Un homme, psychothérapeute, qui a vécu jadis à Barcelone, qui vit maintenant à Montréal, part à Barcelone à la recherche d’une femme – Juliette –, sa fille, dont il vient d’apprendre l’existence. Sous l’incitation d’un ami éditeur qui veut tout savoir sur Juliette, il entreprend de consigner sa quête et ses déambulations dans Barcelone. Litanie du suicide – de Brautigan à Zweig –, éloge équivoque de la fuite et mise en scène du ratage : Tout savoir sur Juliette, sur lequel planent les fantômes de Thomas Bernhard, d’Éric Chevillard ou d’Enrique Vila-Matas, évoque le massacre des chiens errants d’Istanbul, l’ancêtre du Taser qui servira à torturer la fille de l’inventeur dans les geôles de la dictature argentine, le siège de Leningrad, les enfants pris comme chair à canon et à plaisir ou encore la tuerie des animaux du zoo d’Anvers bouffés par une population affamée, le tout présenté avec une jubilation féroce qui au passage saque les icônes et les discours lénifiants de la modernité. Un roman du deuil et de la difficulté de dire, sur fond de métamorphoses. EXTRAIT : « Picasso ressentit toujours une sorte de jalousie à l’endroit de Thomas Mann qu’il tenait pour son parangon en matière familiale ; suivant l’exemple de son maître, il s’employait, durant le peu de temps libre que sa création intensive lui laissait, les rencontres avec les amis, les discussions, l’achat du matériel, les ballades avec sa chèvre, les sourires à sa chèvre, les confidences à sa chèvre, les instants de contemplation complice avec sa chèvre, les peines partagées avec sa chèvre, les projets d’avenir patiemment dessinés toujours sur de grandes feuilles quadrillées procurées (avec sa chèvre) au marché du village par le truchement de Marcel esquissés avec sa chèvre et autres activités dans lesquelles il s’engageait sans retenue avec sa chèvre (la brosser, lui montrer ses croquis, la rappeler à l’ordre, lui enseigner les bonnes manières à table, construire son estime d’elle-même de manière à ce qu’elle eût en elle les ressources nécessaires pour surmonter les épreuves que la vie, à elle comme à tout le monde, ne manquerait pas de lui envoyer, lui transmettre les rudiments du dessin, calmer ses angoisses, la serrer contre lui les soirs d’orage pour la rassurer, et l’aimer, tout simplement, avec générosité, abandon de soi, l’aimer de cet amour paternel dont ces êtres encore incertains, encore fragiles face à l’immense vide de l’existence ont tellement besoin), s’employait, disions-nous, disait Savitzkaya, légèrement essoufflé, avec méthode, enthousiasme et persévérance à humilier, à tyranniser puis à anéantir ses proches et tout particulièrement ses femmes et ses enfants; »
Je n'ai rien compris. Un homme à la recherche de Juliette, mais finalement un ramassis de digressions et un style d'écrire plus que difficile à suivre. Ne pas lire en fin d'année scolaire quand il te reste quelques parcelles de concentration...
Je donne 3.75 étoiles. Étrange roman! Il tourne et retourne et re-retourne autour d'un narrateur obsessif, misanthrope, érudit et détestateur. C'est tout un défi de le lire jusqu'à la fin! Mais pas tant, vu qu'il compte 178 pages. C'est qu'il est très avare de points, ledit narrateur. Les phrases sont inteeeeerminaaaables. Mais l'humour et le sens du récit m'ont hameçonnée. Et j'ai eu l'impression de me faire étourdir de mots, de me faire hypnotiser avec un discours noir mais superficiel. Une fois de temps en temps, il y avait une perle qui ressortait. C'était tout un périple intellectuel. Pas fâchée de l'avoir lu, mais pas fâchée de l'avoir fini non plus. J'ai aussi l'impression d'avoir manqué certaines références. Étant donné que le style changeait souvent (même si les obsessions revenaient en boucle), j'avais l'impression que l'auteur faisait peut-être hommage au style d'un autre écrivain. Bref, une oeuvre toute en complexité...! Et ça prend de la persévérance pour parvenir à la fin!
Ce qui frappe en premier c’est l’écriture. J’allais dire qu’il y a absence de ponctuation mais en fait c’est faux, mais il y en a très peu. L’auteur se permet énormément de digressions en partant d’un sujet pour y entrer en profondeur (avec ou sans pertinence) pour essayer d’enchaîner vers autre chose. Il y a aussi beaucoup de répétitions de mots et de phrases. On y découvre beaucoup de noms de personnages (personnes?) sans réel intérêt, sans vraiment d’intention? L’action est très futile, s’il y en a.
C’est très difficile à suivre. J’ai voulu laisser tomber à de multiples reprises. J’ai fini par le lire par orgueil et sans intérêt.
Certains thèmes sont très récurrents: le suicide, le nombre 25 et Barcelone. Aux pages 97-99 il y a une réflexion sur le livre qui semble être une auto-critique. C’est vraiment malaisant et étrange.
Sans grande surprise, je n’ai rien compris. Je n’ai pas aimé.