Que dire. Érudit, ambitieux. Le livre se présente avec l'ambition de regarder la notion de colonisation, et son ami l'impérialisme, dans une multitude de points de vue qui n'oublie ni l'histoire, ni les vaincus, ni les colonisés, ni le monde moderne, ni aucune partie du monde. L'auteur fait montre d'un savoir encyclopédique, très riche, très mal transmis.
Sans doute l'ambition était-elle trop grande. Même à laisser de côté les défauts d'époque, l'ouvrage laisse le lecteur perplexe principalement parce que
- à trop vouloir embrasser on mal enlace, la multiplicité des thèmes et des zones géographiques est jetée un peu pêle-mêle comme autant d'exemples. pourquoi pas. Mais il faut déjà en connaître BEAUCOUP pour comprendre. Noms, lieux, éléments de connivence sont lâchés sans contexte. Je ne me considère pas la plus à la rue en matière historique ou géographique, mais dans bien des zones, sauf à sortir atlas et dictionnaire des noms propres, je plane
- l'édition est faiblarde au possible, sous-titres mal embouchés, organisation thématique ambitieuse mais qui donne la sensation de lire une série d'exemples trop précis dans lesquels la logique générale se perd.
Tout ça n'enlève pas au livre une vision d'ensemble du phénomène colonial et de belles aperçues, des exemples effectivement riches et intéressants (pour qui les comprend).