scènes d'une violence inouïe que l'on sait, que l'on sent, pourtant réaliste. C'est cru, c'est dur et je te préviens, c'est pas une balade de santé et pourrait même choquer quelques âmes sensibles.
Sa vie d'après, dans un centre pour personnes âgées qui emploie quasi exclusivement des anciens tolards.
Son combat à la vie, à la mort encore et toujours.
Un récit où les pourris, les vrais, ceux qui peuplent notre monde, sont omniprésents, sont toujours là, à l'attendre à chaque coin de rue, comme un destin, une fatalité.
Un sujet épineux qu'il fallait oser traiter et quoi de mieux que le roman noir pour exprimer, sommes toutes, une condition qui ne doit jamais être mise en lumière, qui doit rester dans l'obscurité.
Beaucoup d'images, de métaphores dans ce récit. Un émotionnel à fleur de peau. Cette impression que l'auteur a dû en chier pour écrire ces lignes. Ces lignes brutales, dures, crues parfois. Sans fioritures, sans aucun tralala pour l'adoucir. Un récit dénonciateur d'une société qui n'accepte pas la différence, qui, bien au contraire l'utilise. A voir ces personnes différentes telles des bêtes de foire qui amusent la galerie.
La plume de Jacques est, comme toujours, superbe. Son style est mis en exergue dans ce récit où il a tout donné. Il joue avec les genres, ce qui met encore plus en évidence cette ambiguïté, cette mixité. Il réduit les personnages à "le truc", "le bidule", "le machin" sans jamais les nommer, sans jamais les autoriser à avoir un nom, à avoir une identité et rend à Virginie, seule à avoir un nom, le droit d'exister. C'est absolument brillant, ingénieux, exceptionnel !
Enfermé.e est aussi une histoire de vengeance. La vengeance de tout ce que Virginie a pu subir, de toute une haine accumulée au fil des ans, au fil d'une vie faite de jugements, de mal sous toutes ses formes. Une vengeance qui se doit d'éclater.
J'avoue que ce récit m'a donné à réfléchir sur ce sujet qui, il faut le dire, est difficile à comprendre pour qui ne le vit pas. Je ne peux dire ce que penserait une personne transgenre en lisant ces lignes mais j'imagine qu'elle y trouverait une forme de réconfort, une belle leçon pour ceux qui jugent...qui démontent...qui démolissent…Un magnifique hommage, sorti droit du cœur, à sa nièce Aurore.
Parce que tu te rendras compte que derrière la mocheté, ce récit est beau !!!
Virginie n'est clairement pas plus enfermé.e que la plupart des gens qui peuplent cette vaste planète !
A lire absolument !
Profile Image for Aude Bouquine Lagandre.
725 reviews222 followers
October 26, 2018
Accrochez-vous, ça va secouer !

Onzième roman de Jacques Saussey, premier roman pour moi. Ce choix de lecture est dû à un hasard de la programmation : le même jour de sortie que celui de Claire Favan, des retours sur l'un, puis sur l'autre, les émotions fortes suscitées chez leurs lecteurs respectifs. Les thèmes sont différents, les émotions, elles, sont concentrées, à l'apogée de ce qu'un lecteur lambda peut ressentir de compassion, de violence, de fureur et d'amour.
Alors pardon Jacques d'avoir ignoré jusqu'à votre existence (ou presque) et de n'avoir pas imaginé quel genre d'écrivain vous pouviez être, de quelle plume vous étiez doté et avec quelle sensibilité vous avez créé ce roman sous l'impulsion de votre nièce Aurore.

Le titre "Enfermé.e "n'a rien à voir avec une quelconque volonté militante pour l'écriture inclusive.
Il définit simplement la venue au monde d'un petit garçon, non désiré, "le petit casse-pieds", élevé par un père qui ne peut pas le voir en peinture et d'une mère passive et soumise à l'autorité toute puissante de son mari. Ce petit garçon s'appelle Virginie.
"Je suis une femme coincée dans un corps d'homme."

Le récit s'alterne sur plusieurs espaces temps dans lesquels le lecteur navigue en fonction des chapitres.
Naissance de l'enfant en 1988 et vécu de ses premières années qui participent à son évolution, le sentiment qu'il est différent, que son enveloppe charnelle n'est pas celle qu'elle devrait être.
Un événement tragique qui se déroule en 2006, suivi par 15 années de prison.
Enfin, l'arrivée de Virginie dans un centre pour personnes âgées en 2009 où elle sera infirmière.

