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Civilization: How We All Became American

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American civilisation’s dominance over Europe—and what to do about it

“Civilization” is a hard term to define. But while every society has a distinctive culture, authentic civilizations must offer those they subjugate an attractive way of life. Their imprint outlasts their imperium.

A century ago, Debray argues, there was a European civilisation of which America was an outlying culture; but today the relationship is reversed. “In 1900, an American of taste was a European in exile; in 2000, a trendy European is a frustrated American—or one waiting for a visa.” Characteristic of American civilization are its three overarching fetishes: space, image and happiness. America is a civilisation of space and image, whereas Europe was one of time and writing. And its kitsch infantilism blinds itself to the tragic complexities of human life. A measure of America’s success is how its “globish” jargon has so successfully infiltrated European languages.

For Debray, the dominance of American civilisation is a historical fait accompli, yet he sees a model for Europe in Vienna after its exclusion from the German Reich. For decades to come, Europe still offer a rich cultural seedbed. “Some will call it decadence, others liberation. Why not both?”

192 pages, Paperback

First published May 4, 2017

14 people are currently reading
291 people want to read

About the author

Régis Debray

282 books109 followers
Intellectual, journalist, government official and professor. He is known for his theorization of mediology, a critical theory of the long-term transmission of cultural meaning in human society; and for having fought in 1967 with Marxist revolutionary Che Guevara in Bolivia.

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Displaying 1 - 8 of 8 reviews
Profile Image for Jonathon McKenney.
641 reviews6 followers
January 22, 2023
This book is tough for me to review— he makes valid and well argued points about the Americanization of the world, and he sets out a standard, but good, argument of imperial transfer, rise and fall, etc. etc.

But a lot also felt like ravings of “things were better back in the day!” And yes, I am the American, so of course I’ll have a predisposition to seeing it as good (or at least not bad) and inevitable rather than a deeply worrying trend, but some of the things he says about language or culture seem overblown (and not totally sold- he acknowledges generational shifts in language but attributes anglicisms as more significant).

Defintionally, his word of civilization seems very no true Scotsman and he doesn’t acknowledge any idea of syncretism, it seems to be all or nothing.

Overall, despite my many quibbles, I really did enjoy it and I’m glad I read it. A lot of food for thought.
Profile Image for Antoine.
37 reviews
May 10, 2025
Pas toujours simple à suivre, livre philosophique qui aborde de nombreuses notions et de très nombreuses idées.

Sujet fascinant, sur les nations, les civilisations, les langues, et bien plus encore.

Quelques extraits et citations :

Depuis quand estime-t-on naturel de sourire devant un objectif ? « Faites _cheese_ »… Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, à l’incitation de _Time Life_, dont les starts donnèrent alors le ton à la profession photographique. Regardons bien les albums de famille, les magazines, les portraits photo du temps où le petit oiseau allait sortir. Les graves ont l’air grave, les joyeux ont les yeux qui pétillent, les fatigués ont la mine fatiguée, les vieux sont vieux, et les moches sont moches. Le zygomatique n’est pas sollicité. On est comme on est. Le _keep smiling_ ne faisait pas encore loi. L’ordre du sourire, qui se prolonge en _smiley_ sur nos écrans, n’admet la ride que radieuse et légère. Froncement de sourcil déconseillé, œil sombre fautif. Il nous est parfois demandé par le photographe de sauter en l’air – le mouvement, toujours. Épanoui, optimiste, jeune. Jamais vieux, jamais malheureux. _Happy birthday, happy hour, happy new year, happy end_... Un leitmotiv.

Qu’est-ce qu’une vie réussie ? Pour ne rien rater, et au-dessus d’un bon niveau de revenus (dollars, euros, yens), il faut et il suffit : 1) d’être visible (travailler l’image, la marque, l’identifiant) ; 2) d’être en mouvement (bouger, surprendre, avancer) ; 3) d’être bien dans sa peau (en forme, jeune, dynamique). En clair : _branding + running + fitness_

Le diabolique se reconnaît à son art de mimer l’angélique, c’est la règle de base de tout inquisiteur maîtrisant son métier.

[…] j’aperçois à présent deux œillères d’étoffe plus commune, qui expliquent, sans les excuser mes inadvertances.
D’abord, l’aveuglement par l’écosystème. Il ne faut pas demander à un poisson rouge d’organiser un colloque sur le bocal à travers les âges. Eût-il le sens de l’histoire qu’il n’y verrait aucun intérêt. On ne discute pas les notions avec lesquelles on discute.

