Le calme du «plus beau pays du monde» est menacé. Le sommeil et la digestion du premier ministre en sont troublés. C'est que Paul Martin, son ministre du Chiffre, a été trouvé mort dans l'escalier d'un immeuble à logements. Terrorisme, suicide, meurtre sexuel, drame fami lial? Ce sont tour à tour les hypothèses qu'examinera l'inspecteur Réjean Tremblay qui rêve en secret de devenir écrivain. Dans l'entourage du premier ministre, on s'agite. On tente de composer avec les événements. Lui-même essaie de se faire une idée. Juste une. Et si, dans le fond, c'était une bonne nouvelle? Plus encore qu'une satire politique féroce, Paul Martin est un homme mort est un roman délinquant qui s'amuse avec les discours à la mode, de l'économisme au nouvel âge, de la psychologie populaire aux bavardages télévisuels.
Dans son premier roman, Patrick Nicol propose une satire politique qui caricature le monde politique fédéral de la deuxième moitié des années 1990. Il faut évidemment avoir connu cette époque pour comprendre les liens, les nuances et les référents exposés, sous forme d’enquête policière menée par un homme blasé qui voudrait bien être écrivain. L’intrigue est intéressante surtout en raison du contexte d’écriture, du décor proposé et des personnages. Les pointes qu’envoie l’auteur aux personnalités politiques du moment ainsi qu’aux médias sont également intéressantes et témoignent d’une certaine critique à peine dissimulée. Le style est bien maîtrisé et fait sourire. Pour une satire, c’est relativement bien réussi, même si on sent que l’auteur sort peut-être (trop) de sa zone de confort.