Écris la phrase la plus vraie que tu connaisses, disait Hemingway. Constantin écrit la phrase la plus vraie, il écrit : Ma solitude n'aura pas été bonne. Il écrit : Je n'ai plus le contrôle de ma vie, je laisse tout aller. Tout lui glisse entre les doigts comme de la cendre, tout s'éloigne et disparaît. Les gens, la famille, son amoureuse. Constantin lit La fêlure de Fitzgerald, les larmes aux yeux. Le modèle de Nice est un roman en forme de journal fictionnel, sur la solitude, l'écriture et le renoncement, la puissance de l'imaginaire, sur le temps comme paralysie et la fin des rèves. Le modèle de Nice est le roman de quelques phrases vraies.
Ce livre vient de me réconcillier avec la littérature québécoise qui m'avait que trop déçu récemment. C'est le livre que j'aurais voulu écrire. Je m'y suis reconnu, le bon comme le moins bon. J'ai aimé le style, le ton, les références culturelles, la critique de notre société et surtout le personnage principal. C'était mon premier livre de cet auteur, je l'ai acheté hier et je l'ai lu d'un trait ce matin, une magnifique découverte et un auteur que je relierai très très bientôt. Bravo!!
C'est mon premier Patrick Brisebois. J'ai ressenti une très étrange impression en le commençant, en survolant les titres des chapitres, en me délectant des multiples références culturelles qui sont évoquées; cet auteur pourrait être mon frère spirituel, ou un clone, ou le même spermatozoïde originel qui, par un processus d'oubli génétique, aurait gagné sa course, quelques années avant ma naissance, pour être reproduit par la nature testiculaire une nouvelle fois un peu plus tard, avec une légère modification au niveau capillaire, puisque je suis plutôt chauve.
Un roman sur l'ennui, sur la cathédrale de petits riens qui composent une existence, sur l'auto-suffisance intellectuelle, sur la vie en Mauricie, sur les affres de la création, et une série pétaradante de références qui m'ont frappé directement au plexus.
C'est l'histoire de Constantin, un écrivain dépressif qui a acheté une maison dans une petite bourgade de Mauricie, et qui ne fait pas grand chose de ses journées. Une magnifique glorification du rien, et de ce qui peut se passer dans notre tête quand la plupart de nos interactions s'y déroulent.
Par travail de détective assez sommaire, j'ai deviné dans quelle ville se déroulait l'intrigue, puisque ce trajet d'Orléans Express, je l'ai fait maintes et maintes fois.
J'aurais voulu que le roman ne se termine jamais, et j'ai volontairement ralenti mon rythme de lecture pour ne pas le dévorer trop vite.
Salut, Patrick, je m'en vais me procurer tes autres romans en courant.
Très très proche d’un cinq étoiles pour moi. Ce livre m’a retenue et captivée, à des moments j’ai dû le déposer, à contrecœur. C’est un récit qui aurait facilement pu sombrer dans l’amertume ou une ironie qui aurait consisté à se tenir au-dessus du protagoniste, à le ridiculiser sans en avoir l’air. Ne vous méprenez pas: il y a bel et bien des touches d’ironie et d’un humour par en dessous qui m’ont parfois fait éclater de rire. Mais le livre ne s’arrête pas qu’à ça et se permet d’aller plus loin. On y laisse la place aux émotions, et pas juste à celles qui avoisinent la pitié ou le mépris de soi. On trouve encore par-ci par-là des traces d’un idéal de l’écriture et de l’écrivain, un idéal dont on est désillusionné, mais dont les faibles éclairs tracent les contours d’une présence véritablement humaine, avec ses naïvetés, espoirs, déceptions. Et des réflexions souvent justes, mais qui ne sonnent pas comme des sentences. Je me doutais que j’aimerais le livre, mais il a surpassé mes attentes. :-)
Roman au style littéraire souvent à l’enfilade, dans lequel l’auteur s’applique à raconter l’histoire d’un gars ordinaire, un auteur alcoolique au quotidien plutôt pathétique, aux bricoles sans envergure et à la destinée assez ombragée.
Malheureusement, le lecteur ne s’est pas attaché au personnage de Constantin : rien dans ses imperfections n’a franchi le seuil de l’impertinence et de l’insuffisance pour le rendre suffisamment imparfait dans le bon sens du qualificatif. Il est aussi « platte » dans les pages qu’il semble l’être dans sa vraie vie. Au moins, il y a cela de cohérent.
Consolation : dans ce chaos de mots "en staccato", subsistent des passages qui donnent espoir à une cohésion et à un meilleur livre.
« Les mots s’éloignent indifférents, s’échappent. Il ignore comment il a pu écrire avant. Il n’est plus romancier ni poète. Il ne sait plus ce qu’il est dans l’écriture. Il s’essouffle, l’écriture s’essouffle, il cherche une phrase et sa vie se perd. »
« Il y a des jours comme ça où il se sent vieux comme ce n’est pas possible. L’existence est faite de petites choses anodines et ennuyantes. La beauté mortelle, les vestiges cosmiques, les épreuves qui vous brisent, c’est rare. »
De si belles phrases perdues dans un fade tourbillon d’insipidité.
J'aime le texte, j'aime la technique et certains passages et les impressions qu'ils laissent après chaque passage. Mais l'histoire n'est pas si original et le personnage et son sort ne me touche pas. Je ressors de cette lecture sans émotions particulières, et puisque ça reste, très personnellement, ma quête derrière chaque lecture, difficile de mettre plus que 3.5 car bien qu'il se laisse lire avec beaucoup de facilité, c'est un livre qu'on ne regrette néanmoins pas d'avoir déjà terminé et qui ne parviens pas à faire sa marque dans mon imaginaire.
J'ai aimé les chapitres courts et l'histoire qui se défile au travers d'anecdotes racontées dans chaque chapitre. Belles références à la littérature et à la culture et à la vie en région. Humour subtile. Petit bémol: histoire du gars paumé en retraite de sa vie - on a souvent lu ça et "Le modèle de Nice" n'est ni moins bon ni meilleur que les autres.