[…] et la _pseudomorphose_ en cours m’a filé sous le nez. C’est le terme utilisé quand un minéral en remplace un autre en gardant la forme de ce dernier. Ou si l’on préfère, lorsqu’un grand pays est toujours membre permanent du Conseil de sécurité, avec des ambassades, une armée, un drapeau, des ministères, des préfectures, etc., mais que l’intérieur de la coquille s’est vidé et rempli autrement.

Il y a ensuite une habitude héritée du dramatisme chrétien : la _survalorisation de l’évènement_ (heureux ou malheureux).

Nous avons, en l’an 2000, plus de points cotés sur la carte qu’en 1900, mais beaucoup plus de mal que nos aïeux à tracer les courbes de niveau qui les relient les uns aux autres. On sait beaucoup de choses, mais elles ne font pas sens. On a plus d’infos, et moins de perspective.

[…] de vilains néologismes, _cosmopolitisation, globalisation, transnationalisation_, toute sorte d’_ions_ tombés du ciel fatidique et inquestionnables ; et, distrait par cette incessante émeute de détails, à repousser le moment de passer un fil entre cent broutilles insignifiantes et décousues , disons : le _happy birthday to you_ du gâteau d’anniversaire, la main sur le cœur du footballeur puis du ministre et enfin du président à l’écoute de _La Marseillaise_, le _Mr_ Dupont sur l’enveloppe (_Mr_ de _mister_ au lieu du M. (Monsieur), le _tee-shirt_ « New York City Police Department » de notre chef d’État joggant dans Manhattan, la préposition _de_ à la trappe (le « Brive Festival » ou la « rebelle attitude » ), le nom propre en sigle (VGE, PPDA, BHL), l’inconnu à prénom (« je suis Jean-Pierre votre chef de bord », dans le TGV), les _droits humains_ pour les droits de l’homme et du citoyen, le _desk_ pour le réception, le « _talk_ du Figaro » et les « pays _low cost_ », _Art Press_ à la devanture du kiosque, ou mille menus dépaysements dont le _sourçage_ m’eût semblé mesquin.

Sans faire un gendre idéal, le terroriste est l’enfant de nos sociétés dites postmodernes, illégitime, mais naturel.

_Habemus papam !_ Fumée blanche, soulagement. _Habemus diabolum !_ Haut les cœurs, on repart, et on répare. Quoi ? Une érosion. Une civilisation a toujours besoin de Barbares, et quand elle en manque, elle en fabrique.

Personne ne peut accepter la présence d’individus qui nous veulent et font du mal (auxquels on en fait du même coup, mais au loin, sans caméras, œil pour œil et dent pour dent). Mais rendre à nos Lumières les ténèbres extérieures qui les font encore mieux ressortir, tels une antimatière à la matière, ou le noir au blanc, n’est pas un bénéfice à dédaigner.

Bien réelle et périlleuse au Maghreb, en Afrique noire, au Proche et au Moyen-Orient, comme dans le Caucase et même en Indonésie, cette pieuse fureur ne manque pas en Europe de motifs extrareligieux, liés à l’état du monde : explosion des flux migratoires, sécheresses et troubles climatiques, besoin de main d’œuvre des pays industrialisés, vieillissement de nos populations, urbanisation galopante de la planète (quatre cent villes de plus d’un million d’habitants en 2016 contre seize en 1900), inflammations identitaires de toutes sortes (la cohabitation communautaire est rarement œcuménique), échec de l’arabisme laïque (auquel l’Occident aura tant contribué). À quoi peuvent s’ajouter, dans l’Hexagone, l’effondrement de notre système scolaire, le chômage de masse, les déchirures du tissu social, un imaginaire collectif asséché par le tout-économie, l’effritement des messianiques laïques et du mouvement ouvrier, l’effet de retour de la colonisation (tu es venu chez moi sans rien me demander, je te rends la pareille), notre peu d’intérêt porté à la culture des immigrés, etc.

Et pour les consoler d’une narration commune impossible, la banque leur a offert une monnaie unique avec l’idée, derrière la tête, d’une frontière à repousser toujours plus loin […] _go young man_, c’est une formule qui marche dans un continent qui a minimum de diversité dans un maximum d’espace, mais non dans le nôtre, où l’on a un maximum de diversité dans un minimum d’espace.

M. Tusk président de l’Union, qui s’adresse en _globish_ à ses divers interlocuteurs, paraît bien moins européen que l’empereur Charles Quint, qui parlait espagnol à Dieu, italien aux femmes, français aux hommes et allemand à son cheval.

