" Ma garde à vue a commencé il y a trente-quatre ans. J'avais quinze ans. Je suis cette gosse aux cheveux roux qui s'est retrouvée chez les gendarmes. Celle dont on a vu le visage dans les journaux, page après page, celle dont les photos défilaient au journal télévisé. Je suis celle qu'on a appelée "la grosse', "la rouquine', "la belle-sœur', "la maîtresse', "la complice'. Celle qu'on a traitée de menteuse, aussi, d'idiote, de sans-cœur. D'alibi et puis d'accusatrice.Je ne m'étais jamais exprimée. Je n'ai jamais parlé de l'affaire, pas même à la maison. Pour la première fois aujourd'hui, parce que l'injustice est allée trop loin et que je n'en peux plus, j'ai décidé de raconter mon histoire, toute mon histoire. Pour que les gens sachent que nous, les Bolle, nous n'avons jamais fait de mal à personne d'autre qu'à nous-mêmes. Pour qu'on apprenne enfin la vérité. "
Bon ben y'a qu'elle qui la croit, hein. Et le pire c'est que je crois qu'elle croit à ce qu'elle croit. A force de mentir, on finit par croire à ses propres mensonges. Bon, hein, évidemment, cela va sans dire : ceci est un torchon, un témoignage écrit par un prête-plume, qui a quand même essayé de respecter la façon de la bougresse, en enjolivant le parlé, c'est dire. Evidemment il ne faut pas l'acheter, surtout quand on sait déja combien la famille Bolle a déja touché grâce à la justice (indice : plus que la famille Villemin, vu que c'est la famille Villemin qui a du payer des dommages et intérêts à Marie-Ange Bolle, la veuve du kidnappeur de leur fils... oui.. faut pas chercher à comprendre...). A emprunter à la bibliothèque, et encore.