Le début est un peu ardu dans le sens où le lecteur est perdu dans ces espaces temps sans réellement savoir où l'auteur veut en venir.
Les choses s'éclaircissent très rapidement quand on comprend la thématique du roman.
La transsexualité en général et les problématiques qui en découlent : l'incompréhension familiale, le rejet paternel, l'ignorance, la violence verbale et physique en milieu scolaire, l'âge de pierre de la pensée médicale. En somme, la méconnaissance totale d'un état qui dépasse totalement l'environnement proche et qui engendre un rejet pur et simple.
Mais ce n'est pas tout.

Jacques Saussey développe aussi le thème de la transsexualité en milieu carcéral.
Virginie a un corps d'homme, se sent femme et se retrouve enfermée dans une prison... d'hommes. Ce qu'elle y vit alors, dépasse l'entendement : la violence ordinaire connue et tue, le système qui ferme les yeux, la résistance énorme de ce que peut subir un corps humain sans crever, quand le mental, le Moi profond décide de ne rien lâcher.
"Ce que les uns lui feraient, les autres ne le verraient pas. Aussi simple que ça. Jusqu'à ce qu'elle en crève."
Je vous préviens : les scènes sont terribles. Elles sont crues, abominablement violentes, les mots utilisés sont extrêmement explicites. Elles sonnent juste et provoquent chez le lecteur une réelle douleur physique et des images qui hantent.
"Parce que la virginité anale d'un nouveau détenu, ça ne fait pas long feu, entre les murs d'une maison d'arrêt chauffée à blanc aux hormones mâles".
Virginie ne lâchera rien, elle sait qui elle est et n'y renoncera à aucun prix !
"Mais alors... t'es quoi exactement ? Gay, Travesti ? Transsexuel ?
Je suis moi. C'est tout. "

Ce qui rend ce roman plus fort encore, c'est que Jacques Saussey nous emmène sur un chemin sibyllin.
D'une part, je ne savais pas comment et à quel moment les périodes temporelles allaient se croiser, ni quel serait le point d'ancrage qu'il inventerait pour y parvenir. Je n'ai pas été déçue ! L'imagination dont il fait preuve pour nouer le destin de Virginie à sa quête première (devenir une femme) aurait été moins intéressante sans cette intrigue de fond qu'il a créée pour happer le lecteur. Tout s'enchaîne parfaitement bien, tout fait sens, tant et si bien qu'on retrouve un peu d'humanité, d'espoir, deux émotions dont il nous a totalement privé dans les 2/3 du livre.

Lorsque je lis un livre de cette qualité, tiraillée entre un désir de violence, la nécessité profonde et vitale de se défendre, la souffrance dans la chair, les bleus à l'âme qu'aucun psy au monde ne peut effacer, quand on s'attaque si profondément à quelqu'un parce qu'il est différent, que les enfants eux-mêmes sont de petites ordures en devenir, que certaines situations particulières profitent d'un vide juridique pour nourrir des situations invraisemblables, que le moindre petit chef de famille ou de prison se pense investi d'une forme de pouvoir tout puissant, j'ai envie de hurler "humanité de merde" !!!
Faut-il être sacrément déterminée, convaincue de qui on est, résolue à se faire accepter, pour ne pas céder aux sirènes du suicide.
Lors de plusieurs scènes, j'aurai voulu que l'auteur creuse les aspects psychologiques des agresseurs, qu'il explique au lecteur ce qui se passe dans leurs têtes pour se comporter de cette manière... Juste parce que cela provoquait quantité de questionnements et mon besoin vital de comprendre...
Sauf que ce n'est pas le sujet du livre : le sujet c'est Virginie. La dédicace est pour Aurore.
La nécessité est d'expliquer ce que vivent les transsexuels, d'exposer leur souffrance, de montrer la vérité nue.
La volonté est de montrer que la cruauté ne fait pas le poids face à une détermination à toute épreuve.
Le besoin est de faire taire le silence....

Un mot sur la fin, sans rien révéler ?
Viens, je te montre ce qu'est l'humanité, la vraie, la désintéressée...

