L’univers aurait 13,7 milliards d’années, lit-on souvent. Mais que signifie une telle affirmation? Implique-t-elle que l’univers a une origine? Comment penser ce big-bang primordial?Dans cette synthèse magistrale, Jean-Philippe Uzan nous invite à comprendre la construction du modèle du big-bang, cette théorie qui vise à décrire l’univers et son histoire. Il détaille les hypothèses théoriques et les observations sur lesquelles ce modèle repose. Au fil des pages se dessine un extraordinaire échafaudage qui, en un siècle, a bouleversé notre représentation du cosmos comme de l’espace et du temps.Or la cosmologie se trouve à un moment charnière : alors que les satellites et les télescopes géants se multiplient, que les fenêtres d’observation s’ouvrent vertigineusement – ondes gravitationnelles, neutrinos –, les médias font leur une sur des scénarios pour le moins spéculatifs. Il devient ainsi urgent de clarifier les questions auxquelles la science prétend répondre, celles qui ne sont pas encore tranchées – la matière noire, l’inflation, etc. – mais aussi celles qui restent en dehors de son champ explicatif. Voilà l’ambition de cet ouvrage qui, tout en célébrant l’une des plus belles théories jamais élaborées par l’esprit humain, démêle finement mythe et savoir.
Ce livre est très intéressant mais il souffre de sa (trop) grande rigueur intellectuelle : on sent que l’auteur souhaitait mettre en avant la nécessité de scientificité dans les recherches en cosmologie, et qu’il combat ce relativisme à tout vas ou la prolifération de théories infondées mais « vendeuses ». Seulement, cette concentration sur le formalisme, la méthodologie de recherche scientifique se fait un peu au détriment de la qualité de l’écriture.
Je pensais me lancer dans un vaste récit du Big Bang, le fait est qu’il s’agit ici de descriptions de différents modèles de manière rigoureuse. Les rares scènes où l’on se laisse porter sont trop courtes. On en perd la « magie » du récit qui permet de captiver le lecteur (voir L’Univers a portée de main de Christophe Galfard pour une démonstration magistrale de vulgarisation associée à la magie du récit).