Je ne mets pas de note, premièrement parce que j'estime difficile de noter un mémoire au-delà de son style d'écriture ; deuxièmement parce qu'au milieu de ma lecture j'ai découvert que l'autrice - Maud Marin - a viré à l'extrême-droite.
Je l'ai lu ce bouquin comme un témoignage de ce qui c'était d'être TDS, intersexe et trans en France dans les années 60-70 et c'était glaçant. Même si la façon dont Maud s'en sort est étroitement lié à ses liens familiaux avec la bourgeoisie. De fait, ce n'est pas très surprenant que ça soit sa voix à elle qui soit entendue et préservée (préservée étant cela dit un grand mot vu comment elle et son livre sont tombés dans l'oubli - tant mieux vu ses idées politiques de fin de vie).
C'est un peu glaçant que l'ouvrage se termine sur un tacle au féministe, même pas juste les tocardes abolos mais absolument toutes les féministes à cause de leur haine des hommes, puis une sorte de profession de foi témoignant de sa volonté de défendre les putes d'ici et ailleurs. Dans un contexte où le RN prétend la même chose, cela m'a un peu fait sourire.
En tout cas, la violence que se mange Maud est affreuse, tout ça pour avoir commis l'affront de vouloir transitionner. Environ 40 ans plus tard, la situation a changé - en bien - et ce livre m'a permis de me rappeler d'où on repart exactement. Dommage que l'autrice n'ait pas puisé dans ses expériences pour être plus compréhensives et empathique avec d'autres populations et a préféré écouter ses racines bourgeoises - au final, cela ne devrait pas vraiment nous surprendre. Aucune identité ne garantit qu'on sera une personne morale, et avoir été pute et être trans et intersexe n'empêche pas d'être une fachotte de merde.
Le récit de Maud est bouleversant mais nécessaire pour comprendre les combats des personnes transgenres, hier comme aujourd'hui. La lecture n'est pas simple, mais elle nous permet d'admirer le courage et la détermination de cette femme, cette icône.