Profile Image for Annesophiebooks : Les Lectures d'Anne-Sophie.
191 reviews49 followers
November 5, 2018
Virginie est rentrée chez moi en catimini. Son histoire s’est retrouvée au milieu d’autres sur ma table basse.
Patiemment, elle attendait son tour pour me la raconter.
Je me doutais qu’elle avait vécu l’enfer, et j’imaginais bien que ça allait être difficile à entendre, et sûrement encore plus à appréhender.
Mais j’étais habituée à lire des choses dures.
Elle allait donc me dévoiler ses épreuves, j’en prendrais connaissance et je ressentirais plus ou moins d’émotions selon sa capacité à raconter, et la mienne à entendre. J’en garderais probablement un souvenir ému.
Puis je découvrirais d’autres histoires.
Trois p’tits tours et puis s’en vont.
En tout cas, c’est ce que je croyais. Mais je me trompais à un point que je n’imaginais même pas…
Dès la première page, le pouls s’accélère.
À la troisième, la gorge se noue.
À la dixième, l’estomac se serre.
À la vingtième, plus aucun retour en arrière n’est possible.
Parce que refermer ce roman reviendrait à renfermer Virginie. A lui donner le rôle d’un objet que l’on pose. À lui refuser son droit à exister par autre chose que des mots.
Sauf qu’après avoir fait sa connaissance, tout cela nous est viscéralement impossible.
Alternant passé, présent, futur, elle nous explique son calvaire. Nous démontre notre méconnaissance du sujet. Nous prouve, encore et encore, que l’Homme est le plus grand ennemi de l’humanité.
Par haine viscérale, méchanceté gratuite ou peur injustifiée, tout ce qui ne lui convient pas doit être, au mieux, modifié, au pire, éradiqué.
Enfant, adolescente, puis adulte, chez ses parents, en prison ou après sa sortie, c’est ce qu’a vécu, ce que subit, et ce que devra endurer Virginie.
À quelques exceptions près, chacune des personnes qu’elle va croiser durant sa vie tentera soit de la changer, soit de la détruire. Physiquement et psychologiquement.
Imaginez le pire dont l’humain est capable, vous serez encore très loin du compte.
Avec un sujet aussi sensible, la principale crainte que l’on peut avoir en commençant un livre qui en parle, c’est que l’écrivain en fasse trop ou pas assez. Qu’il veuille faire preuve de trop de sensationnalisme, ou de sensiblerie.
Mais il n’y a rien de tout cela ici. L’auteur passe au milieu de ces écueils sans même les frôler, maintenant le cap de son histoire d’une main de maître.
Le style est impeccable, tout est parfaitement maîtrisé et paraît pourtant tellement naturel.
Il ne nous épargne aucune des horreurs traversées par son héroïne. Pourtant jamais nous ne ressentons d’excès. Peut-être parce que nous savons que, pour beaucoup, c’est une réalité…
Jacques Saussey fait naître sous sa plume une Virginie inoubliable. Terriblement fragile et incroyablement forte.
Un de ces êtres qui arrivent sans faire de bruit, et qui laissent un vide immense quand ils s’en vont…
Profile Image for Yuyine.
976 reviews58 followers
January 15, 2019
Il y a des livres qui, en quelques pages, nous touche en plein coeur, nous attrape, nous emporte et ne nous lâche plus, même une fois la dernière page tournée. Enfermé.e est de ceux-là. C’est un livre absolument génial sur tous les plans! Lisez-le! … Aaaah, il vous faut plus d’informations pour vous convaincre? Alors c’est parti. Premièrement, l’écriture de Jacques Saussey est sublime. Sa poésie nous frappe, nous bouleverse, nous passionne. Son propos est certes sombre, violent (ça fait mal en dedans, croyez-moi) mais ce roman est aussi tellement BEAU. Il y a de la lumière dans les mots et du génie dans les images. Certains passages m’ont juste laissé sans voix. Ensuite, [...]

Pour lire la suite de cette critique, rendez-vous sur yuyine.be!
Profile Image for Quoilire.
521 reviews7 followers
January 28, 2019
Ce roman est une vraie claque.

Jacques Saussey a décidé de laisser tomber un moment les thrillers pour nous offrir un roman noir sur le phénomène transgenre. Mais heureusement pour nous, il n'est pas tombé dans le sensationnalisme et le côté racoleur du sujet. Bien au contraire, au travers de son personnage, il nous dévoile les différentes étapes de la vie d'une personne confrontée à ce "problème" qu'est de vivre dans un corps ayant un sexe qui ne correspond pas à celui de votre mental.

Et ces étapes ne sont pas de tout repos car cela passe bien sûr par la découverte de sa sexualité différente de celles des autres, de pouvoir en parler avec ses ami(e)s, ses parents et son entourage, de se trouver confronter à leurs réactions, leur acceptation, leur rejet voire leur isolement ou leur phobie.