[L’anglais langue] d’aucun de ses fondateurs, sinon celle de l’Irlande et de la Banque mondiale, ne manque de cocasserie. Ceux qui déplorent que cette Carthage babillarde devienne une vaste Suisse devraient plutôt nous donner cette confédération en exemple : on y parle couramment, comme tout Européen se devrait de le faire, trois, voire quatre langues majeures.
Profile Image for JEAN-PHILIPPE PEROL.
673 reviews16 followers
April 20, 2019
Quelle force d'analyse et quelle richesse d'idées dans ce livre de Regis Debray. Sa description même vitriolée de la chute de notre civilisation greco-latine nous interpelle par sa justesse et son brio, même si le pessimisme qu'elle charrie nous convainc parfois mais nous agace souvent. Même en se delectant de ses pages, son opposition entre l'Amérique et l'Europe pertube le lecteur. Notre civilisation "occidentale" héritée de Rome peut être aussi divisée d'une autre forme, entre une branche anglo-saxonne et protestante - à laquelle il faut bien sûr intégrer l'Amérique, et une branche latine et catholique affaiblie en Europe mais qui compte sur l'immense reservoir de l'Amérique latine. Décrivant un monde devenu américain, Régis Debray semble étrangement ignorer cette réalité qui pourrait, à l'heure de la montée irrésistible de la puissance et du modèle de civilisation de la CHine, redevenir un facteur géopolitique majeur.
Profile Image for Ietrio.
6,949 reviews24 followers
June 7, 2019
A primitivist stance of a scared old white man, in front of a world that refuses to have the toilets outside, like in the good old days.
Profile Image for Christian.
253 reviews
August 23, 2017
Remarquable et convaincant essai sur les civilisations et tous les stigmates qui indiquent que nous sommes devenus américains à travers trois puissants concepts : le remplacement du temps par l'espace, de l'écrit par l'image et la prééminence de la quête du bonheur individuel sur la préoccupation d'être un soi historique.
La début du livre qui revient sur le concept de civilisation est très riche et sert de matrice à la démonstration pro-domo de la thèse de notre américanisation, non sans nuance et non sans une forme de résignation heureuse.
Le livre se conclut en prenant à rebours de la trop fameuse phrase de Valery sur les civilisations mortelles : nous autres civilisations savons que nous survivons dans les civilisations qui nous ont assimilées. À l'image de la Vienne du début du XXème siècle, la décadence a aussi sa superbe et son foisonnement intellectuel.
This entire review has been hidden because of spoilers.
37 reviews
January 13, 2025
Des passages intéressants entrecoupés de chapitres ou l’auteur se répète ou bien s’écoute parler.
Ça reste une analyse intéressante de l’effacement européen au cours des 150 ans passés, et de l’hégémonie culturelle américaine qui a contribué à cet effacement.
Profile Image for Ahmed Alsaykhan.
28 reviews1 follower
December 27, 2020
Very good book. It has many examples of how France and Europe influenced by America in multiple different aspects of life.
The author writes this book with extreme anger!!
Profile Image for Nouf Mohammad.
365 reviews19 followers
October 6, 2024
"كلما زادت معرفتنا بما يحدث، قل إدراكنا لما يأتي ويذهب"

كتاب يستكشف التأثير الثقافي الأمريكي على العالم، وبشكل خاص على أوروبا. يتناول العلاقة بين أوروبا وأمريكا وما يسميه دوبريه “التأمرك”، أي عملية تبني العالم، وخصوصًا أوروبا، لأساليب الحياة والتفكير الأمريكية.

دوبريه ينتقد أن أوروبا لم تعد تقود دفة "الحضارة" كما كانت بل أصبحت تحت تأثير القيم الأمريكية وخاصة في المجالات الثقافية والاقتصادية. والتأثير الكبير للإعلام والسينما الأمريكية في تشكيل الرأي العام والعولمة الثقافية. وكما يرى دوبريه هذا التأثير على أوروبا فيمكن قياس هذا على حضارات أخرى تأثرت سواء بالعولمة أو الاستعمار وانتشار اللغة الإنجليزية كلغة أساسية كما في البرمجيات والتكنولوجيا والعلوم. فهدف أمريكا أن يكون العالم أمريكياً. وانتهى دوبريه بتنبوءه بهلاك الإمبراطورية الجديدة على غرار الإمبراطوريات السابقة.

"‏إننا نعرف كثيرا من الأشياء، لكنها أشياء خالية من المعنى. وكثرت لدينا الأخبار لكن قلّت الآفاق"

الكتاب فلسفي يجمع بين التحليل الأكاديمي والتأملات الشخصية بأسلوب ثقيل نوعاً ما يتطلب قراءة متأنية لفهم عمق الأفكار المطروحة، كما يجب أن يكون لدى القارئ إلمام مسبق بالمصطلحات المستخدمة والأحداث وأحياناً الأساطير. فلا يوجد توضيح ولا حتى هوامش، وهنا جاءت فائدة Chat GPT لتوضيح كل ذلك.
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