Mais bien sûr, l'auteur ne se contente pas d'une histoire basique, puisqu'il va projeter son personnage en prison, où il va vivre un véritable enfer; où cette différence va être l'excuse d'en faire un esclave sexuel. Sur ce point, nous pouvons noter quelques similitudes avec l'admirable roman noir de Karine Giebel, Meurtres pour rédemption. On comprend alors qu'en plus d'être enfermée en prison, enfermée dans une catégorie d'identification sexuelle, elle est avant tout enfermée dans son corps qui n'est pas vraiment le sien.

Là où l'on voit que Jacques Saussey est un admirable conteur, c'est d'apporter un twist final à son roman. En effet, les différentes époques (enfance, adolescence, prison, après-prison) de la vie de Virginie, le personnage principal nous sont présentées alternativement, mais on se demande les raisons de l'attitude de Virginie dans sa dernière phase. On la devine, on a bien des options possibles, mais ce n'est que dans les dernières pages que tout se dévoile.

Nul besoin de dire que les personnages sont fouillés, que la composante psychologique de Virginie est travaillée, approfondie, dévoilée par petites touches; que les autres personnages sont restreintes à leurs exactions au point de ne pas avoir de patronyme.

Un roman difficile, aussi utile à lire qu'un roman sur la Shoah. Un roman qui a injustement reçu trop peu de récompenses.
https://quoilire.wordpress.com/2019/0...
Profile Image for Zeineb SmaOui.
563 reviews12 followers
October 20, 2022
Mais quel roman!! Une vraie claque.
Un roman qui traite le sujet "transgenre" avec brio et son personnage Virginie va rester longtemps dans ma tête.

Virginie, née avec des attributs masculins, a toujours été "fille" dans sa tête, rejetée par ses parents, elle se retrouve en prison et vit un enfer inimaginable......
A sa sortie, elle travaille dans un établissement pour personnes âgées et la vengeance va pouvoir commencer.

Ce roman est bouleversant du début à la fin, tellement d'injustices, de rejets, de violences mais également d'émotions. On ne ressort pas de cette lecture indemne, beaucoup de violences abjectes vraiment dérangeante par moment, on se demande quand ça va enfin s'arrêter.

Aucun temps morts du premier au dernier chapitre et la fin est très réussie également.

Résumé : Les premiers papillons ont éclos derrière ses paupières. Elle en avait déjà vu de semblables, enfant, un été au bord de l'océan, jaunes et violets contre le ciel d'azur.
Elle était allongée au soleil, l'herbe souple courbée sous sa peau dorée. Le vent tiède soufflait le sel iodé de la mer dans ses cheveux. Aujourd'hui, l'astre était noir. Le sol dur sous ses épaules. Et l'odeur était celle d'une marée putride qui se retire. Les papillons s'éloignaient de plus en plus haut, de plus en plus loin. Et l'air lui manquait.
Lui manquait... Elle a ouvert la bouche pour respirer un grand coup, comme un noyé qui revient d'un seul coup à la surface. Les papillons ont disparu, brusquement effrayés par un rugissement issu du fond des âges...
Profile Image for Leo Labs.
395 reviews43 followers
January 27, 2019
Presque un coup de cœur.
Une plume magnifique.
Un sujet difficile à traiter.
Une héroïne tiraillée rêvant d'acceptation, celle des autres et puis la sienne.
Elle purge une peine, à perpétuité, "enfermée" dans un corps que Dame Nature lui a donné avec équivoque.
Un roman noir comme le goudron qui vous collera aux méninges un bout de temps et qui vous ouvrira les yeux. Vous ne les regarderez plus de la même façon et votre jugement, s'il y a, s'en verra fortement altéré.
Profile Image for Nat Lit.
160 reviews3 followers
February 19, 2023
Un livre qui marque, que l'on a envie de retrouver et de terminer. Nous suivons l'histoire de Virginie, femme transgenre, avant, pendant et après son emprisonnement. Une histoire pleine de souffrance, que l'on oublie pas. Ce livre met en lumière la cruauté de la société.
Il met en avant un sujet qu'on aborde peu en littérature. Il mérite d'être lu.
45 reviews
April 11, 2020
Sombre, très sombre et cru.... Le livre aborde un sujet rarement traité, celui de la trans identité. Une écriture originale et une construction que l'on comprend mieux à la fin. Un ouvrage qui ne laisse pas indifférent.
6 reviews
Read
May 21, 2019
Tres harde. Quand même
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